‹ Les associations populaires de consommation, de production et de créditChapitre 2 sur 15 · IX · texte numérisé non relu

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mûrir et de s'ameKorer, quoique, à vrai dire, û ne iàîUe point à cet égard se dissimuler une chose : c'est que la seule préparation sérieuse et efficace des réfonnes légales est Tagitation de l'opinion publique, et que cette agitation, dans Tespèce dont il s'agit, est singulièrement difficile à susciter, eu égard aux entraves qm sont aclfuellement apportées à l'expression des idées, et tout jspéeiale* ment des idées écononrico-sodales. Quoi qu'il en soit, et en attendant qu'une loi, bonne ou mauvaise, nous soit donnée, le mouvement coopératif ne doit pas s'arrêter.

Il convient donc plus que jamais d'exposer ce qui a déjà été fait et ce qu'il est possible de faire encore, en matière d'association populaire, dans l'état actuel de la législation . C'est là précisément quel est le sujet de ma troisième et dernière leçon, dans laquelle j'ai développé le mécanisme de quelques institutions récemment fondées dans les conditions les

plus honorables, telles que la Société du Crédit au Travail et la Caisse d escompte des Associations popuiaires.

Ainsi conçues et divisées, mes trois leçons peuvent, ce me semble, aspirer a une durée un peu moins éphémère que celle d'une simple causerie à Tusage des gens du monde. Elles visent à constituer une première tentative, ou, — comme je dirais, si les formules imaginées par la modestie de nos pères étaient moins surannées, — un Essai, un Aperçu ou une Esquisse d'une théorie économique des associations populaires» C'est pourquoi je me décide à les adresser à tous les travailleurs que le succès du mouvement coopératif intéresse directement, et aussi a tot}s les hommes qui, en raison de leur position ou de leurs fonctions, ou mus par un louable entraînement, seront amenés à s'occuper de ce mouvement qui se produit, à l'heure qu'il est, avec une intensité si marquée et dans descon*

ditîons si favorableSé Je dois ajouter qu'en les Hvraiit à rimpreè^oa» je me suis imposé comme une obligation absolue et rigoureuse de les donner exactement, et^ autant que faire se pouvait, mot pour mot, tdles qu'après une lonj^^ et labonause préparation» elles ont été pronon<^^8y entendues et applaudies. Mais peut«étre ^t*il fiéicessaire d'expliquer que «etle sincérité scrupuleuse m'a été dictée iion par aucune raison d'amour*propre| mais par des conMdérattons d'un intérêt supérieur et d'un ordre plus honorable.

Je ne sais si ce que je vais dire ne choquera pas quelques susceptibilités, mais il me semble que ce n'est pas, à tout prendre, quelque chose de bien difficile en soi, ni. par conséquent, de bien méritoire, surtout si l'on ne se classe à aucun titre parmi les privilégiés de ce monde, que d'avoir des opinions démocratiques très-énergiques et très-arrètées. Ët^ tout de même, peut-être n'est-ce pas non plus

queJqiie chose de particulièrement pkiiblé et gloneux^ de la part de perabiines non dépomv vues d'intelligence et en possession de quet*

que loisir, que de puiser dans ta lecture de& bons auteurs une connaissance exacte des vé« rites économiques par eux décourertes, et de reproduire ces yérités en les défendant contre toute attaque. Mais ce qui, selon moi, est une entreprise ardue et vraiment digne d'éloge, c^est de prétendre être et demeurer toujours démocrate radical en ndème temps qu*écoao* miste orthodoxe^ c^'est de prendre et tenir visà-^vis de soi*méme Tengageinent de ne jamais sacrifier Técononûe politique à la démocratie^ non plus que la démocratie à Téconomie politi* que; c'est enfin d'aborder, parmi les problèmes sociaux , ceux qui sont obscurs et près* sants, et de fournir ou préconiser de chacun d'eux une solution telle que la démocratie disant : — Jeraccepte, Téconomie politique soit forcée de dire : — Je la sanctionne.

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Voilà, dîs-je, une ligne de conduite qu'il est, à mes yeux, très-ihalàisé et, par cela même, très-beau de poursuivre. Quoi qu'on en pense, au surplus, cette ligne es! celle qui me fut tracée dès le premier jour où je formai la résolution de prendre ma part des préoccupations et des efforts de mon siècle, et à laquelle je me suis tenu, pendant plusieurs années,

avec persévérance. La première question qui s'offrit à mes recherches, et à laquelle je tentai de faire une réponse qui pût passer pour aussi largement satisfaisante au point de vue de la démocratie que solidement fondée en économie politique, fut Celle deTimpôt. Les théories que j'ai professées sur ce sujet n'ont pas ému le public, jusqu'auquel il est vrai qu'elles ne sont guère parvenues, et elles n'ont été jugées que très-superficiellement par un fort petit nombre de critiques, démocrates ou économistes, desquels les premiers me renvoyèrent sans examen parmi cette secte

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que M. Proudhon dénonce en tatf^se comme ce malthusienne, fataliste et aléixioîre, » et les seconds me considérèrent à première Tue comme éminemment suspect de socialisme.

Ce résultat/ bien que médiocrement brillant, ne me désola point outre mesure. Il me parut que rindifférence du public pour mes idées s'expliquait « à la rigueur, par les circonstances d'une époque et d'un milieu plus hostiles qu'on ne peut se l'imaginer à l'étude sérieuse des questions sociales ; et quant aux dispositions respectives des démocrates et des économistes à mon égard, bien loin qu'elles fussent pour moi imprévues et décourageantes^ je les trouvai plutôt de nature à prouver que je m'étais maintenu fermement dans ma voie.

Je me remis donc, en attendant des temps meilleurs, à mes études, avec une ardeur dont la récompense ne s'est pas fait attendre. Bientôt, en effet, se manifesta à tous les yeux

le magnifique mouvement d'association coopé* rative qui, depuis vingt ans, allait grandissant et se propageant en Angleterre , en France, en Allemagne, et que nous révéla surtout l'ouvrage de MM. Batbie etHorn sur le Crêpait populaire. Du premier coup d'œil je n'hésitai point à reconnaître dans ce mouvement ce double caractère et ce double intérêt économique et démocratique à la fois que j^eusse voulu voir prendre à la réforme de l'impôt • Seulement, il s'agissait ici non plus d'entraîner l'opinion, par une théorie neuve, abstraite et ardue, sur le terrain escarpé et brûlant de la distribution de la richesse sociale, mais simplement de continuer une expérience déjà commencée, au milieu de l'attention et de la sympathie générales, dans le domaine bien moins redoutable et bien plus accessible de la production de cette richesse. Combien ces circonstances n'étaient^elles pas séduisantes ! Peu de personnes, je crois, seront à même

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