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On a pensé encore à orienter les convalescents vers les emplois agricoles. Partant du principe que le grand air est éminemment nécessaire aux tuberculeux, nombre de médecins ont inconsidérément envoyé leurs malades à la campagne, pour y chercher du travail. Or, presque toutes les professions agricoles sont très pénibles, et les résultats sont presque toujours désastreux.
Le principe de lenvoi du tuberculeux stabilisé à la campagne a complètement fait faillite, à moins bien entendu qu’on puisse lui procurer un emploi de tout repos tel que concierge d’une propriété, garde-barrière, par exemple. C’est pourquoi l’axiome : mieux vaut un ancien tuberculeux exerçant une profession sédentaire à Paris, qu’un métier pénible à la campagne, paraît comme un des principes les plus assurés de la phtisiologie moderne.
Donc les colonies d'enseignement agricole ne doivent apprendre aux anciens malades que des professions telles que l’horticulture et l'élevage sous toutes ses formes.
Mais, là encore, les difficultés de placement surgissent à la sortie du centre de rééducation. Au moment où, comme l’on dit, l’agriculture manque de bras, les propriétaires et les fermiers hésitent à embaucher des sujets qui ne pourront fournir qu’un effort modéré. La encore, il ne suffit pas de créer des colonies d’enseignement agricole, mais des colonies agricoles permanentes pour anciens tuberculeux.
C’est pourquoi les véritables succès en cette matière ont été obtenus par des entreprises qui comprennent tous les degrés de l’armement antituberculeux et qui, englobant les malades dans un cycle complet, ne leur offrent nulle tentation d’aller chercher péniblement ailleurs ce qu’on leur procure si aisément sur place.
PAPWORTH
C’est ce qu’a bien compris VARRIER-JONES en créant le village sanitaire de Papworth, dans le Comté de Cambrigde. Cet organisme autonome, vivant grâce aux subventions privées, comprend tous les éléments nécessaires à la cure et à l’existence de tuberculeux de toutes gravités.
À son arrivée, le malade est mis én observation à l’hôpital, qui reçoit même des tuberculeux avancés, à condition, toutefois, qu’on puisse espérer une amélioration et une reprise, même très partielle du travail. L’hôpital recueille encore les sujets qui ont vu leur état s’aggraver, durant leur séjour à Papworth. On ne renvoie, en effet, jamais un malade du village, parce que son état a empiré.
Après un court séjour d'observation à l’hôpital, l’arrivant passe au sanatorium où il suit la classique cure de repos ; puis il est soumis après un temps plus ou moins long et sous surveillance médicale au régime d’entraînement au travail. Si l'épreuve est favorable, il devient alors colon, habite l’hostel, où la discipline est moins sévère, et partage désormais son temps entre un travail modéré et des heures de repos. Enfin, après un certain délai, l’ancien malade peut louer un cottage et s’y installer avec sa famille, moyennant un loyer minime. Le tuberculeux pourra rester toute sa vie dans ce milieu, y vivre une existence quasi-normale, avec des conditions de travail salubres, et une constante surveillance médicale.
Les professions exercées à Papworth sont nombreuses. Peu de professions agricoles, pour ne pas surmener les anciens tuberculeux ; seuls sont admis l'élevage des
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volailles et des porcs, très prospère, et l’horticulture qui suffit aux besoins en légumes de toute l'installation. Par contre, diverses industries forment une entreprise commerciale florissante, ayant son magasin de vente à Londres. Les principales industries exercées sont : l’ébénisterie et la menuiserie ; l'imprimerie, très soignée, qui imprime entre autres, et fort bien, les livres ou brochures ayant trait au village-sanatorium ; la tapisserie, la fabrication des valises et mallettes ; enfin la fabrication des chaussures et la joaillerie réservées aux plus atteints.
Le nombre des travailleurs augmente chaque année de 11 en 1918 il est passé progressivement à 123 en 1927. Au point de vue économique, la plupart des malades ont acquis une indépendance à peu près complète : on a, en effet, évalué qu’un malade qui travaillait à Papworth, ne coûtait à l'institution que quatre livres sterling par an.
Papworth est incontestablement une merveilleuse réussite, qui a entraîné la construction de quelques autres villages sanitaires, Preston Hali et Borrow More Hall en Angleterre, la colonie de Sannum en Allemagne ; quelques autres aux Etats-Unis et en Hollande.
Mais encore une fois, et malgré l’éclatante démonstration de Papworth, il est à croire que les difficultés d'organisation et l’importance des capitaux à engager sont tels que bien peu d’institutions publiques ou privées osent en tenter l’expérience, puisque les réalisations sont si rares et les échecs si fréquents.
A plus forte raison, les caisses d’assurances françaises, ayant, dès leur fonctionnement, à faire face à des dépenses importantes, au point que l’on ne sait si leur équilibre financier pourra être assuré dès les premières années, ne sauraient-elles s'offrir le luxe de bâtir à grands frais des villages sanitaires modèles.
Nous en arrivons donc à envisager dés solutions moins
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onéreuses qui consistent à chercher du travail au tuberculeux, compte tenu, autant que faire se peut, de la profession qu’il exerçait avant de tomber malade.
Pour cela, il faut en premier lieu un bureau de placement, intermédiaire à l'employeur et à employé, et ensuite des emplois à pourvoir.