‹ Les associations ouvrières au XVIIIe siècleChapitre 4 sur 119 · Arch. dép. de la Somme, c · texte numérisé non relu

Arch. dép. de la Somme, c

3,000 livres chacun, dont ils sont encore chargés de parties de rentes envers ceux qui leur ont fourni la moyenne partie des deniers ». Un habitant de la même ville (Beaumé), demande la permission de s'établir en qualité de maître teinturier. Il a travaillé dix-huit ans chez les Van Robais, mais ne peut donner la somme considérable qu'exige sa réception, ayant été ruiné par l'explosion du magasin à poudre et étant chargé d'une nombreuse famille. « Si ces faits sont exacts, écrivait Turgot, il est juste de le dispenser du paiement de la totalité ou du moins d'une partie de la somme énoncée pour droits de réception dans les statuts de cette communauté . »

Les maîtres de la dite communauté réunis pour la plupart consentent à abaisser à 200 livres les droits de réception. Cette diminution ne satisfaisait pas Beaumé qui voulait tout ou rien. . . « Si le ministre juge à propos de le recevoir, sans aucun frais, maître dans cette communauté, il y sera admis ; mais je demanderai que les maîtres qui ne se sont pas trouvés à la dernière assemblée soient punis par une légère amende, cette peine, ayant été annoncée à ceux qui n'y comparaîtraient pas «, écrivait l'Intendant au ministre ^

Voici d'autres faits qui nous prouvent quelles difficultés éprouvaient alors les aspirants à la maîtrise.

André Tonnel, ouvrier menuisier d'Amiens, se plaint qu'ayant été admis à faire chef-d'œuvre, les gardes lui avaient indiqué un scabel en tire-point, la pièce la plus difficile, et que pendant son absence un d'eux avait dérangé les sergents avec lesquels son ouvrage était assemblé et serré, de façon que son travail était fendu par le haut.

Turgot, saisi de l'afifaire, ordonne d'en informer. Le subdélégué fait venir l'ouvrier « qui m'est convenu que les juges de police avaient ordonné qu'il répétera le chefd'œuvre et il m'a engagé de surseoir à la continuation de

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