‹ Les associations ouvrières au XVIIIe siècleChapitre 5 sur 119 · Arclj. dép. de la Somme, C. 445, 15 septembre · texte numérisé non relu

Arclj. dép. de la Somme, C. 445, 15 septembre

l'information après l'exécution de son ouvrage pour ne pas paraître contredire les juges qui ont une influence journalière sur les membres de chaque communauté.... L'aspirant a demandé un coffre fermant à deux clefs, pour chaque fois qu'il quitterait, y renfermer les dessins et les bois et remettre une des clefs à Danas, chez lequel se faisait l'ouvrage et garder l'autre »...

Mais on abîme à nouveau son œuvre; cependant les gardes et jurés craignant l'intervention du pouvoir demandent à Tonnel de payer des droits d'admission : « Ces différentes menées qu'on peut taxer d'insignes taquineries sont très familières dans la communauté des menuisiers envers les aspirants, à moins qu'ils n'abreuvent les gardes et ne dépensent avec eux quelquefois 5 à 600 livres '. » Citons encore le cas de François Gourchon, garçon épicier. Il se plaint de n'avoir pas obtenu son admission dans la classe des aspirants à la maîtrise, quoiqu'il eût accompli la formalité ordinaire et consigné à cet effet 830 livres. Il paraît que cette somme lui fut demandée non pour sa réception à la maîtrise, mais pour être seulement admis à la qualité d'aspirant. Cet usage s'est introduit dans la communauté des épiciers d'Amiens : « cependant cette communauté a ensuite voulu exiger de ce garçon épicier 1,500 livres pour le recevoir seulement aspirant à la maîtrise dans la vue de l'en écarter par la difficulté de se procurer une somme si forte. »

Le subdélégué ajoutait : « Ce n'est pas seulement la communauté des merciers qui se conduit aussi mal, mais encore presque toutes les autres que l'intérêt et lajalousie portent à écarter de bons sujets, de sorte que ceux qui ont plus de talents que de fortune sont forcés de croupir dans l'état de simples ouvriers. Il serait bien avantageux que toutes ces communautés soient dissoutes... J'ai fait très inutilement ce

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