‹ Les Attitudes du Corps Comme Méthode d'examen, de diagnostic et de pronostic dans les maladies du cœurChapitre 20 sur 45 · I. — Souffle présystolique rendu distinct et dédoublement · texte numérisé non relu

I. — Souffle présystolique rendu distinct et dédoublement

Le malade B... dit P..., âgé de 58 ans, et couché au lit n° 5 dela salle Larochefoucauld, à Laënnec, présente une double lésion miitrale d’une très grande variabilité d'intensité suivant les époques; au point que lui-même nous dit, avec un certain orgueil, avoir servi d'énigme à bien des médecins et à bien des candidats.

La première fois que nous l’examinons, le 17 mai 1892, voici ce que nous constatons :

Demi-couché : bruits assez sourds; à la pointe, souffle systolique prolongé ; deuxième temps peu nettement dédoublé.

Couché horizontalement : bruits sourds mais mieux frappés ; souffle systolique précédé d’un léger souffle présystolique; le dédoublement apparait.

Relevé entièrement : tousles signes précédents sont plus intenses, bien distincts, bien scandés ; on a le ryhtme complet de la double lésion mitrale.

‘Nous avons revu ce malade une secondefois, le 21 juin. Il venait de rentrer à l'hôpital pour une menace d’asystolie. Dès qu’il s’agite vivement, il est pris de battements violents et rapides du. cœur et d’étouffements. ;

Demi-assis : les bruits sont excessivement sourds ; c’est tout au plus si on les perçoit suffisamment un peu en dehors du ma-

De: DR melon. Le premiér témps semble prolongé et le deuxième parfois dédoublé.

Le malade ne voulant pas se soumettre à l'attitude relevée à cause de son anhélation, nous l’examinons en :

Deémi-assis avec bras élevés seulement : bruits tout aussi sourds mais plus nets ; on distingue très bien un souffle présystolique, un souffle systolique et un dédoüblement du 1°’ temps.

Une troisième fois nous avons examiné ce même malade le 26 juin. Le repos ayant amené une diminution marquée des phénomènes d'intolérance cardiaque, il veut bien se mettre en attitude relevée. |

Demi-assis : bruits très sourds ; onentend un premier temps mal

défini et un second temps bref, ayant quelque tendance au dédou-.

blement.

Le malade avant fait plusieurs oscillations avec le tronc, on entend bien le dédoublèment et le souffle syStolique, mais pas de souffle présy$tolique distinct.

Relevé, genoux pliés : souffle présystolique, souffle systolique el dédoublement bien scandés, bien nets.

y, — Apparition d’un souffle systolique ; Souffle présystolique rendu distinét ; renforcement du dédoublement.

À la Charité, salle Piorry, lit 20, nous examinons, le 10 mai 1886, la malade S. M..., âgée de 17 ans, ayant eu uné attaque de rhumatisme il y à quinze jours.

Dépuis quelques jours, l’externe ‘entend de témps à autre un tout petit souffle systolique, outre les signes du rétrécissement.

Demi-couchée : à la pointe, 1e bruit sourd, prolongé; dédoublement net du 2° temps; souffle présystolique confondu avec ile 4er temps. Le dédoublement augmente d'intensité à la base.

Relévée, genoux pliés, même au bout de cinq minutes : souffle systolique-rude continu, souffle présystolique distinct, dédoublement très net, Le cœur s’est ralenti. Deux jours apres, le dia- -gnostic d'insuffisance mitrale a étè-confirmé dans le service.

V. — Renforcement du sôuffle systolique et du dédoublement; Apparition du.

“Souffle présystoliqu'e.

À Laënnec, salle La Rochefoucauld, lit 1, le 16 avril 1892, nous auscultons lé malade V... J.-B., âgé de 44 ans. On a toujours porté chez lui le diagnostic de double lésion mitràale. Mais il arrive

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