Hauser, pp. 72 et
statuts écrits, la tradition suffisait dans bien des cas à maintenir et assurer les droits de chacun. Mais à cette époque les maîtres font constamment appel au pouvoir royal pour obtenir des lettres patentes qui permettent de fixer le maximum des salaires .
Cette façon de recourir à l'autorité du prince, étrangère au système corporatif, devait contribuer, ainsi que nous l'exposerons dans le chapitre suivant, à le détruire . Constatons à présent que les mesures vexatoires prises à l'égard des ouvriers ne furent point passagères et durèrent autant que les corporations. En voici des preuves qui sont d'autant plus intéressantes à signaler qu'elles permettent de connaître les abus du système à la veille de Tédit de 1776, par lequel Turgot supprimait les corporations. Il nous serait facile de relever dans les délibérations du Conseil de commerce des plaintes analogues à celles-ci : le 21 juillet 1774, les garçons cordonniers de Castelnaudary dénonçaient l'injustice de leurs maîtres qui refusaient de les admettre à la maîtrise .
En août 1774, l'abbé ïerray écrivait à l'Intendant de Picardie :
« Comme vous me marquez que les communautés d'arts et métiers d'Amiens ne s'occupent qu'à rançonner les aspirants, le Conseil a cru devoir remédier à cet abus, à mesure que l'occasion s'en présentera. Comme celle des épiciers n'a point de titre légal qui ait autorisé son établissement, vous voudrez bien vous faire remettre les règlements de police qui lui tiennent lieu de statuts, et me les adresser en ordonnant aux gardes de ce corps de n'en faire aucun usage jusqu'à ce qu'autrement il en ait été ordonné ... ' » Dans Abbeville, « les mesureurs de grain sont de vrais manœuvres dont les droits se tirent de leurs bras, cependant presque tous ont acquis leurs offices aux environs de