Arch. pari., t. XXIII, pp. 4 et
cette dernière moitié que sera faite la retenue du prix à eux livré en nature pendant le mois ' . »
Malheureusement, on ne pouvait pas calmer aussi facilement tous les ouvriers, d'autant que certains meneurs profitant des difficultés inhérentes à une crise économique, s'efforçaient d'entretenir le peuple dans une agitation constante. N'accusait-on pas l'abbé Gehatzel d'avoir prononcé des paroles incendiaires ? Il avait engagé les maîtres ébénistes du faubourg à ne plus occuper les ouvriers ^
On adressait même reproche à Félix Bodrand, « prévenu d'avoir tenu aux ouvriers du Champ-de-Mars des propos incendiaires tendant à les soulever en les excitant à piller les hôtels de Paris ^ ». Saisit-on deux lettres contenant des provocations à des manœuvres incendiaires adressées de Toulouse à un particulier du faubourg Saint-Antoine pour l'engager à exciter ses ouvriers ? Bailly les envoie aussitôt au Comité des recherches \ On arrêtera un particulier qui affecte de stationner devant les terrasses de la Bastille et arbore une cocarde rouge au côté droit de son chapeau ^ Bailly charge encore de Lafayette de prendre des mesures pour empêcher les désordres que fait craindre la suppression des droits d'entrée aux barrières de Paris ; il redoute le dimanche P"" mai, jour d'inaction des ouvriers, qui menacent de démoHr les murs d'enceinte, les bâtiments des fermes et d'arrêter les premières voitures de vin, afin de boire toute la nuit en guise de réjouissances ®. Le 21 mai 1791, ces craintes n'étaient pas encore dissipées. M. de Gouvion, major général, signalait à Bailly la présence de 22,000 ouvriers