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LES EXAMENS PÉRIODIQUES DE SANTÉ

Les Compagnies d’Assurances, par une incessante propagande, invitent d'autre part leurs affiliés à faire pratiquer des examens périodiques de santé. Des insti-

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tuts ont été créés à cet effet, par exemple l’Institut pour la Prolongation de la Vie, dirigé par le Docteur F. FINCK, à New-York. Cet organisme a une triple orientation : examen des personnes assurées sur la vie, examen des personnes qui se présentent spontanément, examen du personnel d’ateliers ou d’usines à la demande des chefs d’entreprises.

Le travail est organisé de façon à pratiquer un examen médical complet dans le plus bref délai. Une interrogation détaillée sur les antécédents personnels et héréditaires est suivie d’un examen physique et fonctionnel systématique. Puis le sujet passe tour à tour devant le neurologiste, l’ophtalmologiste, l’otorhinolaryngologiste et le dentiste. Eventuellement, il est fait appel à d’autres spécialistes. On complète naturellement par l’analyse des urines et on achève par une prise de sang en vue du dosage de l’urée sanguine, et de la recherche du BORDET WASSERMANN. Grâce à une organisation taylorisée, cet examen complet dure en moyerine une heure. L’examiné reçoit un protocole détaillé, ne contenant aucune indication sur le diagnostic ou le traitement, mais qui donne des conseils d'hygiène, ou, si un traitement est jugé nécessaire, qui recommande de consulter un médecin. L'Institut fait, sur la demande du malade, transmettre au praticien, les résultats de l’examen.

L'Institut pratique plus de 160.000 examens par an ; il s’est assuré la clientèle de près de quarante compagnies d'assurances. L’une d’elles, la Metropolitan, a calculé que chaque dollar versé à l’Institut, épargnait deux dollars en mortalité ; elle a enregistré en dix ans une baisse de 49,2 % du taux de mortalité par tuberculose parmi ses clients assujettis au contrôle sanitaire.

Une autre, la Guardian Life, constate que parmi 3.163 assurés qui se sont faits examiner à l’Institut pour la

Prolongation de la Vie, de 1914 à 1925, la mortalité a été inférieure de 23 % à la mortalité générale des assurés non examinés.

Enfin, une entreprise industrielle fait pratiquer un examen médical de mille ouvriers pendant trois années consécutives : la deuxième année, 38 % des défauts physiques précédemment constatés sont corrigés ; la troisième année, ce taux atteint 50,2 %.

Ces quelques exemples sont assez démonstratifs pour n’avoir pas besoin de longs commentaires. Ils soulignent avec assez de netteté, l’incontestable valeur des examens préventifs et la part prépondérante tenue par les compagnies d’assurances dans la protection de la Santé publique aux Etats-Unis.

Cette activité des compagnies d’assurances et des œuvres philanthropiques, jointe à l'effort financier de l'Etat et à des mesures prophylactiques rigoureuses, permet aux Etats-Unis de posséder un armement antituberculeux riche et puissant.

La situation sanitaire de ce pays est, d’ailleurs, extrêmement favorable, en ce qui concerne la tuberculose. Le taux de mortalité par tuberculose n’y était que de 8,08 pour 10.000, en 1927, avec une tendance très marquée à une rapide décroissance. La mortalité par tuberculose a, en effet, diminué de 18.6 pour cent, dans la décade 1900-1910, et de 32 pour cent, c’est-à-dire plus du double, durant la décade 1910-1920.

Il est incontestable que les brillants résultats obtenus sont, en grande partie, liés à la vague de prospérité qui a déferlé sur ce pays, depuis une vingtaine d’années, et qu'ils dépendent, sans doute, de l’amélioration du « standard of life >» de louvrier américain. Les voyageurs français, admirateurs ou détracteurs des Etats- Unis, qui nous ont récemment apporté leurs impressions,

Ses

nous ont tous longuement éclairé sur l’aisance des travailleurs de ce pays. Ils insistent aussi sur la vulgarisation des principes hygiéniques qui sont, là-bas, communément et spontanément appliqués.

Ces divers facteurs ne nous semblent pas négligeables, pour apprécier les quelques chiffres que nous venons de citer.

Il ne reste pas moins vrai que l’armement antituberculeux américain présente certaines particularités qui mériteraient une particulière attention, et qui sont susceptibles d'applications fructueuses, dans notre pays.

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