‹ Les associations ouvrières de consommation, de crédit et de production enChapitre 11 sur 30 · I. C.ooqlc · texte numérisé non relu

I. C.ooqlc

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Cependant il estcertain qoe les associations manufacturières, fondées par des ouvriers, «sont très-nombrenses. Dans la seule ville de Bury, elles avaient attira à elles, dès 1860, 600 OOO livres (l^ millions de francs) de capitaux. Les Inspecteurs des manufactures citent à cette datedenombreusesusinesconslrnitesonmises en exploitationpardes associations d'ouvriers. Ils parlent en termes fort élogleuide leur administration habile et de leur obéissance aux lois sur les mannfactureET. Dans plasieu^, de ces entreprises, on loue des ateliers en mini'atui'e, pourvus d'un outillage à la vapeur, h des individus qui les exploitent en famille, reproduisant ainsi le vieux système de l'industrie domestique, mais combiné avec tous les perfectionnements de la mécanique et largement installé. Toutes ressemblent plfiS ou moins & l'association manufactuliëre de Bochdalé. Quelques-unes font participer les ouvriers auxiliaires aux bénéfices ; beaucoup d'autres les attribuent ezdu^ sivement au capital.

« La disette du coton a soumis à une rude épreuve la solidité de ces entreprises. Elles s'en sont généralement bien tirées. Fort peu ont succombé et beaucoup ont pu continuer à travailler, tandis que la plupart des autres usines ferinaient. Si les associés ont la sagesse de ftfir la spéculation, il n'y a pas de raison pour que le succès ne se soutienne pas. Nous voyons en cela l'avènement d'une classe nouvelle. Ce seront toujours des ouvriers, mais qui prendront quelque chose de l'esprit et des mœurs des patrons. Ainsi sera comblé l'abtme qui sépare les deux classes.

< Le mouvement a une tendance éminemment conservatrice. Henri lY souhaitait la poule au pot à tous les paysans de France. Si chaque ouvrier de France

ASSOCIAtlOSS OUVRIÈRES. 9S

OU d'Angleterre avait à son iour un peu de bieh à lui, une réserve eu cfls de malheur et poor la vieillesse, un petit avoir à léguet à ses enfants, une part, en un mot, dans la richesse publique, il deviendrait un défenseur naturel de l'ordre, et les institutions politiques s'appuieraient snr une basesl solide, que humainement parlant, rien ne saurait les ébranler. >

Le but de toute industrie occupant dés ouvriers devrait être de les placer dans des conditions telles que leur activité fflt stimulée de tnàrdère à produire tout ce qu'elle peut produire. Or, de tous les stimulants, le plus puissant et le plus Constant, c'est l'intérêt personnel. C'est en cela que consiste surtout la supériorité du travail associé sar le travail Simplement salarié. Haiâ dans la plupart des industries, les associations sont obligées de recourir plus ou moins fréquemment an travail d'ouvriers auxiliaires salariés, qui ne peuvent pas prétendre aux teémes avantages que les associés, puisqu'ils ne participent pas aux mêmes chances de pertes mais auxquels on peut, par un partage équitable des Èénéûces, faire une aituatitw qui les en rapproeh*âail$ la mâsvve du poslible. C'est ce qu'a fait d'abord l'Association manufacturière de Rochdftle. Si depuis elle y â renoncé, c'est par suite de drcODstancâs qu! n'ont pas dépendu de la volonté des fondateurs. Voici, tel que je le trouve dans l'intéressante brochlire de M. Casimir Périer sur les associations coopératrices, l'exposé du plan primitif et des causes qui en ont amené la transformation :

■ Les salaires, dit M. Casimir Périer, sont payés au prix courant aux ouvriers, qui reçoivent en outre i'îQtérëtà 5 pour 100 du fonds personnel qu'ils possèdent dans l'association. Le surplus du bénéfice (après prélèvement de l'amortissement, de la réserve, etc.), compose le dividende qui se répartit, par égale proportion, entre le capital et le travail. Celui dont le travail représente la même somme que le capital reçoit deux parts égales de dividende ; celui dont le capital" versé est supérieur au salaire reçoit deux parts inégales, dont celle qui s'applique au capital est plus forte que celle qui s'applique au salaire et vice versa. Pour rendre ce mode de répartition plus saisissable, supposons trois intéressés dans l'entreprise : A , qui a versé 100 fr. de capital, mais qui ne travaille pas ou qui travaille ailleurs; B, qui gagne 100 fr. par son salaire, mais qui n'a rien versé; C, qui a versé 25 fr, et qui a gagné 75 fr. Supposons en outre que l'intérêt étant à 5 pour loo, le dividende ait été fixé à 6 pour 100, le tableau suivant montre le total de la somme qne chacun a reçue dans l'année ou qui reste inscrite à son crédit : <

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