SB
t Soit pour trois mois un total de 19414 fr. 50 c.
• Nous savons que le nombre des participants a été de 359 . Ce serait une moyenne 'environ 54 fr. 60 c. par tète. Les 387 ouvriers sans travail (du 1" janvier au 31 îars) se répartissent ainsi qu'il suit :
€ A) Au point de vue de la nationalité : Suisses, 276 ; étrangers, 111 .
< B) Au point de vue de h profession :
journaliers, hommes de peine. . 198
Travailleurs du bâtiment .... 105
Commissionnaires 16
Travailleurs du vêtement. ... 13
Commis 9
Travailleurs du livre 6
Domestiques 5
A pp ré leurs 4
Dessinateurs . 3
Professions diverses 28
Total. . . . 387
( C) 270 étaient mariés, 89 célibataires, 26 veufs et 2 divorcés, f Cotisations et subvention communale. — Les ressources de la caisse d'assurance e composent, on le sait, des cotisations des assurés et des subventions de la commune, c Le paiement de la cotisation est constaté par l'apposition sur le livret de tim-
Juillet. . . .
Août ....
Septembre. .
Octobre . . .
Novembre . .
bres, représentant les cotisations hebdomadaires de 15, 20 et 30 centimes correspondant aux salaires de 3, 4 et 5 fr. Ces timbres sont apposés et oblitérés par les employés du bureau d'assurance. Des timbres constatent également la situation des assurés dispensés de payer leur cotisation comme malades ou sans travail. »
c Voici le tableau des cotisations reçues pendant chacun des neuf premiers mois :
Décembre ... 1 780,15
Janvier .... 2545,15
Février , . . . 1 344,10
Mars 1626,60
« Au total, 16402 fr. 95 c. du 1 er juillet au 34 mars 4896. Ces chiffres montrent avec quelle irrégularité les cotisations sont payées.
« Aujourd'hui, on compte environ 4 300 assurés débiteurs de tout ou partie de primes échues jusqu'à la fin de février pour une somme d'environ 4000 fr. La loi permet de faire condamner les retardataires à l'amende, mais on n'a pas jusqu'à présent fait usage de cette faculté. La subvention de la commune est de 2 fr. par assuré .
« Elle montera donc, cette année, à 6 000 fr. Sur cette somme, 4000 fr. ont déjà été versés. Cette subvention permettra, semble-t-il, d'équilibrer le budget de cette année. Mais si Ton veut juger exactement la situation financière, il ne faut pas oublier que les étrangers non domiciliés n'ayant pas encore payé pendant douze mois les cotisations statutaires, n'ont pu, cette année , réclamer le secours à la caisse d'assurance »
Enfin, les résultats définitifs et derniers de l'assurance obligatoire contre le chômage à Saint-Gall, en 1895, sont les suivants :
Le nombre total des assurés, au 30 juin 1896, s'élevait à 4220 et comprenait 2 645 sujets suisses et 1 605 étrangers.
Les trois classes de salaires renfermaient respectivement :
Classe 1 (salaire journalier inférieur ou égal à 3 fr.) . Classe II (salaire journalier inférieur ou égal à 4 fr.). Classe III (salaire journalier inférieur à 5 fr.). . . .
Total. . . .
Assuré*.
Les cotisations, qui sont fixées à 15, 20 et 30 centimes par semaine, suivant la classe, se sont montées à 24 674 fr. En voici le détail par mois :
Juillet (1895) Août. » . .
Septembre .
Octobre . .
Novembre .
Décembre. .
Janvier (1896) .
Février. . . .
Mars
Avril
Mai
Juin
Les variations mensuelles qu'indiquent ces chiffres ne proviennent pas seulement des fluctuations concomitantes du nombre des assurés, elles sont aussi l'indice
Parties
prenantes.
io m
des variations de l'activité ouvrière dues au chômage lui-même et des retards apportés au paiement des cotisations par les intéressés.
Les subventions des communes qui sont de 2 fr. par tête assurée ont produit 4000 fr. de recettes seulement. La subvention cantonale, fixée par la loi, a été de 5 000 fr. Les indemnités de chômage se sont élevées à 23 504 fr. ainsi répartis :
Janvier (1896). . . .
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Total ..... 23 504' à 2345
L'indemnité de chômage qui n'est due qu'après six mois de cotisation au moins est payée par semaine. Le nombre de 2 345 parties prenantes qui figure ci-dessus, ne représente que le nombre total de ces indemnités hebdomadaires. En réalité, le nombre des chômeurs s'est monté à 430, dont : 287, en janvier ; 78, en février ; 23, en mars ; 28, en avril ; 7, en mai ; 7, en juin.
L'indemnité moyenne allouée par tête a, par suite, été de 54 fr. 65 c
Cette première année d'essai n'avait, parait-il, pas donné des résultats satisfaisants, mais l'administration avait cependant l'intention de continuer sa tentative pendant une année encore dans l'espoir que le but de l'institution, éminemment avantageuse pour les intérêts de la classe ouvrière, serait mieux apprécié, et que celle-ci apporterait un concours plus chaleureux qu'au début à une œuvre dont elle seule avait à recevoir le bénéfice. Cependant, il résulte du rapport publié par M. E. Hoffmann que l'existence de la caisse municipale contre le chômage ne pourra être maintenue, par la raison essentielle que les ouvriers dont les occupations ne sont pas sujettes à des chômages périodiques, se refusent à payer encore la contribution de 10 fr. 40 c. ou de 15 fr. 70 c. à laquelle ils sont soumis. Ces opposants ont voté contre la proposition de l'administration municipale tendant à continuer l'essai de la caisse pendant une seconde année.
Le rapporteur ajoute qu'une autre circonstance, défavorable à la continuation de l'épreuve, résulte de l'idée qui s'est enracinée dans l'esprit des ouvriers qui ont profité des indemnités réparties à la suite de l'interruption de leurs travaux, que la caisse fonctionnait comme une simple annexe du bureau de bienfaisance.
M. E. Hoffmann conclut en conseillant de restreindre l'assurance en la limitant à un petit nombre de métiers et, notamment, à ceux dont les occupations ne s'exercent activement qu'à certaines époques de l'année. Il recommande un appel aux patrons, la retenue par ceux-ci du montant de la cotisation sur le salaire de leurs ouvriers, des contributions plus élevées de l'État et de la ville, et enfin, il demande que les ouvriers participent à l'élection du directeur de la caisse d'assurance contre le chômage.
III. — À) Le gouvernement du canton de Bâle a fait paraître dernièrement le rapport de la commission chargée, le 14 mars 1895, par le grand Conseil d'étudier le projet de loi sur l'assurance contre le chômage (1).
(1) Ces renseignements proviennent de l'Office du travail et de son Bulletin mensuel.
D'après le projet du gouvernement modifié par la commission, l'administration de l'établissement d'assurance sera confiée à un administrateur et à une commission composée de 9 membres. Le président est désigné par le conseil du gouvernement, 3 membres sont élus par les patrons tenus à une cotisation, et 5 par les ouvriers ou ouvrières, tant nationaux qu'étrangers tenus de s'assurer.
Les frais d'administration de la caisse sont supportés par l'État, qui lui alloue en outre une subvention annuelle de 25000 fr.
L'institution couvrirait tout le canton.
Une première difficulté fut de savoir si l'on devait soumettre à la loi les personnes travaillant dans les établissements du canton, mais habitant en dehors. Une statistique de décembre dernier montre en effet que sur 10000 ouvriers travaillant dans le canton, près de 5300 demeurent en dehors, de telle sorte que, d'après les évaluations de la commission, pour 1 850 chômeurs par an, demeurant dans le canton, on en aurait environ 1 650 domiciliés en dehors.
Devant ces chiffres considérables, la commission prévoyant trop de difficultés, tant dans le contrôle des cotisations que dans celui des chômeurs, a renoncé à comprendre dans l'assurance les ouvriers demeurant au dehors, mais, par contre, elle y a compris les ouvriers du canton occupés dans les industries du voisinage.
Sont obligés de s'assurer tous les travailleurs non chefs d'industrie, habitant le territoire du canton de Bàle- Ville, qui y travaillent dans les industries soumises a la loi fédérale du 23 mars 4877, ou qui y sont occupés dans les constructions ou travaux de terrassement, à partir de l'âge de 14 ans révolus.
Les assurés se divisent en trois groupes: 1 er groupe, les ouvriers des industries soumis à la loi sur les fabriques, qui n'appartiennent pas à l'industrie des constructions ; 2 e groupe, les ouvriers de la construction, des catégories les moins exposés au chômage régulier; 3 e groupe, les autres ouvriers de la construction dont le travail est subordonné aux conditions climatologiques.
Au point de vue de la cotisation, les assurés sont divisés en trois classes : l re classe, ceux dont le salaire hebdomadaire est de 15 fr. et au-dessous; 2 e classe, ceux dont le salaire hebdomadaire est de 15 à 24 fr. inclusivement; et 3' classe, ceux dont le salaire est supérieur à 24 fr. Les cotisations payées hebdomadairement sont réglées ainsi qu'il suit :
Pour le 1 er groupe.
Pour le 2 — .
Pour le 3* — .
La cotisation du patron s'élève pour chacun de ses ouvriers assurés du 1 er groupe à 10, et des 2 e et 3 e groupes à fr. 20 c. par semaine. Les cotisations sont versées toutes les quatre semaines par les patrons, qui retiennent aux ouvriers la portion qui leur incombe.
Sont dispensés du paiement de la cotisation, outre les insolvables, l'ouvrier en chômage fixe ou ayant chômé plus de trois jours par semaine, l'ouvrier malade ou blessé qui ne touche pas son plein salaire en vertu de la loi sur la responsabilité civile, le patron dont l'ouvrier est en chômage. Tout assuré a droit à l'assistance après un an de cotisation; ceux qui avant de devenir membres ont déjà demeuré un
ice cloue.
2e classe.
8* classe.
an dans le canton acquièrent ce droit au bout de six mois ; toutefois, l'assistance n'est pas due dans les cas suivants :
a) Si le chômage est la conséquence de la grève, pendant la durée de cette grève; b) si le chômage provient de l'abandon volontaire de sa place ; c) si le chômage est la conséquence d'une conduite de l'assuré autorisant, d'après les dispositions du droit, des obligations et de la loi sur les fabriques, son renvoi immédiat; d) quand le manque de travail est la conséquence de la maladie ou d'un accident ; e) quand l'assuré, au commencement du chômage, a payé à la caisse moins de vingt-six semaines de cotisation; /) quand l'assuré refuse sans motifs sérieux une place de travail qui lui est offerte.
De plus, l'institut de l'assurance ne doit pas offrir aux ouvriers sans travail des places qui sont devenues libres par suite de grève des ouvriers ou de lock-out des patrons.
Dans le cours d'une même année, un membre a le droit d'être secouru pendant 91 jours de chômage. L'assuré sans travail qui accepte une place hors du canton perd sa qualité de membre, mais a, par contre, le droit d'obtenir une indemnité pour la route et la nourriture. L'indemnité de route consiste dans le remboursement des frais de voyage de l'ouvrier sans travail et de sa famille, si elle se rend avec lui à l'endroit de sa nouvelle place. Cependant, l'indemnité de route n'est accordée que jusqu'à une distance de 200 kilomètres au maximum. L'indemnité de nourriture est de 1 fr. par jour de voyage pour l'assuré lui-même et de fr. 50 c. pour chaque autre membre de sa famille. 11 n'est pas alloué d'autres frais pour déménagement.
Un assuré qui, dans le coure d'une année, a reçu pendant 50 jours ou plus longtemps le secours de chômage n'a, l'année suivante, droit à recevoir des secours de la caisse que si, à compter du jour où il a reçu le dernier secours, il a été occupé 26 semaines eu moins, et s'il a pendant le même temps payé des cotisations à la caisse de l'établissement d'assurance. Pour favoriser les ouvriers sans travail, une période de secoure se répartïssant sur deux années sera comptée comme tombant entièrement dans la première année.
Les ouvriers sans travail qui reçoivent des secours d'une assurance contre la maladie ou les accidents n'ont aucun droit pendant la durée de ce secours à être assistés par l'établissement de l'assurance-chômage. Les membres qui, par suite de ralentissement du travail, touchent la moitié ou un peu plus de la moitié de la moyenne de leur salaire ne doivent pas être considérés comme étant en chômage.
Par contre, tous ceux qui touchent moins de la moitié de leur salaire ont droit aux deux tiers du secours des ouvriers sans travail.
Le montant des secours accordés est réglé de la façon suivante : l'institut d'assurance accorde aux assurés de la l re classe de salaire, en cas de chômage :
a) Un secours quotidien de fr. 80 c. au membre non marié ou veuf ou à la veuve sans enfants au-dessous de quatorze ans ou à la femme mariée ;
b) Un secours quotidien de 1 fr. 20 c. au veuf avec un ou plus d'un enfant audessous de quatorze ans en tant que sa femme n'occupe pas en même temps une place de travail qui lui donne une occupation régulière, complète, quotidienne ou ne reçoit pas elle-même un secours; dans lesquels derniers cas, l'homme marié ne reçoit que fr. 80 c;
c) Un secours quotidien de 1 fr. 50 c. à l'homme marié avec plus d'un enfant
au-dessous de quatorze ans, en tant que sa femme n'a pas en même temps une place de travail lui donnant une occupation régulière, pleine, journalière ou ne reçoit pas elle-même un secours de chômage, dans lesquels derniers cas l'homiùe marié ne reçoit que 4 fr. 20 c.
Dans la $• classe, les secours sont réglés pour les catégories À, B et C, à fr. 90 c. , 4 fr. 40 c, 4 fr. 70 c. ou 1 fr. 40 c; et pour la 3* classe à 1 fr., 1 fr. 50 c, 2 fr. ou 4 fr. 50 c.
D'après les prévisions établies, le compte de recettes et des dépenses de l'institution sera le suivant :
Beeettet. Dépensa.
1 er groupe. . . 96886 52*584
Total. . . 456941 436 846
Le 4 ,r groupe donne un excédent de recettes sur les dépenses. Les deux derniers groupes donnent un déficit qui sera couvert par la contribution de l'État, fixée à 25000 fr. et l'excédent de recettes du 4" groupe sera versé au fonds de réserve.
Le fonds de réserve sera alimenté par les excédents généraux de recettes, s'il en produit, jusqu'à ce qu'il ait atteint 200000 fr. Dès que ce chiffre sera obtenu, le conseil du gouvernement présentera au grand Conseil des propositions pour diminuer les cotisations des assurés et des patrons ou pour développer davantage les services à rendre par l'établissement. Si Ton constate un déficit à la fin de l'année, il sera tout d'abord couvert par le fonds de réserve. Si ce dernier ne suffit pas, l'État fera les avances nécessaires à l'établissement contre un intérêt fixé d'après les circonstances. Sitôt qu'il se présentera un déficit ou dès que l'excédent du compte de l'année ne suffira pas à alimenter suffisamment le fonds de réserve, le conseil du gouvernement présentera au grand Conseil les projets nécessaires pour augmenter les cotisations des assurés, des patrons et de l'État. Les cotisations des assurés ne peuvent pas être élevées seulement de leur côté.
L'État n'est pas tenu directement pour les obligations de l'établissement d'assurance. »
B. — A Zurich (4), le conseil municipal inscrit depuis plusieurs années au budget une somme de 5000 fr. destinée à venir en aide aux sans-travail. Cette somme est répartie par une commission dans laquelle les ouvriers sont largement représentés. Une salle chauffée est mise, durant l'hiver, à la disposition des victimes du chômage. Les secours, qui ne sont accordés qu'aux ouvriers établis à Zurich, consistent surtout en distributions de vivres et de comestibles, parfois aussi, mais plus rarement, en dons en argent, destinés à aider les insolvables à payer leur loyer.
Il est question, actuellement, de remplacer ce système d'assistance par une assurance obligatoire organisée sur le modèle bâlois. Dans sa séance du 40 janvier 4895, le conseil municipal de la ville de Zurich a chargé l'autorité executive de lui soumettre un projet d'assurance obligatoire contre le chômage ; jusqu'à présent ce projet n'a pas encore été publié et le système d'assistance a continué à fonctionner pendant l'hiver 4895-4896.
(I) L'ouvrage de M. Paul Vivier, docteur en droit, intitulé : l'Assurance contre le chômage involontaire, nous a permis de recueillir sur ce sujet ces documents très précis.
C. — A Lauzanne, la municipalité présentait, au commencement de janvier 1894, au conseil municipal, un rapport dans lequel elle exposait les mesures prises dans les autres villes suisses pour combattre le chômage involontaire et dans lequel elle annonçait qu'elle avait mis à l'étude la création d'une caisse d'assurance. Cependant elle n'a encore déposé, à l'heure actuelle, aucun projet et elle a continué de chercher à occuper les sans-travail durant l'hiver en leur faisant exécuter, pendant les mois de chômage, certains travaux de démolition et de terrassement.
D. — L'idée de l'assurance contre le chômage n'a pas encore été discutée à Genève. En revanche, il existe dans cette ville une société privée d'assistance par le travail qui a occupé, pendant l'année 1894-1895, plus de 1 000 ouvriers pendant un nombre de jours variable.
Ë. — Le Bulletin mensuel du Musée social s'occupe également de la question de l'assurance contre le chômage posée devant la Confédération. En voici un aperçu :
Le 29 août 1893, la chancellerie fédérale a reçu une demande d'initiative signée de 52387 citoyens suisses qui réclamaient l'introduction, dans la Constitution, d'un nouvel article ainsi conçu :
c Le droit à un travail suffisamment rétribué est reconnu à chaque citoyen suisse. La législation fédérale, celle des cantons et des communes doivent rendre ce droit effectif par tous les moyens possibles.
c En particulier, il y a lieu de prendre les mesures suivantes :
« a) De réduire les heures de travail dans le plus grand nombre de branches d'industrie dans le but de rendre le travail plus abondant;
c b) D'organiser des institutions telles que bourses de travail destinées à procurer du travail gratuitement à ceux qui en auront, besoin et que l'on placerait directement dans les mains des ouvriers;
c c) De protéger légalement les ouvriers contre les renvois injustifiés;
c d) D'assurer d'une façon suffisante les travailleurs contre les suites du chômage, soit au moyen d'une assurance publique, soit en assurant les ouvriers à des institutions privées à l'aide des ressources publiques;
c e) De protéger efficacement le droit d'association en faisant en sorte que la formation d'associations ayant pour but de défendre les intérêts des ouvriers contre les patrons ne soit jamais entravée, non plus que l'entrée dans ces associations;
c f) D'établir une juridiction officielle des ouvriers vis-à-vis de leurs patrons et d'organiser, d'une manière démocratique, le travail dans les fabriques et ateliers, notamment dans ceux de l'État et des communes. »
Cette proposition de re vision de la Constitution fédérale, connue sous le nom d'initiative du droit au travail, fut repoussée par le peuple suisse, le 3 juin 1894, par 308 289 non contre 75 880 oui sur 680 000 électeurs inscrits et par l'unanimité des vingt-deux cantons confédérés (1).
L'assemblée fédérale avait recommandé au peuple le rejet du projet de droit au travail émané de l'initiative populaire. Toutefois, désireuse de faire sortir de cette idée la réforme pratique qui pouvait y être renfermée, elle vota en juin 1894 le vœu suivant, à l'adresse du Conseil fédéral :
c Le Conseil fédéral est invité à présenter, après étude, un rapport sur la ques-
** ' ™ ™ ™ " ' " ' ■■■!!■■ — i*. ■ ■ ■ -— n i. ■■■■■■ .ii , M . . ^^^^^ . . M . , , . , M . ■ ^^.^m^—^^^m^^mmmm
(1) En Suisse, toute révision constitutionnelle doit, pour être acceptée, obtenir la double majorité des électeurs et des cantons.
tion de savoir si la Confédération pourrait coopérer aux bureaux officiels de placement et aux institutions d'assurances contre les conséquences du chômage involontaire et s'il serait désirable qu'elle le fît. »
A la suite de cette invitation, le Département fédéral de l'industrie a adressé à tous les gouvernements cantonaux et à un certain nombre de sociétés de commerçants, d'artisans et d'ouvriers, une circulaire pour leur demander s'ils croyaient possible l'organisation d'une assurance générale contre le chômage et s'ils estimaient que la Confédération pouvait intervenir dans cette question. Il les priait, en particulier, de faire porter leur enquête sur les points suivants :
« a) Causes, étendue et durée du chômage. Professions qui en sont le plus atteintes. Rapport entre le nombre des sans-travail et celui des ouvriers occupés pour chaque profession ;
« b) Existence et organisation des bureaux officiels de placement fonctionnant en Suisse et des institutions de prévoyance contre le chômage ;
« c) Une participation de la Confédération à ces institutions est-elle désirable ? Si oui, sous quelle forme et à quelles conditions ?
« d) Y a-t-il lieu de créer un bureau central qui relie entre eux les divers bureaux de placement ?
« e) Quel est le rôle que jouent dans cette question les associations professionnelles et leurs caisses de secours ?
« f) Traitement des étrangers. Doivent-ils être assimilés aux nationaux ? >
Les réponses à cette circulaire ne sont pas encore toutes parvenues au Département de l'industrie et parmi celles-ci un petit nombre seulement ont été publiées jusqu'à présent.
Ainsi, le canton de Bâle-campagne, essentiellement agricole, n'est pas d'avis de voir fonctionner l'assurance-chômage. La Société suisse des arts et manufactures, composée de petits patrons, énumère à ce propos de nombreuses propositions dont voici le résumé :
« 1° La Confédération doit faire dresser, d'après des règles uniformes, une statistique sérieuse du chômage ;
« 2° La Confédération, les cantons et les communes doivent encourager la fondation de bureaux officiels de placement ;
« 3° Les bureaux de placement doivent être soumis au contrôle de l'État;
« 4° Les bureaux de placement doivent créer des relations régulières entre eux afin de rétablir l'équilibre entre l'offre et la demande ;
« 5° Ces bureaux doivent adresser aux autorités des rapports périodiques sur les relations existant entre l'offre et la demande, sur le nombre des sans-travail, etc., etc. Ils seront les organes du contrôle pour l'assurance contre le chômage ;
« 6° Il faudrait chercher à adjoindre des chantiers de travail aux stations chargées de donner des secours en nature (Natural Verflegung) ;
« 7° La Confédération et les cantons doivent subventionner les colonies ouvrières;
« 8° La question de l'assurance contre le chômage ne peut trouver de solution rationnelle qu'en corrélation avec l'organisation de syndicats professionnels;
€ 9° En attendant, l'assurance contre le chômage doit être encouragée, autant que possible, par les autorités cantonales et municipales, d'accord avec les associations professionnelles. >
rciale de Zurich a résumé en ces Icrmcs sa réponse à la circuit de l'industrie :
ition doit prêter son appui à la création et à l'organisation de uvriers sans travail, bureaux de placement et d'assurance conallemand (Arbeitslosenbureaux) . Parmi ces bureaux, les uns itonaux et créés par les syndicats professionnels, les autres doiirganîsés par des communes, des districts, des cantons. Il n'est haque bureau s'occupe à la fois du placement et de l'assurance
t une bonne organisation des bureaux de placement. A cet effet,
t leur donner les compétences nécessaires et leur payer 25 p. 100
5 par l'offre et la demande du travail;
ion doit verser une subvention équitable aux caisses d'assurance
Cette assurance doit être organisée par les € Bureaux pour les
ail»;
tion exercera, au moyen d'un office central, le contrôle sur les
nt et d'assurance contre le chômage. >
iu commerce et de l'industrie a répondu au questionnaire du
al de l'industrie par un rapport de M. Schlinder-Haber, indus-
îe que dans la lutte contre le chômage l'essentiel est l'organisale l'offre et de la demande du travail, organisation qui, si elle nettra, dans beaucoup de cas, de procurer du travail à ceux qui
ulement , vient la création des caisses d'assurance contre le chô-
î fonder, pour chaque industrie, une caisse professionnelle de
lierait pour toute l'étendue de la Confédération.
: les journaliers qui n'appartiennent à aucune industrie spéciale
e grande caisse d'assurance générale. L'entrée dans l'une ou
aisses serait obligatoire pour tous les ouvriers âgés de plus de
tant moins de 2500 francs par an.
jurs (caisses professionnelles ou caisse générale) auraient pour
. travail à ceux qui n'en ont pas, au besoin en leur facilitant le l'autre ;
secours en argent ou en nature à ceux auxquels il serait impos- Iravail.
1er, les ouvriers, en général, ne sont pas partisans de l'assuranceluma Droz, ancien conseiller fédéral, qui a dirigé le Départenmerce et de l'industrie, a résumé son opinion en une lettre :elles institutions doivent surtout être organisées en vue de beprêtent pas à la généralisation que rêvent les patrons de l'État-
consultation qu'en Suisse, ce sont les cantons, les communes et de l'industrie privée qui devront résoudre le problème cliômmis actuellement aux législateurs et aux gouvernements.
France.
Pour traiter utilement cette question, il faut procéder par ordre et rechercher dans l'histoire l'évolution de l'embauchage et celle du placement, en laissant absolument de côté le chômage survenu pour cause de grève, autrement dit chômage volontaire. Nous procéderons ainsi :