Bibl. nat., manusc, nouv. acq. franc. 2666, fol
7. Arch. nat., F»2 1338, F'^ 516, F'2 1400, F12 1340, F12 64.
lontaire, « M . Lambert, dans la vue de soutenir le courage de ses ouvriers en leur procurant les moyens de subsister et de prévenir en même temps tous les mouvements auxquels ils estoient au moment de s'abandonner, chargea le sieur Le Fèvre l'aîné, négociant à Rouen, de se concerter avec le sieur Tarbé, négociant dans la même ville, pour faire acheter secrètement pour le compte du gouvernement des cotons qu'ils donneroient à filer en leur nom, sauf ensuite à les revendre lorsque les circonstances seroient plus favorables ». Ces achats furent faits et les matières tissées chez un seul négociant « ce qui calma les alarmes * ». Le 23 octobre 1786, l'Assemblée provinciale de Berry s'occupait des ouvriers miséreux et recommandait comme moyen préventif la création de nombreux ateliers de charité ^ .
Les locaux ainsi dénommés où l'on distribuait du travail aux pauvres se multiplièrent à la fin de l'ancien régime. La parole de Montesquieu avait eu une grande influence pour leur développement : « L'homme n'est pas pauvre parce qu'il n'a rien, mais parce qu'il ne travaille pas », avait-il écrit . Aussitôt les ateliers surgirent d'autant plus que la crise économique rendait la condition des ouvriers plus précaire. Turgot les développa en consacrant leurs travailleurs à la construction de nouveaux chemins. On en forma en Limousin, puis en Champagne, cette province dépensait dans ce but près de 100,000 livres annuellement, ainsi que la Haute-Guyenne, le Berry et la Lorraine. Le Hainaut et la Picardie consacraient à leurs ateliers 50,000 livres. Cette manière de faire la charité avait d'autant plus de vogue qu'elle n'était pas humiliante pour celui qui en profitait, puis elle procurait un certain bénéfice au donateur. Après qu'on eut organisé les assemblées pro-