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de se figurer ce (pie fut uoeocoasioa de cette nature pour ùa homme de la génération sslt crifiée à laquelle j'appartiens, et animé des sentiments que je viens d'exprimer. Je cr&ins qo'il ne paraisse malséant de mêler ainsi des ' coniidences personnelles au réqit de faits que l'histoire attend pour les enregistrer. Pourtant, et puisque j*ai tant fait que d'entrer dans ces détails, qu'on me permette de dire encore qu'après avoir donné d'abord à l'étude du mouvement coopératif tous les moments que jeréservais à la science, j'ai fini par consacrer, déplus, à son extension pratique tout le temps que je réservais à d'autres affeiires» de telle sorte que je lui appartiens maintenant tout entier et sans réserve.
Tel fut donc l'entraînement sous l'empire duquel ont été faites les trois leçons qui sont fidèlement reproduites dans ce petit volume. Elles ont été faites — et c'est à quoi précisément j'en voulais venir — en présence d'un
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auditoire composé d'hommes dont les noms sont chers à Téconomie poUtiqae, et dont les tendances dominantes sont franchement conservatrices, et d'autres, en majorité, dont les dispositions connues sont plutôt progressistes, et chez lesquels rattachement à la démocratie se confond avec le sentiment si naturel et si légitime de leur propre défense. Eh bien, je ne crains point d*être démenti par aucun d'eux , économistes ou démocrates, si j'affirme que, par eux tous, ma pensée était constamment devinée, saiide et approuvée, avant même, en quelque sorte, que j'eusse achevé de l'exposer ; qu'entre eux tous et moi n'a cessé de régner l'entente la plus intime et la plus complète. Au moins que Ton ne se méprenne point sur ma pensée I Ce n'est pas mon succès qui me préoccupe, c'est celui de l'association populaire auprès de la démocratie et, en même temps, auprès de l'économie politique. Ce qui me tonche et m'émeut,
c'est que se présente enfin une question ayant assez d'attaches avec la science pour être accueillie par des économistes avec sa portée démocratique, et donnant assez de garanties
au progrès pour être accueillie par des démocrates sous son aspect économique ; c'est que s'offre enfin un terrain où l'économie politique et la démocratie se rencontrent, se donnent la main et unissent leurs destinées.
Voilà le fait que je tiens à constater. Ce sera l'honneur des hardis pionniers de Rochdale, des intelligents coopérateurs parisiens , des vaillants sèlbstkûlfers de Delitsch d'en avoir préparé l'éclatante apparition. Je désire que ce soit simplement le mérite de cet opuscule d'en fournir l'exacte mesure.
C'est là, si je ne me trompe, un fait considérable et dont il est essentiel que l'importance soit bien sentie. Le terrain commun dont je parle est assurément assez large; il est certain toutefois que, d'un côté et de l'autre, la peirte
est rapide. Si ceux qui chercheront à s'y pla* cerne se gardent pas avec soin, les uns d'une économie politique étroite et arriérée, et les au* très d'une démocratie ignorante et téméraire, ils se retrouveront bientôt plus éloignés et plus ennemis les uns des autres que par le passé/ J'entends d'ici ces gens qui n'auront pas su faire au mouvement coopératif le mutuel saerifiee de leurs préjugés soit de violences à exercer contre le capital, soit de méfiance à té* moigner au travail, se séparer en échangeant les vieilles accusations de a réactionnaires entêtés ^ et de oc dangereux socialistes. » Songeons combien le rôle de conciliateur est ingrat quand une fois ces personnages occupent la acène ; sachons ne pas la leur laisser envahir, etmarchons sans eux à notre but qui est, après tout, le but véritable de l'activité intellectuelle et politique de Thumanité. N'est-ce donc pas, en e£fet^ une seule et même chose, en somme, que d'une part la saine démocratie désire et
a droit d'obtenir» et que d'autre part réconomie politique digue de ce n(mi recherche et a les moyens de lui donner ? A gui fera-t-on croire que la science des Turgoti d^ A. Smkh, des J.-B. Say» n'est qu'un ramas de fictions chimériques et d oiseuses futilités ? Et à qxd persuadera-t-on pareillement qu'il n'y a qua folles prétentions et plaintes enyieuses au fond des réclamations élevées par tant de millions de trayailleurs dont les sueurs arrosent et tran^rment le monde ?
J'en dirais trop long sur ce sujet, qui ^ celui de mes constantes méditations, si je laissais courir ma plume sur le papier. Je me; souviens que le moment est venu pour moi non plusde parler, mais d'agir, et je me borne, pour finir, à compléter ma peosée par un exemple.
Le corps social m'apparalt comme un malade, d'une constitution en réalité robuste et qui s'est constamment améliorée^ mais cbear
lequel persistent encore une maigreur extrême et des douleur» cruelles dans certains membres.
Ce malade a un ami, <— c'est la démocratie, — d'une semibiUté vive et impétueuse, qui ne se résigne point à le voir ainsi faible et souffrant, au dire duquel on le devrait guérir du jour au lendemain , fût-ce au prix dé quelque drogue énergique ou de quelque grave opération, qui même prendrait sur lui, si on ne l'arrêtait/ de faire cet essai d'une médieamentation périlleuse*
Le malade en question est traité par un médecin, — c'est l'économie politique, — qui le soigne depuis peu et lui a déjà procuré un notable soulagement. Ce médecin a longuemei^ interrogé son malade sur son état et sur ses antécfédents. Il s'est enquis avec smn des cas analogues. Connaissant les organes, leur structure anatomique, leur jeu physiologique, il recherche l'origine, la na-
ture et retendue du trouble des fonctions vitales. Mais peut-être, à vrai dire, est-il mû par une curiosité moins philanthropique que scientifique, et s'intéresse-t-il plus à la maladie qu'au malade. Ou peut-être la difficulté de la cure Tembarrasse-t-elle quelquefois. Il lui serait arrivé, prétend-on, de dire qu'au surplus si son malade avait ainsi vécu jusqu'ici, rien n'empêchait qu'il vécût encore pendant longtemps delà même manière
Ces propos ont exaspéré l'ami de qui les tentatives n'ont pas moins irrité le médecin. Ces deux hommes se sont qualifiés réciproquement de pédant sans entrailles et de fou déraisonnable. Ce que voyant , notre malade a été sur le point de les congédier tous les deux. S'ils veulent cependant s'accorder et s'entr' aider, mettre en commun leurs lumières et leur dévouement, le mal assurément sera vaincu. La cause en sera reconnue et le remède appliqué. Et le malade, guéri défîniti-
vement, vivra de longues années, pendant lesquelles il ne cessera de leur témoigner à tous deux son affection, son estime et sa gratitude.
Paris, mai 1865.
PREMIÈRE LEÇON
DU PRINCaPE ÉCONOMIQUE DES ASSOCIATIONS POPULAIRES OU SOCIÉTÉS DE COOPÉRATION.
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PREMIÈRE LEÇON
DIT PRINCIPE F^GONOMiaUB DES ASSOCIATIONS POPUIAIBES