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on trouve cependant ce délai trop exagéré et il est réduit à trois ans malgré l'avis des patrons qui désireraient le voir maintenu à six ans '. A Louviers, les fabricants de draps demandent la permission de percevoir une somme de mille livres sur les apprentis et compagnons qui voudraient obtenir la maîtrise ; bien entendu leurs fils seraient exempts de ces charges ^ Tel est aussi le vœu des teinturiers de Limoges ^ et nous pouvons même généraliser pour affirmer que le patronat corporatif au début du xviii^ siècle n'a qu'un désir : accaparer la main-d'œuvre afin de fair® la loi aux ouvriers pour leurs salaires. Dans certaines régions, si l'on voit les manufactures se multiplier, on prévient le Contrôleur général que bientôt les apprentis seront si nombreux qu'ils pourront « caballer » pour faire augmenter leurs salaires. Puis on a peur que le travail ne vienne à manquer aux anciens maîtres. Cette crainte provient d'une idée fausse sur la somme des besoins humains. On est tellement conservateur dans le milieu des maîtres que l'on croît à une sorte d'état stationnaire qu'on ne saurait changer. La quantité de travail nécessaire pour satisfaire aux demandes de vente ne peut pas être accrue ; il faut donc l'accaparer si on le peut, sinon on manque d'occupations. Les maîtres du xviii' siècle raisonnent en ce qui concerne le travail ainsi que Colbert et toute l'école mercantile en matière de monnaie. De semblables doctrines conduisent à l'accaparement, au profit de quelques-uns et au détriment de la masse. Le bureau du commerce avait bien saisi l'inconvénient d'un tel sytème et sous l'influence des idées de Gournay, il devait, en 1770 :
1° Supprimer la clause des statuts fixant le chiffre maximum d'apprentis que pouvait recevoir un maître ;