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CONDITIONS DE RÉADAPTATION DU TUBERCULEUX

Il ne faut pas seulement au tuberculeux stabilisé, un travail répondant à certaines conditions ; il faut encore un genre de vie spécial et passablement coûteux. Logement, nourriture et autres contingences ont autant d’importance que le travail lui-même.

Le logement doit être vaste, aéré, orienté au sud, avec chambre indépendante pour l’ancien malade. La nourriture doit être saine, abondante, variée. Il importe encore que le travail se trouve à proximité du logement du tuberculeux. C’est une erreur que de recommander au tuberculeux de s’installer à la campagne pour venir travailler à la ville voisine. Que de fois avons-nous vu de malheureux convalescents qui croyaient bien faire en louant un petit pavillon de banlieue, alors que leur profession les appelait chaque jour à Paris. Le vovage d'aller et retour, long, fatigant dans les surchargés et: mal commodes trains de banlieue, leur. faisait perdre, et davantage, le bénéfice d’une nuit passée dans un air relativement pur.

Le tuberculeux ne saurait donc économiser sur sa nourriture et son logement qui lui reviendront plus . cher qu’à un travailleur ordinaire, et cependant son salaire sera moindre en raison de la plus faible capacité de travail.

Quant à la profession à exercer, son choix dépend de certains facteurs bien précis.

H faut en premier lieu procurer à chaque tuberculeux

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l'emploi qui lui permettra de donner son rendement maximum, c’est-à-dire où il sera le plus productif en se fatigant le moins possible. Il y a là une sorte d'équilibre à établir entre le facteur santé et le facteur rendement économique. Il est certain qu’il y a plus d'intérêt à verser une faible subvention au tuberculeux pour lui permettre de compléter son salaire insuffisant, plutôt que de l’ignorer quelque temps pour le voir revenir aggravé quelques mois plus tard, immobilisé par une rapide rechute.

L'organisation post-sanatoriale doit encore procurer au tuberculeux un emploi qui ne constitue pas un danger pour l'entourage. C’est là un obstacle parfois difficile à surmonter, surtout pour les femmes qui se placent souvent comme domestiques dans des maisons où il y a des enfants en bas-âge.

Enfin, il faut choisir des professions qui n’offrent pas de trop grandes incompatibilités avec les désidérata des employeurs. C’est ainsi que la grosse difficulté réside à trouver du travail pour quelques heures par jour seulement. Dans les professions industrielles, les employeurs refusent presque toujours l’entrée des ateliers aux convalescents de tuberculose qui immobilisent par exemple une machine-outil pour un travail de quatre ou cinq heures par jour, maximum autorisé par le médecin. De même, dans les campagnes, on hésite à engager un ancien tuberculeux qui aura, certes, des périodes de travail ralenti, mais duquel on pourra exiger quatorze et

‘seize heures de trawail par jour au moment des foins ou des vendanges par exemple.

Telles sont rapidement énumérées les principales difficultés qui se dressent lorsqu'on veut procurer du travail aux convalescents de tuberculose pulmonaire. Il nous reste à envisager, compte tenu des considérations

précédentes, les solutions qui nous paraissent les plus pratiques et les plus à la portée des Instituts d’Assurances qui verront bientôt se poser le problème.

Deux catégories de solutions : ou bien donner au tuberculeux un nouveau métier, plus conforme à son état de santé, ou bien lui chercher du travail, en rapport avec sa situation antérieure, et sans rééducation professionnelle préalable.

LEs CENTRES DE RÉÉDUCATION

Dans la première catégorie entrent les ateliers de rééducation et les colonies agricoles temporaires.

Les premiers doivent enseigner des métiers peu fatigants, mais le plus souvent minutieux et qui nécessitent une habileté manuelle et une faculté d'adaptation qui sont loin d’être le fait de la plupart des malades. C’est ainsi que les professions d’horloger, de coiffeur, de tvpographe, de tailleur en vêtements, sédentaires par excel. lence et très favorables aux tuberculeux, exigent un long apprentissage. Les professions de vannier, sabotier, menuisier, plus simples à exercer, exigent déjà, souvent des efforts musculaires plus grands. C’est pourquoi toutes ces professions ne peuvent être enseignées qu’à une minorité de malades.

Et d’ailleurs, ce métier une fois appris, il faut pouvoir l'exercer. Nous avons dit toutes les difficultés du placement des anciens malades dans des ateliers ordinaires. I faut donc créer des ateliers spéciaux. Il en existe quelques-uns en Angleterre (manufacture de cuirs de Spero) et aux Etats-Unis (usine de vêtements Altroshop de New- York) qui, paraît-il, équilibrent à peu près leur budget. Cette solution paraît donc avantageuse, mais il est certain que si elle est acceptable pour quelques-uns, elle ne saurait répondre aux besoins de la plupart des malades.

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