‹ Les associations ouvrières au XVIIIe siècleChapitre 78 sur 119 · Arch. nat. F · texte numérisé non relu

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tance de la charité publique ». A Rennes, en 1788, après une inondation « les deux tiers des habitants sont dans la misère ». A Paris sur 650,000 habitants, le recensement de 1791 comptera 118,784 indigents *.

La comtesse d'Anneville demande des secours pour faire vivre les ouvriers de sa manufacture de Sedan qui sont à la misère ^ La municipahté de cette ville accorde déjà six onces de pain par jour à trois mille nécessiteux. Aux environs de Paris le tableau est aussi triste. On croit remédier à cette situation en créant des étabUssements de filatures de coton fin ^

La misère aigrit les esprits. Aussi en 1789 on peut constater des grèves nombreuses. A Nantes les garçons perruquiers refusent tout travail \ Les ouvriers de la manufacture de tapisseries des Gobelins sont en pleine insurrection ^ Tous les tisseurs de Rouen demandent au Conseil du Commerce de prendre des mesures afin de rouvrir les ateliers qui sont fermés faute de commandes *.

A Saint-Étienne, Nîmes, Lyon les émeutes ont un caractère des phis redoutables. Le 16 juillet 1787, Messance, subdélégué de l'Intendant du Lyonnais et Forez demandait au commandant d'une compagnie d'anciens militaires retirés à Saint-Étienne s'il ne pourrait pas lui prêter mainforte contre les ouvriers rubanniers qui venaient 'de se mettre en grève. Celui-ci répondait : « J'aurai l'honneur de vous adresser que je commande des hommes sur lesquels je n'ai aucune autorité corrective et qui quoique appelés et raisonnes pourraient ne pas être de mon sentiment ni vouloir prendre part au service que les circonstances exigeraient. » Il demandait des ordres précis émanant de

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