A. N. F» 2, 106, fol
écrite après lui à ce sujet et en outre payera la somme do dix sols.
« S'il y a quelque compagnon qui se fasse embaucher avant que d'avoir réglé son compte avec le maître payera la somme de dix sols . »
Le premier compagnon doit écrire * aux infidèles qui
1. Voici une lettre type sur ce sujet : « De Dijon ce 14 mai 1767, salut soit donné à tous les compagnons menuisiers et serruriers, non du Devoir, des villes et faubourgs du tour de France, sans oublier les pères et mères.
Nos très chers paj^s. Après vous avoir salués, celle-ci est pour nous informer de l'état de vos santés. Pour à l'égard des nôtres, elles sont fort bonnes, Dieu merci. Nous souhaitons que la présente vous trouve de même.
En même temps, c'est au sujet de deux de nos compagnons menuisiers gui sont partis en coquins de Dijon. Le premier se nomme Clermont L'Eveillé; taille de 5 pieds, cheveux et sourcils châtain et crépus, portant la queue, effronté de son naturel, ayant beaucoup do boutons au front, portant un habit gris, veste et culotte de même. Il emporte au père 72 1. 16 s.
6 d., aux compagnons 17 1. 9 s.; au premier compagnon 2 1. 8 s., à un autre compagnon 18 s.; à la blanchisseuse 1 1. 10 s., à la ravaudeuse, 3 1., sans ce qu'il peut devoir d'ailleurs en ville que nous ne savons pas; le tout monte à 98 1. 1 s. 6 d. — Le second se nomme Artois Le Bon enfant ; taille de 5 pieds, 5 pouces ; cheveux et sourcils blonds; gravé de petite vérole, les jambes gonflées dans le bas, les genoux en dedans, portant un habit bleu de ratine frisé[e], veste et culotte de même. Il emporte au père 75 1.
7 s. 9 d., aux compagnons 17 1. 16 s. 6 d., au premier compagnon 2 1. 15 s., à un autre compagnon 1 1. 10 s., plus à un autre compagnon 1 1. 4 s., sans savoir ce qu'il doit en ville; le tout se monte à 98 1. 13 s. 3 d. — Ainsi, nos très chers pays, nous vous prions que s'ils tombent entre vos mains, de les traite^' co-mme ils le méritent et de faire courir la lettre de ville en ville jusqu'à Rochefort ; et nous prions les compagnons des villes où la dite lettre passera de signer quatre compagnons des plus anciens dessus ; et nous prions les compagnons de Rochefort de nous la renvoyer à notre adresse qui est chez M. Malcourant, aubergiste à l'enseigne de la Tète de cheval, pour remettre aux compagnons menuisiers non du Devoir à Dijon. Rien autre chose à vous marquer pour le présent, sinon que nous sommes toujours vos fidèles pays, compagnons de liberté:
Dauphiné Le Plaisir des Demoiselles, capitaine.
Rouergue L'Aimable. Langevin La Complaisance.
Beaujolais Le Rustique.
Provençal La Victoire.
Chambéry La Fidélité.
Bourguignon Le Francœur.
Provençal Belle-Rose.
Lorrain Le Beau-Danseur.
Bourguignon La Petite Varlope.
Berrichon La Violette.
Beauceron La Grande Conduite.
Languedoc Le Bien Venu.
Bordelais Le Résolu.
Suisse Le Petit Bourgeois.
Rouergue Le Francœur.
Vivarais La Violette.
Normand L'Intrépide.
Manceau La Victoire.
n'ont pas accompli leurs engagements. « Je suis éclairé de beaucoup de choses qui ne vous font pas honneur et dont je ne vous aurais jamais soupçonné », écrit le Premier de Maçon. Les vitriers d'Orléans font savoir à ceux de Tours : « Je vous dirai encore que vous avez le Bordelais l'endurci lequel nous avons reçu en chambre du devoir, lequel nous avait promis de payer les six francs quoique neuf. Mais nous en avons payé trois francs. Nous vous prions de faire en sorte qu'il les envoie à la mère ou a nous qui avons répondu et payé pour lui. S'il ne les envoie pas à la fin du mois nous le ferons passer pour renégat. »
Certains camarades ont grand souci de n'être point déclarés tels et ils écrivent ainsi que Picard « je vous prie de dire à la mère que je ne suis pas capable de lui faire perdre un liard ». Il faut enfin noter une différence entre le père et la mère ; le premier paraît être dans le secret de tous les actes des compagnons, la mère au contraire doit tout ignorer et quiconque parle devant elle du secret est puni d'une grosse amende. Aussi dès qu'on arrête l'une d'entre elles comme « Mère » des compagnons refuse-t-elle ce titre. Elle ne « connaît rien de leurs affaires » ; la dame Potliier cabaretière rue du four à chaux, paroisse de Saint-Laurent, accusée de recevoir les compagnons du trait carré dit« qu'elle a seulement eu malgré elle des lettres à l'adresse de quelques compagnons, qu'elle n'est point ce qui s'appelle leur mère qu'elle ignore leurs projets et qu'ils viennent souvent boire chez elle à porte fermée ». La veuve Pothier
Vivarais La Vertu. Comtois. La Barbe Noire.
Languedoc La Moustache. Provençal, attendant.
S. Bourguignon, attendant. Bourguignon, attendant.
Champagne Le Sincère. Comtois, attendant.
Lyonnais La Rose d'Amour. Beaujolais, attendant.
Beauceron Le Volontaire. Bujeste (?), attendant.
Champagne Le Beau Danseur. Parisien, attendant. Dupuy Sans gêne. Serruriers. »
Languedoc Le Résolu.
Arch. du Loiret, B. 1989.
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est en outre maîtresse pâtissière et les compagnons ont leur chambre dans son logis.
Malgré ses protestations elle est condamnée à 20 livres d'amende, non comme étant mère des compagnons, mais parce qu'elle reçoit plus de trois « pays en même temps >'. Ici encore nous relevons une preuve nouvelle de la défiance des compagnons pour le sexe faible qui s'étend jusqu'à leur « propre mère. »
§3. Les compagnonnages et les maItres.— «) L'accaparement de la maîtrise. — Lutte des ouvriers pour améliorer leur condition à Lyon, Ambert, Paris, etc. — Requête au pouvoir central, demandes d'arbitrage. — Ouvriers charnbrelans. — b) Différends sur les salaires. — La grève ; la grève générale très rare. — L'État intervient pour arrêter la hausse des salaires (en 1724). Difficultés pour le payement des salaires à Paris, en Province. — Salaire en nature. — c) La journée de travail est de 16 heures. — Grèves pour obtenir une journée de 14 heures à Paris. — Règlement fixant les heures de travail, de repos et la durée des repas. — d) Effets des grèves. — Elles aboutissent à une hausse momentanée des salaires. — Règlements défendant aux maitres d'élever les salaires; de faire des paiements anticipés. — Opinion de de Basville sur ces mesures.
On sait qu'au xviii'' siècle les maîtres se montrent très jaloux de leurs privilèges et s'efforcent de les conserver pour leurs enfants ; le salarié n'a plus de chance de voir son état devenir meilleur. Il ne pourra jamais trouver les sommes nécessaires pour payer les droits que réclament, lors de la réception de nouveaux collègues, les patrons en charge et investis du titre de <' maître ». Le conseil d'État rend des arrêts qui fixent les droits que paieront les apprentis pour arriver à la maîtrise. Ils devront dorénavant fournir cent cinquante Uvres chacun, à Nîmes ' ; à Carcassonne, on ne pourra recevoir aucun maître de dix ans ^ ;