‹ Les associations ouvrières au XVIIIe siècleChapitre 90 sur 119 · Arch. nat. C. 149, n · texte numérisé non relu

Arch. nat. C. 149, n

fices que s'imposent les ouvriers ne sauraient cependant être un indice de bien-être. Ils sont, d'ailleurs, peu élevés et malgré le civisme des citoyens et leur dévouement à la patrie ils ne durent pas être fréquents. La misère règne dans toutes les manufactures et les salaires sont d'autant plus bas que les denrées ont augmenté et que l'on paye en papier monnaie déprécié .

Dès le 24 juillet 1789, Pérard de Montreuil, censeur royal, architecte, fait valoir qu'il y a urgence à procurer du travail aux ouvriers dont les besoins sont pressants, par suite de la cherté du pain et du chômage ' . On accorde des gratifications à titre d'indemnité aux ouvriers de la manufacture de la Savonnerie, eu égard à la cherté des vivres, « à raison de 20 sols par semaine à chaque ouvrier travaillant et de 10 sols à chacun de leurs enfants hors d'état de travailler ^ ».

Des ouvriers de la Savonnerie, pressés par le besoin et accablés de dettes, sollicitent : Pune augmentation des prix de leurs travaux, payés sur le même taux depuis plus de cinquante ans, et d'une façon insuffisante vu la cherté des vivres; 2° une indemnité extraordinaire pour les dédommager des frais et dérangements que les obUgations de monter la garde leur occasionne ^ Aux Gobehns, on signale en 1790 une tentative d'insurrection ; il faut promettre aux ouvriers que les réclamations contenues dans leur mémoire seront examinées, mais que les circonstances ne permettent pas de les adopter dans leur entier (25 mai 1790).

Le 25 octobre, dix-huit délégués de ces mêmes artisans exposent l'état de leur situation précaire et demandent que l'on statue définitivement sur leur sort, comme on avait promis de le faire ; l'esprit d'insubordination des ouvriers est favorisé, prétend-on, par l'entrepreneur, M. Pierre, et ses

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