Idem F
rintendant, « j'aurais alors des droits que je saurais faire respecter avec votre appui et celui de MM. les officiers municipaux et dans tous les cas ma conduite serait à l'abri de la censure ; mon zèle ne connaîtra d'autres bornes que celles dictées par la prudence et une juste modération. Il y a lieu de croire que le projet des rebelles n'est pas encore à sa maturité et dès lors vous avez le temps de proposer mes offres et mes réflexions. Mais s'il arrivait que la fermentation éclatât un peu trop subitement, la maréchaussée n'aurait sans doute pas assez de bras pour résister victorieusement et je m'en rapporterais alors à votre sagesse pour prêter les secours dont vous me croiriez capable à la tête de ma compagnie * ». Quel était le motif de la grève? La cause devait en être recherchée dans le chômage involontaire imposé à beaucoup d'ouvriers. Il existait à Saint-Étienne deux branches d'industrie totalement différentes et qui toutes deux employaient un nombre considérable d'ouvriers. L'une avait pour objet la fabrication des armes et des objets de quincaillerie, l'autre la fabrication des rubans. Ce dernier genre de commerce éprouvait une diminution sensible; les soies étaient rares d'où élévation de leurs prix. Les fabricants hésitaient à les acheter espérant toujours une baisse prochaine du coût de la matière première. « L'effet de tout ceci est de priver les ouvriers d'ouvrage et par conséquent des moyens de subsister. Les ouvriers nationaux dans la vue de s'assurer du travail pour l'hyver ont voulu forcer les ouvriers étrangers à sortir du royaume. Voilà le motif et le but de leur attroupement. Leur faute est grave sans doute. Elle mérite doublement l'attention du gouvernement à cause de la siîreté publique et parce que les ouvriers étrangers qui ont aporté dans le royaume le produit de leur travail ont droit à la protection du souverain. » Le 19 juillet, les