LE TRAVAIL AU SANATORIUM
Tout d’abord certains auteurs se sont plus particulierement attachés, à la suite de PATERSON, à considérer le travail comme partie intégrante de la cure sanatoriale. Sa méthode est appliquée dans de nombreux sanatoriums, et c’est sous son influence que la législation danoise fait obligation aux malades de fournir une certaine quantité de travail au sanatorium, suivant les prescriptions médicales. Outre les avantages d’ordre médical, sur lesquels nous n’avons pas à insister ici, il est incontestable que cette méthode permet aux malades de reprendre progressivement, et sans heurt, leur vie habituelle, et de passer ainsi insensiblement du sanatorium à l'atelier, à la ferme ou au bureau.
Mais ceci n’entre pas moins dans la question, plus générale, des soins à donner après la cure sanatoriale proprement dite. Car il y a, nous semble-t-il, une certaine confusion dans les termes. Partisans et adversaires de la méthode de PATERSON s’accordent à dire que dans tous les cas, la reprise du travail ne peut être tentée que chez
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des malades apyrétiques et stabilisés. Que ce travail soit repris au sanatorium même. ou dans une station de convalescence, la différence est minime. Toute la question consiste à se demander comment, une fois sorti d’un de ces établissements, l’ancien tuberculeux va pouvoir acquérir son indépendance économique et subvenir à ses propres besoins.
La question a été fort agitée dans le domaine théorique : mais il faut reconnaître que les applications ont été rares et le plus souvent désastreuses. Certes. on peut citer, et on cite toujours le célèbre villasc-sanatorium de Papworth en Angleterre ; on cite encore les colonies de travail créées par ROLLER à Leysin pour les osseux ; mais à part quelques rares succès, dûs sans doute surtout à linlassable dévouement d'hommes comme Var- RIER-JONES Ou ROLLER, il faut avouer que les déconvenues ont été beaucoup plus fréquentes que les réussites.
En France, même, quelques essais ont été tentés. Des colonies de réadaptation à la vie rurale. ouvertes pendant la guerre, ont été rapidement abandonnées pour des raisons financières. Plusieurs centres de rééducation, dont le principal est la colonie franco-britannique de Sillerv ne sont pas destinés à des adultes convalescents, mais à des enfants prédisposés : ce sont en réalité des centres d'apprentissage agricole. À part cela, il n°’v a rien. Les villages-sanatoriums d’altitude, type Passy- Praz-Contant ne sauraient donner le change : ce sont des sanatoriums où les malades sont logés dans des chà- Jets séparés, au liew d’être tous groupés dans un unique et vaste bâtiment.
Si donc le problème du placement des tuberculeux a reçu si peu de solutions satisfaisantes, et s’il est à peine entré jusqu’à présent dans le domaine de la pratique,
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c’est sans doute qu’il est extrêmement malaisé à résoudre.
Et, en effet, dès que l’on veut passer aux applications, toute une série de difficultés surgissent, inextricables.