‹ Les associations ouvrières au XVIIIe siècleChapitre 6 sur 119 · Arch. (le la Somme, C 466, 17 septembre · texte numérisé non relu

Arch. (le la Somme, C 466, 17 septembre

que j'ai pu pour taire entendre raison aux merciers, ils sont restés intraitables et attendent Gourchon au chef-d'œuvre s'il en est dispensé... ' »

Les apothicaires ne sont pas moins exigeants que les épiciers. Alexandre Lapostolle est-il candidat à la maîtrise? Pour éluder sa réception les maîtres ont voulu l'obliger à « remettre une somme exhorbitante ». Turgot, afin de donner une leçon à ces monopoleurs, nomme par voie d'autorité Lapostolle maître apothicaire, ce qui cause une grande colère, « les apothicaires ne formant jusqu'alors que deux ou trois familles. Un étranger n'est pas communément un bien venu à partager les profits que les autres ont un intérêt présumé à chercher à concentrer ». Lapostolle, il est vrai, une fois dans la place, cause de terribles ennuis à ses collègues. Il baisse les prix des drogues et obhge un fournisseur de médicaments pour les prisonniers à en faire autant ^

Ainsi les corps de métiers se sont transformés en associations exclusivement composées de patrons : pour ceuxci les ouvriers ne sont que des instruments. Et cette évolution a été d'autant plus aisée que les ouvriers ne font pas partie de la maîtrise ; ils ne sont pas consultés sur les mesures prises dans l'intérêt de la corporation. Ils ne délibèrent pas avec les maîtres et, légalement, on le verra, ils ne peuvent pas délibérer entre eux. Nufie place non plus pour la libre discussion des conditions du travail. Il n'y a pas alors de contrat de travail. La matière même d'un tel contrat fait défaut : le droit de travailler n'est pas dans le commerce. Et d'ailleurs, si maîtres et ouvriers entraient en pourparlers, ils se heurteraient sans cesse aux règlements et aux tarifs déjà arrêtés.

« La main-d'œuvre est alors considérée pour une ville et

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