‹ Les associations ouvrières de consommation, de crédit et de production enChapitre 20 sur 30 · SOS · texte numérisé non relu

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Sur ce dernier dividende, 30 ooo fr. ont été prélevés pour le Tonds de réserve, et les 100 000 fr. restant, partagés entre les associés, ont donné pour chacun de 500 à 1500 fr., outre leur salaire et leur part dans la propriété commune en immeubles et en matériel d'exploitation. Il est donc probable que, à l'époque de la liquidation, qui doit avoir lieu en 187S, chacun des associés se trouvera possesseur d'un capital s'élevant en moyenne à une vingtaine de mille francs.

Le nombre des associés s'est élevé à 112. Il est maintenant de 83. Le capital, qui était en commençant, est maintenant de 2.50000 fr., le chiffre d'affaires

SIS ASSOCIATIONS OOyKtÈItXS.

l'élève à 1 300 000 Ir. Si cet exemple ne suffit pas à démoDtrer les avantages de l'associatioa à ceax qui se refssani à y croin, je ne connan aaoun airgoment capable de tricnnpber d'un pareil eotâlement.

Nous Q'avoDS parlé que d'un iHen petit nombre d'assodatioDs. 11 nous resterait à passer en rerae celles des serruriers, des lunetiers, des formiers, des menuisiers en voitures, de» onvrlers en lantm-nes, des tourneurs d'essieni, des cleatiers, mais ce serait grossir inutilement ce volume, car ce que nous avons dit de quelques-unes s'applique presque également à toutes. Toutes ont passé parles mêmes difficultés et par les mêmes épreuves, et elles en ont triomphé par les mêmes moyens, l'énergie et la persévérance. Toutes ont été soutenues par la résolution bien arrêtée de devoir à elles seules l'amélioration de leur sort, et par la ferme conviction que l'association seule possédait la vertu de les arracher à la misère, ou du moins aux incertitudes du travail salarié. Toutes se sont soumises à des privations semblables, et la (^im elle-même n'a pu triompher de leur constance. Ce sont elles qui ont fl^yé la route malgré tous les obstacles , malgré les circonstances les plus défavorables, malgré les ignorances de toutes sortes que leur expérience a dissipées. Que ceux qui les y suivront aient toujours devant les yeux leur exemple, qu'ils soient bien résolus à montrer la même énergie et la même patience, si les circonstances leur en font un devoir, et d'ici à quelques années la France n'aura rien à envier à l'Angleterre et à l'Allemagne. Après s'être laissé dépasser dans la voie que la première elle a ouverte, elle se doit à elle-même de ne pas rester à la remorque des nations, qui en somme n'ont fait que profiter de son exemple.

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ASSOCIATIONS OUVBIÈHES.

$ IX. Les iMMiations rfcentM. — Cùpooitiaiis gteénlM,

Cest (ta reste ce qoe semble commencer à sentir ta population ouvrière. Le mouvement coopératif, si actif de 1848 i 1S&2, s'arrête alors comprimé par les événemeats politiques et par les défiances du gouvernement. De 1852 à 1863 denx assoclaliona de production seulement «'établissent, celle des peintres en bâti-* ments en 1857, et celle àea ouvriers menuisiers, en 1838. Hais depuis les élections de jain 1863, l'élan a reoDffimencé ; sept associations de production se sont constituées à Paris seulement : celles des boulonniers, des cloutiers, des charpentiers , des cordonniers, des fondeurs en fer, des menuisiers modeleurs, des tailleurs, des employés copistes, comptables, traducteurs et dessinateurs réunis*. Ce sont celles dont noua allons nous occuper.

Nous n'avons pas h faire leur histoire, puisqu'elles

rclàve parUiut. Les assocïatioos de crédit mutuel, dont la première fut fondée à Paris en 1854 dans les conditioDs les plus modestes, étaient au oommeDcemeut de 1863, au nombre de 15- Il y en a mainlentut 45, sans compter oellea qui sa préparent. Une première association deconsommationPoinilron et Cia vient de s'établir. Douze ou quinze associations de production, sont en voie de formation k Paris. Va grand nombri da groupes d'ouvriers déposent chaque semaine i la caisse de H. Beluze des cotisations en vue de s'associer dans un avenir plus ou moins prochain. Dans tes dépatUmsnta, la laoaTament n'est pas moins actif. Seulement il j prend des allures différentes, et il est à craindre qu'il ne sache pas profiter de l'eipèrience des associations de Paris. J'avoue que je suis aETrayé quand je vois l'association det tisHurs de Lyon comprendre plus de 1800 membres, celle des rubaniers de Saist-SlieniM plus de 12110. Cela me rappelle les premières illusions des ouvriers parlsiens,et je prévois bien des mécomptes.

MO ASSOCIATIONS ODVRÏÊRES.

sont h peine nées, mus en examinant leurs statuts, noua verrons si elles ont profité de l'expérience de leurs atoées. Pour la plupart des dispositions, les statuts de toutes les associations sont identiques, et copiés les uns sur les autres ; mais il y règne un certain désaccord sur quelques-unes des dispositions les plus importantes, telles que le mode et le nombre d'heures de travail, le traitement du gérant, le jury, la répartition.des bénéfices, etc. Cependant les divergences ne sont pas nombreuses, et l'on peut dire qu'en somme il n'y a que deux types de statuts, dont les plus complets sont ceux des cordonniers et ceux des fondeurs de' Ter. Nous allons d'abord passer en revue les dispositions générales, communes à toutes les associations; nous parlerons ensuite des pardcularitéa.

Toutes les associations nouvelles se sont constituées , pour 99 ans, en nom collectif k l'égard du gérant, et | en commandite pour les autres membres, et le nom du gérant figure sur l'acte social.

L'apport des associés est formé par la retenue d'un dixième sur le salaire, par la retenue de tous les bénéfices jusqu'à ce que la somme soit complétée, et par des versements facultatifs. L'apport, suivant les sociétés, varie de 2000 à 5000 fr. en espèces, en matériaux ou en outils. Les associés, même non occupés, devront verser au moins 1 fr. par semaine. Le chiffre d'apport peut toujours être élevé, suivant les besoins de l'entreprise, mais Jes facilités de payement ne peuvent être diminuées. Les intérêts du capit^ d'apport sont fixés par quelques associations à 6 pour 100. — D'autres se sont sagement abstenues de fixer aucun chiflre, attendu que l'intérêt de l'argent doit pouvoir varier comme le reste.

ASSOCIATIONS OUVBlÈRfâ. 221

Un certain nombre de statuts stipulent que l'atelier marchera avec ou sana mécaniques selon les intérêts de l'exploitation. Ceux qui n'en parlent pas sont précisément ceux des associations qui ne peuvent pas s'en passer; d'où l'on peut conclure que si les ouvriers comprennent mieux que jamais les nécessités nouvelles qu'impose au travail l'emploi des machines, ils ont cessé de s'irriter vainement contre une transformation inévitable.

Tout ouvrier qui voudra entrer dans une association devra travailler pour elle pendant ' trois ou six mois à titre d'essai. Dans ce cas, il subit une retenue d'un dixième sur son salaire, destinée à former son apport, et sa part de béoéSces est appliquée au môme objet. Si, après les trois ou les six mois, l'assemblée générale, sur le rapport du gérant, refuse de l'admettre, on lui rend les sommes retenues.

En cas de retraite ou d'exclusion d'un associé, son capital de commandite doit lui être remboursé en deux foisetendeuxannées, avec intérêt simple de 5 pour 100. Comme à partir du jour de sa retraite ou. de son exclusion, il ne peut plus être engagé dans aucune des entreprises de la société, il ne peut plus avoir part ni aux perles, ni aux bénéfices.

En cas de mort, la société peut, sur la demande de la veuve ou du tuteur des enfants et sur la proposition du gérant, décider que les fonds dont elle leur doit compte resteront dans la caisse sociale; dans ce cas, ils participent aux bénéfices et aux pertes de l'association pour la moitié de la part qu'y aurait eue l'associé décédé. Cette décision ne donne à la veuve ni au tuteur aucun droit de contrôle, mais seulement celui de déléguer h. un membre de la société la sur-

veillance de leurs inléréu. Elle consUtue une faveur qui peut être retirée par une décisioQ de l'aMemblM, [Mise aux deux tien des voix. Elle cesse de plein droit pour la veuve, dès qu'elle se remarie, et pour las enfants, dès qu'ils ont atteint leur miyarité.

La veuve ou le tuteur des mineurs peuvent exiger le remboursement six mois après le premier inrentaire qui suit le décis.

Tout membre exclus ou démissionnaire a toiqonn le droit de vendre ou de céder à un tiers son apport et tout autre capital engagé par lui dans la société, mais sons que cela donne &ee tiers aucun droit d'ingérence dans la sodélé, ni celui d'exercer aucune poursuite avant les échéances déterminées par les droits de l'associé.

Un conseil de surveillance élu par l'assemMée, conaposé de trois membres au moins, de sept au plus, surveille et contrôle toutes le» affaires de la soci^te. Les mcanbres du conseil sont élus pour dix-huit mois, ou pour tirois ans, et se renouvellent par tiers tous les six mois ou tous les ans. Les membres sortants sont désignés par le sort, et sont toujours rééligiblaa. Us se réunissent ane fois par semaine ; ils proposent à l'asaemblée, de concert avec la gérance, tout règlement et toot« révision de statutsqui leur paraîtront nécessaires pour assurer la dignité et sauvegarder les intérêts de la société et de chacun de ses mranbres. C'est ce même conseil qui propose à l'assemblée l'admission des nouveaux associés, la retraite ou l'exclusion des membres de la société, la retraite, la révocation ou l'eidusion des gérants, et en cas de décès, retraite ou démission deœux-d,U convoque f assemblée dans la huitaine pour l'élection de nouveaux gérants. En cas de vacance su-

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ASSOCËAiTIONS OUVmÈR&S. SS3

bile d« la gérance, il dé)|teu« un de ses membres pour pourvoir provîMiremenl i tous les services. — Tous les semectres, il fait un rapporta l'asBemblée sur la si- InatioD morale et malérielle de la sociëté.

Toutes les associations ont un règlement général identique, renaarquable h plus d'un iitee. Je ne puis mieux faire que de la transivire tout entier :

« La bonne tenue, l'ordre et l'intérêt d'une associatioD exigent que tous les membres conviennent des relies k établir entre eux pour la bonne exécution du travail, afin que chacun, connaissant d'avance la fonction qu'il a à remplir, s'en acquitte avec conscience et dévouement

• lies règlfiments d'une assoGiaticm de travailleurs, librement acceptés par tous, ne sauraient être un obstacle à la liberté du dloyt n. Chacun sait que l'activité, l'ordre et l'économie sont les ciHiditions de la productioâ à bon marché, et que celle-ci, dans une société bien ordtunée, est la source du bieo-Ab-e de tous. Tous nos soins doivent tendre vers ce but, qui est celui-Ut même que nous nous proposons d'atteindre en associant nos efTorts.

« dépendant h le bieD-être «st le but que mua poursuivons, nous ne le cherchons pas seulement pour satisraire aat besoins matériels de nos ftoiiltes et de nous-mêmes; nous le désirons surtout pour arriver parlai au développement eomplel de nos facultés int^lectuelles et morales, pour préparer nos fils à devenir des hommes indépendante et libres par leur travail et leurs connaissances ; nos filles h devenir des épouses courageuses et dévouées, des mères tendres et éclairées. Bu conséquence, les règlements, tout en

2Sfc ASSOCIATIONS OUVRIÈRES,

laissant h chaque associé la liberté complète de ses actes eo dehors du travail, doivent cependant réprimer les faits qui seraient de nature à amoindrir la considération que doivent mériter l'association et chacun de ses membres.

' L'ivrognerie est le premier des vices que doit proscrire l'association ; en dtant la raison à l'homme, elle l'avilit, le dégrade et le rend indigne de l'estime de ses concitoyens.

< Les injures et les vioknces, en provoquant le désordre et les rixes, engendrent l'antipathie et la haine entre les concitoyens ; elles sont anti-sociales et attentabùres à la dignité de l'homme.

• Leaparolet obtcènes, chez celui qui s'en sert habituellement, sont une des sources les plus actives de démoralisation pour les jeunes gens. C'est un poison du cceur, que tout père de famille doit écarter de ses enfants avec autant de soins qu'il en mettrait à écarter le poison du corps.

« La paresse ne doit pas entrer dans l'association ; c'est le frelon qui vient dévorer le travail de l'ouvrier laborieux. Le paresseux doit être chassé de l'atelier comme le frelon de la ruche.

< Vmsoumission à la loi comnotne menace les intérêts de tous. Si l'associé doit être libre comme citoyen, comme travailleur il doit savoir se soumettre à la discipline qu'exige le travail. La garantie de son indépendance est ikns sa participation à la confection des règlements ; mais ceux>ci une fois adoptés, chacun doit s'y soumettre avec respect, comme étant l'expression de sa propre volonté et de la volonté de tous. >

Les pénalités sont: l°des amendes;2°raveitissement

donné par le conseil de surveillance ; 3° le blâme infligé par l'assemblée générale; 4° l'exclusion.

Quelques associations ont ajouté les deux articles suivants :

« La calomnie envers un coassocié , ou même envers une personne étrangère à l'association, pourra également être punie par l'exclusion.

< Tout acte d'împrobité, soit envers l'association, soit envers un coassocié ou un tiers, sera puni de l'exclusion. >

g X. Associations récentes. — Règles particnllères.

Je n'ai pas eu à m'arréter sur les dispositions précédentes, parce que l'unanimité de toutes les associations nouvelles à les adopter me dispense d'en faire ressortir les avantages.

Il n'en saurait être de même de celles qui vont suivre, puisque à leur sujet, les oouvdles associations se sont divisées. Nous allons les examiner successivement.

1' Mode de travail. — S'il est une chose désirable pour les ouvriers, c'est qu'ils puissent travailler chez eux, en famille, quand la chose est possible. Un grand nombre de métiers s'y refusent d'une manière à peu près absolue, quelques-uns semblent s'y prêter trèsfacilement, par exemple les métiers de tailleurs et de cordonniers. Aussi les statuts de ces deux associations prévoient -ils le cas où leurs membres pourraient étr« autorisés à travailler chez eux, mais il est facile de

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226 ASSOCIATIONS ODVRIÈRBS,

voir que leurs préférences sont pour le travail dans

l'atelier commun. Il y a là à première vue quelque

chose d'étrange, mais qui s'esplique bientôt. On craint

que l'associé, autorisé à travailler chez lui, n'abuse de

la clientèle générale de l'a

trepreneur k son compte

n'est pas tout à fait sans i

sons par exemple que l'a

composée de huit membre:

breuse, qui iui permette i

Le principe, dans ce cas, es

droit au2 bénéûces de l'ass

de 25 pour 100. De plus, pi

périté, elle peut recevoir i

si plusieurs de ses membre

eux, s'adjoignent des au:

payent simplement au prix ces auxiliaires seront frusl à laquelle ils auraient pu pi

l'association, que les membres qui les occuperaient pour leur compte spécial bénéûcieraient de toute la différence, et par là porteraient un préjudice réel et aux ouvriers qu'ils emploieraient et à ceux des associés qui travailleraient à l'atelier; sans compter que le travail, étant ainsi absorbé par quelques-uns, ne permettrait pas à l'association de s'adjoindre de nouveaux membres, puisqu'elle ne pourrait pas leur fournir d'occupation. Les précautions prises contre cet abus ne sont donc pas sim^ilement égoïstes, comme je l'ai entendu soutenir^ mais elles sont aussi bien dans l'intérêt des ouvriers non associés que des associés euxdiéties. Cependant je ne crois pas que ce soit une raison pour restreindre la possibilité du travail à do^oicile.

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ASSOCIATIONS ODVRTÈtlES. 227

H sera toujours facile de mesurer à peu près la quati'tité d'ouVragâ fourni à ce que peut exécuter l'associé avec le secours de sa femme et de ses enfants.

2' Quelques associations, telles que les fondeurs eu fer, les charpentiers, n'admelj^nt que le travail & la journée. Mais cela lient uMaernent k la nature même de leurs opérations, et nullemerut à un préjugé, depuis longtemps abandonné, contre le Iravail aux pièces. Toutes celles où ce dernier mode de travail est possible le considèrent, avec raison, comme în&nlmeQt préférable pour chacun et pour tous. Quelques associations, comme celle des fondeurs de fer, ont limité la journée de travail effectif à lo heures, à l'fexemple de quelques associations de 184S. Si j'en juge par ce que j'ai TU ailleurs, dans quelques manufactures de l'Alsace et par les rapports des inspecteurs généraux des manufactureb d'Angleterre, je ne puis qu'approuver cette innovation, toute contraire qu'elle est à nos habitudes. L'ouvrier, moins fatigué, apporte à son travail pittis d'énergie et d'attention, et il lui reste quelques instants pour lire ou suivre les cours qui peuvent lui être utiles. L6 plus grand nombre cependant ont fixé la journée d^è travail à onze heures.

3' Plusieurs des associations nouvelles ont établi une sorte de jury, composé de 3 membres au moins et de 9 au plus, élus par l'assemblée pour un temps déterminé et toujours rééligibles, qui ont pour fonction de Juger toutes l.es difficultés qui peuvent survenir entre les as/sociés tfu les postulants, et de décider toutes les questions relatives aux prix des façons et de la joarâde, À ta distribution et h la réception du travail.

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Celte institution me parait excellente, et je ne vois pas pourquoi elle n'a pas été admise par quelques autres sociétés. Je sais bien que le conseil de surveillance peut toujours en tenir lieu, mais je crois bon de multiplier dans les associations les fonctions actives, parce qu'elles ont pour eEfet d'intéresser plus directement un plus grand nombre de membres au bon ordre, et d'accroître en chacun d'eux le sentiment de la responsabilité et de la solidarité, en leur donnant un plus grand nombre d'occasiona de se mêler, sans danger pour l'unité de direction, des affaires de l'association. Surtout il est bon que le gérant ne soit pas exposé à user son autorité dans la multitude des petites difficultés qui peuvent naître de mille causes, et dont il faut, autant que possible, éviter d'embarrasser l'administration.

4° Tous les six mois on fait l'inventaire. Parmi les associations, les unes répartissent 50 pour ]00 du bénéfice net entre les associés, les postulants et les auxiliaires, proportionnellement au travail produit par chacun d'eux. Hais comme les postulants et les auxiliaires ne participent pas aux pertes, on fait sur la part qui leur revient une retenue de moitié. Le total de ces retenues forme un fonds commun sur lequel on prélève d'abord la somme nécessaire pour couvrir les pertes, et le surplus, s'il y en a, doit rester indivis jusqu'à la liquidation de la société.

Les 50 pour 100 non répartis qui restent des bénéfices nets sont portés au fonds de réserve jusqu'à concurrence d'un cinquième du capital social.

L^En cas de pertes, les associés sont tenus de rapporter

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leur part dans les mêmes proportions, ou de subir la retenue du dixième de leur salaire pour reconstituer leur apport. '

Le fonds de réserve appartient à tous tes associés proportionnellement k la part contributive de cliaciin d'eux. Il en est tenu un compte spécial qui ne peut dans aucun cas être confondu avec son compte de commandite. Le fonds de réserve ne peut être employé dans le fonds de roulement qu'après délibération de l'assemblée générale et pour un temps dé- ' terminé. i

Les cordonniers attribuent aux associés 75 pour 100 du bénéfice net, répartis par parts égales, proportion- ■ nellement au temps d'activité de travail fourni h la société par chacun d'eux. Mais aussi, pour stimuler l'activité des associés, les cordonniers ont ajouté à leur règlement d'atelier l'article suivant : « Afin de prouver la loyauté et la sincérité que chacun des associés tient à cœur de garantir, il est pris par tous en général et par chacun en particulier l'engagement suivant :

• Pour avoir droit à la répartition égalitaire des bénéfices, chacun des associés ou postulants doit fournir au minimum et en main-d'œuvre le chiffre de 80 fr. par mois. Ce minimum représente légalement trente jours d'activité fournie. Ceux des associés ou postulants qui ne fourniraient pas mensuellement ce chiffre minimum, ne recevront debénéOce que la part proportionnelle du chiffre de rendement qu'ils auront fournie. •

C'est une bonne précaution, et elle pouvait être indispensable pour les professions où le travail aux

pièc«i est icDpossib]9; mpis pour c«luH:i, il eût peut» être été plus simple et plus efficace de répartir leâ béoéQces au prorata des salaires.

. Les 25 pour 100 restant servent à constituer on fonds de. réserve, jusqu'à concurrence d'une somme égale à la moitié du capital social.

D'autres enfin prélèvent 10 pour lOO sur le bénéfice net pour constituer le fonds de réserve; 10 pour too qui sont répartis entre les auxiliaires; 5 pour 100 qt)î . sont alloués au gérant à titre d'encouragement; et le reste est partagé entre les associés proportionnellement aux salaires.

5» Cette disposition qui attribue 5 popr lOO sur les bénéfices au gérant me paraît une des plus sagement imaginées et elle montre que quelques ouvriers commencent à se rendre compte de l'importance des services de la gérance. Je regrette de ne ^ la trouver dans tous les statuts, mais je suis bieu convaincu qu'elle s'y trouvera un jour ou Vautre. Du moment qu'il est établi en principe que le salaire doit être proportionnel au produit et que le travail aux pièces devient dominant dans les ateliers, parce qu'il est reconnu qu'il est plus productif, il est de la plus simple logique et de la plus vulgaire prudence d'étendre le . même principe à la gérance, c'esl-à-direà cequi, dans le travail commun, tient la première place et a le plus d'influence sur le chiffre des bénéfices. Un gérant à prix fixe, c'est un ouvrier k la journée, à qui il manque le stimulant de l'intérêt personne! «t la récompense de l'efl'ort. Aussi me semble-t-il que le traitement du gérant, devrait toujours élre proportionnel à la somme du bénéfice net. C'est le seul moyen de le tenir

ASSOCUnfWS OCVBI^lBS. 331

en balâiii9. Il est tonjour^ imprudeat de compter sur le dévouement, et de le faire entrer comme élément dans dee calculs d'ailaires. S'il s'^goute au reste, tant mieux, mais ce sera toujours une exception.

6° Les cordonniers reçoivent en compte courant les sommes qui leur sont versées par des adhérents. Les sommes de moins de 50 fr. portent intérêt à 4 p. 100. ËllsB peuvent être retirées en prévenant seulenieut dix jours à l'avance. Les sommes de 50 fr. et au-dessus portent intérêt à 6 p. 100 l'an, mais elles doivent rester eng^ées pour une année, et le déposant doit faire ponnoltre par écrit , au n)oins un mois à l'avance, qu'il a l'intention de retirer son argent; à défaut de quoi cet argent dqît rester engagé pour une nouvelle année. On reçoit des Yersemeuts de 5 fr. et au-dessus, mais sans fraction^ d^ centiipes. Si un adhérent devient associé, spn capital en compte courant devient partie de soq apport, JHsqu'àpoqcurrenceiiu complément deceluî-ci. . L'associatiqf) offre h tput ouvrier du même n^étier, adhérent ou auiiliaire, et pour leur usage personnel seulement, dç l^ur céder les marchandises non f^çoijnées au ppx de iâctnre, avec uns comiqjssion en sus de 2 et demi p. lOO. C'est up commencement d'association pour achat de matières premières. Elle accepte conune espèces les sommes de moins de 50 f^., dont l'acquéreur pourra être créditeur de l'association.

Ce système des dépôts en compte courant peut être utile h l'association, mais il peut aussi lui être nuisible. Toqt dépend de la manière dont il sera appliqué. Le crédit eçt une excellente chose, mais il faut savoir en user. Si l'association reçoit peu de dépêts, le danger disparaît, mais aussi l'avantage. Si elle en reçoit un

grand nombre, cela pourra lui servir k étendre se: affaires ; mais elle peut être tentée de marcher trop vite, et alors à la moindre crise, elle peut se trouver en grand danger, si on lui redemande à la fois des sommes considérables, comme il arrive toujours dans ces moments ofi chacun a besoin de son argent.

En somme, l'expérience de 1648 a été satisfaisante puisqu'elle a ruiné la plupart des préjugés qui pesaient sur l'avenir des associations. Ces préjugés étaient : l'appel à l'intervention de l'Ëtat, la prétention de fond» des associations générales de métier, qui, si ellei avalent été possibles, n'auraient pas tardé à reproduire tous les inconvénients des aucieimes corporations ; la pensée de supprimer la concurrence, l'égalité des salaires, la haine du capital, l'absence de direction sérieuse et forte, le fonds de réserve indivisible, U constitution en nom collectif pour tous les associés, la croyance aux systèmes socialistes les plus insensés, l'assurance naïvement affichée de réaliser en quelques jours des bénéfices immenses, que l'on consacrait d'avance avec une géoérosité aveugle à des créations charitables en faveur des enfants, des vieillards, des malades.

Ces erreurs ont perdu du terrain dans l'esprit de la population ouvrière. Il ne faut cependant pas s'exagérer leur défaite. Une révoluliou aurait lieu demain, qu'on en verrait reparaître un grand nombre, car dans la plupart des esprits, elles sont plutdt endormies que

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