‹ Les associations ouvrières au XVIIIe siècleChapitre 8 sur 119 · Des Cilleuls, op. cit., p · texte numérisé non relu

Des Cilleuls, op. cit., p

3. Germain Martin, La grande industrie sons le règtiede Louis XF,p. 4G.

20 INTRODTTTION

de ce qui concerne les communautés, compagnons et apprentis des villes de Paris, Lyon, Lille et Rouen, par rapport auxquels il ne sera rien innové * .

Le Conseil du commerce ordonne aux intendants d'ouvrir des enquêtes et. en 1770, il propose :

1" De supprimer la clause des statuts corporatifs fixant le chiffre maximum d'apprentis que pouvait recevoir un maître ;

2° De ne plus limiter le nombre des compagnons de chaque établissement ;

3° De réduire le compagnonnage à un an et de laisser à chaque compagnon la liberté d'aller chez tel maître qu'il voudrait.

Entre temps, on publie le mémoire de Bigot de Sainte Croix, qui expose en détail les inconvénients de l'exclusivisme des communautés ; il leur reproche la limitation du nombre des apprentis ; l'exagération de la durée de l'apprentissage, la cherté de la maîtrise, l'injustice des privilèges dont jouissaient les fils de maîtres.

Mais le terrain n'est pas suffisamment préparé pour prendre une mesure radicale et supprimer les corporations, organisme alors inutile à la classe ouvrière, mais très cher aux « monopoleurs » qui en faisaient leur profit. L'édit de 1776 fut vivement attaqué par le Parlement. Nous ne rappellerons pas le lit de justice que le roi dut tenir pour le faire enregistrer, non plus que l'édit qu'on promulgua après la disgrâce de Turgot pour rétablir le système corporatif sur des bases nouvelles. On distinguait désormais deux sortes de professions : les unes libres, les autres en jurandes. Puis, on s'efforçait de réunir en une même jurande toutes les professions qui avaient des rapports entre elles. On voulait ainsi réformer les corporations et abolir la source des procès venant des empiétements de corporations simi-

Page 1