‹ Les associations ouvrières en AngleterreChapitre 16 sur 24 · DÉPENSES · texte numérisé non relu

DÉPENSES

Indemnités aux membres lîv. steri. »h, a.

sans ouvrage ...... . 9836 10 » s

bépemes légales 2 ^50 1 » =

Indemnités de vojrage. . . 695 3 » =

Dépenses du comité. ... 1 A32 3 7 =

Secout^ médicaut 569 2 » =

Bibliottiè<tue 891 8 » »

Secours aux autres métiers 1185 » » =: 29 625

Salaires des employés de

rUhion 2 471 7 » a

Dépenses diverses 3 706 16 11 =

TOTAL. ... 23 543 12 4 s

245 912 fr. 50 c.

588 590 fr. 50 c

jours être révoquées par l'assemblée générale. Le secrétaire tient un registre où tous les ouvriers sans travail viennent s'inscrire, pour avoir le droit de toucher une indemnité de 10 shillings (12 fr. 50) par semaine.

Les querelles des compositeurs avec leurs patrons ont causé bien des grèves locales, et fait fermer plus d'un atelier; mais aucune ne s'est étendue à toute l'industrie de Londres. Les ouvriers ont toujours montré dans ces luttes une grande modération, et n'ont jamais pu être accusés de vouloir intimider ceux qui n'appartenaient pas à l'Union. Ce n'est qu'en 1854 que celle-ci, reprenant la première tentative de 1816, intervint directement pour surveiller l'application du tarif des salaires, confiée jusqu'alors à un comité composé exclusivement de maîtres. Sur sa demande, on s'entendit de part et d'autre pour nommer une commission de trois maîtres et de trois ouvriers, qui, sous le nom de cour d'arbitrage, dut trancher les difficultés auxquelles l'interprétation du tarif pouvait donner lieu. Malheureusement, cette institution ne

24ft LES ASSOCIATIONS OUVRIÈRES EN ANGLETERRE.

dura pas longtemps : elle échoua en 1858 devant la première affaire sérieuse qu'elle eut à juger. Voici à quel propos. Le tarif stipulait c[ue ces pages d'annoncés permanentes qui figurent dans les journaux ne seraient payées qu'une fois aux compositeurs, tant qu'elles demeureraient entières. Mais, comme, dans la plupart des feuilles, on insère presque tous les jours, au milieu d'une page déjà préparée, quelques lignes nouvelles, certains imprimeurs voulurent, pour calculer les salaires, déduire des pages ainsi remaniées tout ce qui avait été précédemment composé. Les ouvriers soutinrent au contraire que, du moment que la page était retouchée, la composition entière devait leur en être payée de nouveau. La cour d'arbitrage, appelée à décider entre eux, se partagea, et le président trancha la question contre les ouvriers. Ils se soumirent provisoirement à son arrêt; mais, l'accusant d'être lui-même intéressé dans l'affaire, ils refusèrent d'accepter cette décision comme fixant la jurisprudence, et, lorsqu'un cas analogue se présenta, ils récusèrent l'autorité de la cour

INDUSTRIES DIVERSES. 2d5

d'arbitrage, et portèrent Taffaire devant les tribunaux. La Cour de l'Echiquier se prononça deux fois en leur faveur, d'abord dans Fune de ses chambres, puis toutes les chambres réunies. Les maîtres en appelèrent à la Cour d'erreur, sorte de cour de cassation, où siègent les quinze juges du royaume. Onze d'entre eux s'y trouvèrent en cette occasion, et donnèrent encore une fois raison aux ouvriers. Les imprimeurs échappèrent à la conséquence de cet arrêt en chargeant de l'impression des annonces des hommes payés à la journée, et, depuis lors, personne n'invoqua plus la cour d'arbitrage..

En 1866, après de longues et difficiles négociations avec V Association des maîtres imprimeur s y qui avait été fondée dès 1855, peu après la cour d'arbitrage, pour défendre devant elle les intérêts des patrons, les compositeurs obtinrent enfin un certain accroissement de salaire. Le prix de la vie à Londres le leur rendait indispensable ; mais les imprimeurs craignaient qu'il ne fit succomber l'industrie de la capitale à la concurrence des

246 LES ASSOCUTIOHS 0U¥1U£RBS EM AHGtETKRRE.

villes de province : aussi ne l'accordèrent-ils pas sans de vives plaintes;

Les autres branches de cette profession ont des Unions analogues à celle des compositeurs. Nous ne citerons que celle des pressiers (pressmen)^ qui travaillent aussi à la tâche, et d'après un tarif convenu avec les maîtres. Cette société, fondée en 1839, ne secourt ses membres ni dans la maladie, ni dans la vieillesse, et leur assure seulement, lorsqu'ils meurent, 20 livres sterl. (500 fr.) pour leurs funérailles : elle s'occupe spécialement de défendre leurs intérêts contre les maîtres, et de les faire vivre lorsqu'ils chôment. Les souscriptions qu'elle leur demande ont été réduites de 1 shilling à 6 pence (de 1 fr. 25 à 62 c), lorsqu'ils ont été plus de cinq cents. Elle n'a jamais soutenu de grèvesimportantes; mais elle a eu fréquemment des contestations locales avec les maîtres pour les obliger à réduire le nombre de leurs apprentis.

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