Arch. nat. F
niers Ml ne faut donc plus s'étonner si après cela les officiers municipaux de Bourg rejettent une reffuète des ouvriers serruriers qui s'efforcent d'obtenir le droit « de constituer à Bourg comme dans toutes les villes où il y a jurande une mère et un chef compagnon chargé de diriger le corps, d'entretenir les ouvriers, de les placer, de les juger en cas de discussion, de les visiter en leur pauvreté et maladie, de les protéger auprès de leurs maîtres, etc.; le conseil de ville, sur avis des maîtres et se basant sur certains édits s'oppose à cette création » ^
Le lieutenant-général de police n'est pas la seule autorité administrative qui doit veiller en province au maintien du bon ordre. Au-dessous de lui est l'intendant de justice, police et finances. Ici le mot pohce est pris dans un sens très large, il est synonyme d'administration. L'intendant peut faire des règlements administratifs ainsi que les parlements et les autorités municipales ; mais le plus souvent il tient à recevoir du conseil du roi un arrêt qui statue sur tous les points en Utige. En agissant ainsi — surtout à partir de 1750 — l'intendant évite une lourde responsabilité. Au XVIII* siècle il est difficile de connaître les intentions de contrôleurs généraux qui changent fréquemment et professent des opinions opposées sur la liberté ou la réglementation des manufactures et des corporations Cependant sur un point il n'y eut jamais d'hésitation, ainsi que nous l'avons exposé : on prohiba toujours les associations ouvrières. Aussi trouvons-nous plusieurs arrêts d'intendants qui les interdisent sans recourir aux lumières du conseil de commerce. L'intendant du Languedoc, par exemple, défend en 1730 aux compagnons charpentiers et menuisiers de faire aucune assemblée, sinon ils seront punis comme séditieux et perturbateurs du repos pubhc et devront payer une
1. Ordonnance de police pour Orléans. Voir Pièces justificatives.