‹ Les Assurances Sociales et la Lutte AntituberculeuseChapitre 48 sur 83 · P0 EE · texte numérisé non relu

P0 EE

Ces dispensaires sont d’ailleurs de valeur technique différente. Si nombre d’entre eux possèdent un poste de radiologie et un microscope, beaucoup ne sont encore que de simples consultations. Aussi, l'effort des dernières années, a-t-il moins consisté dans la création de nombreux dispensaires, que dans l’amélioration de leur installation matérielle et technique et dans l’augmentation du nombre des consultations. C’est ainsi, qu’en 1929, 54 d’entre eux ont obtenu un appareil radiologique du Ministère de l’'Hygiène, à titre gratuit, sur le compte des prestations en nature. Enfin, pour la même année, les uns et les autres ont bénéficié, pour leur aménagement, de crédits de l'Etat, pour une somme globale de trois millions, provenant du produit de la taxe sur les cercles.

LES SANATORIUMS

À côté des dispensaires, organes de dépistage, les sanatoriums de cure, organes de traitement, représentent le deuxième échelon de l'armement antituberculeux.

On comprend, sous la dénomination de sanatoriums de cure, des établissements fermés, situés hors des villes, dans des conditions climatiques favorables, soit en

plaine, soit en montagne, où est pratiqué le traitement hygiéno-diététique de la tuberculose pulmonaire, avec surveillance et soins médicaux continus, et où ne sont reçus que des malades incurables ou nettement améliorables.

La loi Honnorat, du 7 septembre 1919, fixe les conditions de création et de fonctionnement de ces établissements et impose l’obligation, pour les départements, de faire entrer dans un sanatorium, les tuberculeux indigents et curables. Les lourdes charges qu’exigent la création et le fonctionnement d’un sanatorium, surtout à l'heure actuelle, ont retardé les réalisations et favorisé la formule du sanatorium interdépartemental.

On distingue, légalement, deux catégories de sanatorium de cure, les sanatoriums privés, qui appartiennent à des sociétés ou des particuliers, et sont soumis au décret du 10 août 1920 pour leur création et leur fonctionnement, et ne bénéficient pas des subventions de l'Etat, et les sanatoriums publics, qui sont gérés par l'Etat, les communes ou les établissements publics ; pour ceux-ci, l'Etat participe aux frais d’organisation et de fonctionnement, pourvu que les plans soient approuvés et que les conditions techniques exigées soient réalisées. D’autres sont des établissements assimilés aux sanatoriums publics, qui bénéficient des mêmes avantages, tout en étant gérés par des associations reconnues d'utilité publique, ou des sociétés de secours mutuels.

Nous aurons l’occasion d’insister longuement, dans un ‘chapitre ultérieur,» sur l’insuffisance notoire de nos ressources hospitalières pour les tuberculeux pulmonaires.

Notre armement antituberculeux comporte, en effet, à l’heure actuelle, 96 sanatoriums, dont 31 d’altitude et 65 de plaine, avec 9.558 lits. On compte encore 16 sana-

1/0 Ait

toriums-hôpitaux, avec 3.177 lits ; enfin, il y a environ 6.000 lits d’hôpitaux pour tuberculeux, dont plus de 2.000 pour la région parisienne. D'autre part, on compte 58 sanatoriums maritimes, avec 12.690 lits et 6 établissements héliothérapiques, avec 362 lits pour les tuberculoses chirurgicales. On peut donc évaluer, pratiquement, à 30.000 le nombre des lits de tuberculeux en France, dont moins de 20.000 pour tuberculeux pulmonaires. Or, le chiffre officiel de mortalité par tuberculose dans notre pays en 1926, était de 66.843, en chiffres absolus. Ce chiffre, en raison de limperfection des déclarations de décès, est considéré comme inférieur à la réalité, par nombre d’auteurs, particulièrement qualifiés, qui évaluent à 100.000 environ par an, le nombre des décès par tuberculose dans notre pays. On voit donc que nous sommes loin de la règle, qui demande un lit par décès pour tuberculose dans l’année.

À dire vrai, cette situation s’améliorera sans doute, à brève échéance. Le Ministère de l’Hygiène a, en effet, fait accepter par le gouvernement, tout un plan d’exécution, qui comporte, en première ligne, la création immédiate de 20.000 lits supplémentaires, à raison de 5.060 lits par an, pour malades atteints de tuberculose pulmonaire, ce qui nécessitera une dépense annuelle de 200 millions, dont 100 millions à la charge de l'Etat, et 100 millions à la charge des départements, communes ou collectivités privées.

Par ailleurs, les départements ont maintenant la possibilité de contracter des emprunts à longs termes, avec faibles intérêts, auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations, en conformité avec la législation sur les habitations à bon marché.

Enfin, le crédit inscrit au budget du Ministère de l’'Hygiène pour l’aménagement, l’agrandissement et la

réfection des sanatoriums, a été porté, pour 1930, de 24 à 40 millions.

Quant aux écoles sanitaires de rééducation professionnelle, elles sont à peu près inexistantes en France, puisqu'on n’en compte que quatre, avec 210 lits, et celles qui existent ne sont, en fait, que des maisons d’apprentissage pour adolescents. Là encore, nous aurons à montrer les insuffisances de notre armement, et l’importance de cette grave question, à laquelle nous avons réservé un chapitre spécial.

Page 1