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LA PRÉSERVATION DE L'ENFANCE

Il nous reste, pour donner une idée complète de notre armement antituberculeux, à passer rapidement en revue les œuvres de préservation de l'enfance.

L'école phtisiologique française, considérant à Juste titre que la préservation de l'enfant est à la base de toute lutte antituberculeuse, des efforts très importants ont été faits dans ce sens.

La protection de l’enfance comprend des œuvres de Placement familial (types Léon BERNARD pour nourrissons, et GRANCHER pour enfants) et les préventoriums.

‘Le placement familial varie, dans son application, suivant qu’il s’agit de la première ou de la seconde enfance.

Une œuvre privée, le Placement Familial des Tout- Petits s’est attachéé à isoler les nourrissons du foyer familial contaminé. Elle y parvient, lorsque la mère était connue durant la gestation, en plaçant le nourrisson dès sa naissance et après séparation immédiate de la mère malade : c’est la prophylaxie anténatale, de réalisation simple, et dont les résultats sont particuliè-

rement brillants, puisque l’enfant n’a eu aucun contact infectant. Mais souvent, l'enfant a subi déjà un certain degré de contamination familiale. Il n’est alors envoyé au placement familial, qu'après une période d’observation plus ou moins prolongée, qui permet de s’assurer que le nourrisson n’est pas atteint de tuberculose évolutive. Cette œuvre, créée par Mesdames SELIGMANN et SUSMANN, à l’instigation de MM. Léon BERNARD et DEBRÉ, a obtenu des résultats excellents, puisque la mortalité dans les centres de placement familial surveillé est inférieure à la mortalité générale des nourrissons de même âge.

Quant à l'Œuvre GRANCHER, elle s’adresse aux enfants de 3 à 12 ans. Elle les soustrait du contact de leurs parents tuberculeux et les place dans des familles saines de paysans, où ils se trouvent sous la surveillance dévouée de médecins de campagne. Les résultats de cet organisme sont magnifiques, puisque sur 2.500 enfants placés depuis 1903, qui ont fait l’objet d’un contrôle ultérieur, on ne compte que 7 cas de tuberculose, dont deux mortels. Les résultats économiques ne présentent pas un moindre intérêt, puisque le coût annuel d’un enfant placé ne dépassait pas 1.500 francs, en 1926.

Quant aux préventoriums, ils sont des établissements où des enfants, le plus souvent exposés à la contagion familiale, non fébricitants, non contagieux, atteints des formes initiales et curables de tuberculose extrapulmonaire sont soumis, en régime d’internat, à une hygiène spéciale, constituée par une alimentation surveillée, une aération continue et une association de repos et d'entraînement physique et intellectuel, respectivement dosés par la collaboration d’un médecin et d’un pédagogue.

Cette parfaite définition, acceptée par la Commission

permanente de préservation contre la tuberculose, indique que ces établissements sont de véritables sanatoriums d'enfants, puisqu'ils s'adressent à des malades curables.

Cette catégorie d'établissements, malgré des difficultés administratives nombreuses, sur lesquelles nous aurons le loisir de revenir ultérieurement, s’est largement développée en France, puisque l’on compte actuellement 154 préventoriums, dont 107 de plaine, 34 maritimes et 13 d’altitude, avec 12.900 lits.

Fels sont, rapidement passés en revue, les divers éléments de l'armement antituberculeux français. Si les lacunes que nous aurons à envisager dans les chapitres suivants sont nombreuses, il faut reconnaître cependant leffort intense accompli depuis une dizaine d’annces, et qui nous a permis de combler le retard de notre armement, vis-à-vis de celui des grandes nations civilisées.

Ces progrès ne peuvent être mieux mis en évidence que par le tableau suivant, extrait du rapport présenté par M. le Docteur ARNAUD, Directeur général, à la dernière Assemblée générale du Comité National de Défense contre la Tuberculose.

En 1918 Au 1er Janvier 1930 HÉÉDONSA ICS TT 70 avec 9.212 inscrits | 650 avec 488.137 ins. — 3,094 tuberc. — 211.953 tub.

Services hospitaliers d’iso-| quelques centaines JON EE NE dette 6.000 lits Sanatoriums-hôpitaux Pr 0 16 avec 3.177 lits Sanatoriums p' pulmonainaires .. 5 Cora: 9 avec 1183 lits 96 — 9,558 lits Prévéntoriumis 2:24. 0 154 — 12.881 lits Sanatoriums p' chirurgi- CAMES s DE AP PE : 3 5 avec 1.955 lits 58 — 12.689 lits Etablis. héliothérapiques . 0 02) lits

Soit 44.667 lits en 1929, au lieu de 3.138, en 1919.

Il y a mieux encore à faire, car si la mortalité par tuberculose de toutes formes a baissé dans d'importantes proportions, la France se classe encore dans les pays à mortalité élevée, puisque celle-ci est encore de 17,9 pour 10.000 habitants en 1926, contre 15 en Italie, 11,8 en Allemagne, 10,4 en Angleterre et 9,2 au Danemark.

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