‹ Les associations ouvrières au XVIIIe siècleChapitre 12 sur 119 · Martin Saint-Léon, Histoire des corporations · texte numérisé non relu

Martin Saint-Léon, Histoire des corporations

rieurs ; peu à peu, ils furent écrits et soumis à l'approbation des autorités féodales et devinrent ainsi des règlements publics et administratifs. Loin de protester contre cette main mise, les maîtres du métier la favorisent, car ils en profitent pour obtenir une limitation du nombre d'apprentis et des restrictions qui rendent l'accès à la maîtrise extrêmement difficile.

Seulement le pouvoir royal se substitua aux autorités féodales et municipales. Les corporations aidèrent d'ailleurs cette extension et négligèrent de s'adresser aux autorités locales; elles demandèrent au roi d'approuver par lettres patentes leurs statuts. Dès le xv^ siècle, les maîtres, désireux de renforcer leurs privilèges, font sans cesse appel au Souverain. Celui-ci intervient d'autant plus volontiers qu'il s'appuie sur les bourgeois des métiers pour détruire à tout jamais la féodalité.

On doit remarquer que cette action du pouvoir du souverain ne sera pas non plus très profitable au régime corporatif. La royauté nuira d'autant plus à la Corporation qu'elle voudra la consolider, en renforçant le pouvoir des maîtres, en négligeant les droits des ouvriers. Louis XI, par exemple, donnera toujours raison aux patrons et prononcera des peines sévères contre les associations ouvrières \ Mais c'est surtout l'Édit de 1581 qui portera un terrible coup au système corporatif. On décide, à cette époque, que l'apprentissage fait dans une viUe quelconque du royaume est valable pour toutes. Désormais, la corporation n'est plus un corps fermé; une organisation locale du travail comme à l'époque féodale et comme elle aurait dû le rester pour subsister. C'est un corps ouvert aux étrangers, aux forains ; désormais, les difficultés entre patrons et ouvriers ne sont plus des difficultés locales ; le compagnon qui voit dans toutes les villes le métier accaparé par les maîtres

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