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LE DISPENSAIRE CENTRE DE DIAGNOSTIC POUR LA CAISSE

Tout d’abord, le dispensaire est pour la caisse un centre de diagnostic. C’est, en effet, un organisme qui offre toutes les garanties techniques de par son installation matérielle et la présence d’un médecin spécialiste.

Les caisses auront donc tout intérêt à employer le dispensaire pour les examens bactériologiques et radiologiques plutôt que de s’en remettre à des officines privées qui, ne visant que leur propre bénéfice, grèveraient rapidement et lourdement les budgets des institutions d’assurances. C’est ce qu'ont fort bien compris les mutualités belges dont les conventions avec la Ligue Nationale belge contre ia Tuberculose, permettent de confier aux dispensaires de cette œuvre, leurs affiliés malades ou suspects.

Mais le dispensaire antituberculeux ne doit pas être un simple laboratoire ou un poste de radiologie mis à la disposition du praticien. Ce serait là une fâcheuse ten-

dance : nous avons vu, personnellement, des malades fréquemment envoyés dans des dispensaires en vue d’une simple analyse de crachats ou d’une radioscopie. Il y a dans cette manière d’agir, une incorrection vis-àvis du médecin du dispensaire qui doit être dans tous les cas tenu pour un médecin consultant, c’est-à-dire pour un spécialiste dont le rôle est de pratiquer un examen complet du malade et de donner un avis autorisé sur la conduite à tenir. Certes, le praticien peut ne pas tenir compte de cet avis. Il ne reste pas moins vrai que le travail du dispensaire forme un tout, examen clinique, radiologique et bactériologique, qu’on ne saurait disjoindre sans lui faire perdre toute sa valeur.

Par ailleurs, outre la précision de certains diagnostics, le médecin de dispensaire semble tout indiqué pour agir en qualité d’expert des affections pulmonaires.

Le $ 3 de l’article 7 de la loi, prévoit, nous l’avons déjà indiqué, qu’en cas de contestation entre malade et médecin, ou entre caisse et médecin, est constituée une commission composée du médecin traitant, d’un médecin désigné par la caisse et d’un médecin désigné par le juge de paix. De même, en cas d'incapacité permanente, le troisième médecin est désigné par le tribunal civil.

Il est de toute évidence qu’en cas d’affection pulmonaire, le médecin du dispensaire est particulièrement qualifié pour faire partie de cette commission, à titre d'expert.

LE DiSPENSAIRE CENTRE DE PLACEMENT F Le dispensaire centre de diagnostic, est aussi, tout naturellement, un centre de placement pour la caisse. En effet, nul mieux que le médecin du dispensaire ne saura porter un diagnostic d'indications sanatoriales et

sélectionner les malades justiciables d’un établissement de cures.

Nous avons, en étudiant l’armement antituberculeux alsacien, cité un rapport d’'Eber, médecin du sanatorium d’Aubure, en 1925, où celui-ci avait constaté que, sur une statistique de 122 cas, 49,7 % des malades envoyés au sanatorium n'étaient pas tuberculeux. Après examen approfondi et mise en observation de quelques jours, Eber constata, en effet, que 59 de ces malades n'étaient pas atteints de tuberculose et que, si la plupart avaient besoin de repos ou d’un traitement approprié, du moins leur présence dans un sanatorium de cure était injustifiée. Les affections les plus fréquemment rencontrées avaient été : obstructions nasales et affections rhinopharingées (38 cas), états basedowiens plus ou moins frustes (7 cas), affections gynécologiques (3 cas), etc...

On peut se rendre compte des dépenses faites inutilement par l’Institut d’Assurances-Invalidité d’Alsace-Lorraine. Si on fixe à deux mois au minimum le séjour en sanatorium de ces sujets qui, faute d’un examen médical très attentif auraient pu passer pour tuberculeux, et si lon évalue à 25 francs le prix de journée, la dépense aurait atteint 88.500 francs. En fait, la perte réelle aurait été moins élevée : la plupart de ces sujets avaient en effet besoin, soit d’un traitement médical approprié, soit d’une petite intervention opératoire (sur le rhinopharynx, presque toujours) ; opérations ou traitement qui pouvaient être légitimement suivies d’un bref séjour dans une station de convalescence. Mais la dépense occasionnée n’avait pas atteint, dans ce cas, la moitié des frais de séjour en sanatorium pendant deux mois.

Tout l'intérêt de cette’ statistique réside dans ce fait que tous ces malades avaient été envoyés en sanatorium par des médecins praticiens et que leurs dossiers étaient

presque toujours incomplets, les examens bactériologiques en particulier, faisant défaut dans la plupart des cas.

Les caisses doivent donc, dans leur propre intérêt, veiller à ce que les assurés envoyés à grands frais en sanatorium, soient scientifiquement sélectionnés : le dispensaire représente l’organe technique le plus apte à opérer ce triage, le médecin-chef du sanatorium jugeant en dernier ressort.

C’est ainsi que les mutualités belges ont confié aux dispensaires de la Ligue Nationale belge contre la Tuberculose, le soin d’opérer ce triage. C’est ainsi encore, que la plupart dés Instituts d’Assurances allemands ne décident l’admission en sanatorium qu’après avis du médecin phtisiologue du dispensaire voisin.

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