‹ Les Attitudes du Corps Comme Méthode d'examen, de diagnostic et de pronostic dans les maladies du cœurChapitre 29 sur 45 · PP OU · texte numérisé non relu

PP OU

du pouls et ensuite la fréquence des mouvements respiratoires.

Un cardiaque peut avoir de l'accélération du pouls en attitude relevée el présenter en même temps soit un pouls régulier et une respiration normale, soit des battements arythmiques et nulle modification respiratoire, soit enfin de l’arythmie et uneplus grande fréquenceide respiration.

Les deux premiers cas n'indiquent pas-d’une façon absolue la prochaine apparition de l’asystolie, le troisième en est au contraire la preuve certaine. Les Co lus de ce dernier cas peuvent indiquer aussi qu'un malade récemment compensé par le repos, la digitale, ou tout autre médicament cardiaque, est encore au déclin de son attaque. Il suffirait d’une cause perturbatrice un peu prolongée pour ramener chez lui l’asystolie. Or, l'attitude relevée, la compression des fémorales, sont des causes éminemment perturbatrices, etleur application temporaire suftit à déterminer dans un appareil circulatoire en équilibre instable, une rupture temporaire de cet équilibre, une véritable attaque d’asystolie momentanée, caractérisée par des battements rapides el irréguliers du cœur et de la dyspnée.

Tel est le cas de la malade que nous montra M. Chauffard. M

Tel est encore le cas d'un malade, âgé de 58 ans, entré à l'hôpital Léënnec, le 3 juin 4892. En position demi-couchée, on entendait un souffle intense au 1*temps à la pointe, signe d’une insuffisance mitrale. Les bruits étaient irréguliers, et le malade était alité parce qu'il était oppressé. — Au moment où nous l'examinons, son oppression est dissipée ; son pouls battait 60 à la minute. En position relevée, lés genoux pliés, l'oppression apparait, lés mouvemènts respiratoires sont plus rapides, l’arythmie est très augmentée ; le pouls bat à peine plus vite, 61 à la minute. Le souffle mitral est devenu bien plus intense. — Les tracés sphygemographiques ‘indiquent bien l'augmentation d'arythmie : tandis qu'en

— T5 — position couchée les pulsations les plus longues durent 0,8 et 0,5 de seconde et les plus courtes 0,5 de seconde ; en position relevée, les plus longues durent 15,08 et 1,15 et les plus courtes 0,58.

Ce mème malade, examine le 40 juin, après avoir été soumis à un traitement par la caféine, présentait, en position couchée, 50 pulsations à la minutes, très régulières, et aucune dyspnée. En position relevée, le pouls tombe à 46 ; au bout de deux minutes, il devient légèrement irrégulier, et le malide accuse une certaine gène respiratoire.

Chez ce malade, nous avons done pu prévoir lasystiolie et le retour à la compensation.

[l'en est ainsi chez une femme âgée de 44 ans, atteinte d'insuffisance mitrale et à peine remise d’une attaque d'asystolie. Cette femme, couchée demi-assise, au lit 8 de la salle Broca, à Laënnec,. a des battements du cœur assez forts, ils sont réguliers et de 102 à la minute. La respiration se fait à raison de 30 inspirations par minute, ce qui déjà dénote, avec la fréquence du pouls. un certain embarras de la circulation pulmonaire. En la mettant demi-couchée, les genoux pliés, et les bras élevés à 45°, le pouls reste à 102, mais devient arythmique ; la respiration s'accélère jusqu'à 35 à la minute, et la malade éprouve une certaine gène thoracique.

Nous pourrions multiplier les exemples d'influence de l'attitude relevée sur les cœurs à lésions valvulaires non compensées et compensées, au point de vue de la fréquence du pouls et de l’asystolie. Mais ceux-là suffisent.

Pour montrer d’ailleurs que l'accélération seule du . pouls ne peut pas -servir à la prévision de l’asystolie, et qu'il faut, en outre, avoir égard à son irrégularite et à la dyspnée, nous n'avons qu'à observer les attitudes diverses des malades qui sont sous la menace, en COUTS OU au 10 clin de l’asystolie.

. Gertains cardiaques, assis habituellement, entrent en asyslolie dès qu'ils se couchent. I] en est de même qui doivent être assis sur le bord de leur lit, avec les jambes pendantes quand ils sentent proche de l’asystolie.

Re

A ceux-ci il suffit de se coucher pour amener une explosion brusque et violente de l'attaque. Quant aux malades qui ne peuvent même pas rester assis, et sont condamnés à une station debout continuellement agitée, tout le monde se rappelle en avoir observé.

Cette conduite diverse des malades, en apparence insignifiante, est d’une importance pratique considérable, si on songe qu'un malade est d'autant plus gravement atteint et menacé d’une issue fatale, qu'il supporte avec plus de peine une altitude plus voisine de la verticale. C'est ainsi que l’on portera un pronostic moins fâcheux chez un cardiaque qui tolère aisément l'attitude couchée, que chez celui qui ne peut rester que demi-assis ou assis, et chez un cardiaque à qui l'attitude relevée, même assez prolongée, n’occasionne aucune gêne que chez celui à qui elle donne des étouffements, de l'angoisse thoracique, pes battements cardiaques irréethièns et rapides. AS

On voit par là que les attitudes des malades eux-mêmes peuvent servir au pronostic de leur maladie, et que les attitudes qu'on leur impose, telle que la Her peuvent servir d’épreuve à l’état de compensation de leur appareil circulaloire malade. Cette méthode d'épreuve par les atti- tudes du cœur est au moins aussi sûre, el en tout cas plus pratique, que celle préconisée par Handfield Jones et Bloch.

La première consiste à examiner les tracés du pouls avant et après une marche assez longue et un peu rapide,

Si après la marche, le pouls est devenu irrégulier, plus

dur et bien plus fréquent, et si en même temps il ést plus ‘influencé par les mouvements respiratoires, on peut diagnostiquer une lésion du cœur.

La deuxième détermine la lésion du cœur par la comparaison des retards de la radiale et de la carotide quand le bras est baissé ou levé. Chez lés gens sains, la différence Enire les retards, bras levé et bras baissé. serait

Se Tue insignifiante ; chez les cardiaques, elle serait considé- ÈS rable et alteindrait jusqu’à 6/100 de seconde. Si nous passons à l'examen de l'influence de l'attitude -sur la fréquence du pouls dans chaque lésion valvulaire en particulier quand elle est compensée, nous verrons, bien que nos observations ne soient pas assez nombreuses pour permettre une opinion décisive que, en position relevée, il y a ralentissement dans les lésions milrales, et plulôt accélération dans les lésions aortiques (1).

TRACÉS SHYGMOGRAPIHIQUES.

INSUFFISAMCE AORTIQUE.

Debout.

Relevé entièrement.

Ces résultats sont très intéressants, car ils son! pour ainsi dire en rapport étroit avec l’état de la tension san-

(1) Tous les tracés sphymographiques ont été a 7ec l'appareil de Dudgeon,

IN) HORS guine et des ventricules dans ces diverses lésions valvulaires.

Si maintenant nous considérons les lésions du cœur non valvulaire et ceiles de l'appareil circulatoire périphérique, nous constaterons qu'en générai la position relevée accélère ou ne ralentit pas le pouls dans : les myocardites aiguës ou subaiguës, dans l’hypertrophie cardiaque par mal de Bright, dans la sclérose. Ge sont précisément les cas où Graves et Schapiro ont constaté nettement l'effet inverse de la loi de Marey par l'attitude couchée ou la compression des artères crurales.

Mais ce qui nous a surtout frappé, c'est la presque constance avec laquelle l'attitude relevée accélère le pouls

‘déjà ‘très fréquent, dans le mal de Bright,'et. cela bien plus souvent que le décubitus dorsal, ‘par rapport à la position assise où debout : On oterait donc par ce seul

signe alors qu'il n'existe au cœur nulles traces dé lésions valvulaires, diagnostiquer à la fois le mal de Bright et l'hypertrophie. Ge signe cardiaque équivaudrait à celui

déiM. cle professeur: Polain, qui diagnostique presque. à “coupsûr le mal de Bright, quand il constate à l’aide de son

::sphygmomanomiètre, Ja tension sanguine exagérée dans la radiale. On pourrait même aller plus loin, ‘et

dire que plus la fréquence du pouls est accrue en décubitus dorsal ou en attitude relevée, plus le mal de Bright

est'accentué ; ét aussi que l'accroissement de fréquence

‘qui se fait déjà en décubitus dorsal : indique une lésion

plus marquée que celui qui ne se fait qu'en pen relevée.

Bien que nous manquions d'observations à cet égard, il est probable que lorsque dans le mal de Bright, s'ajoute à l’affollement du cœur en altitude relevée, de l’arythmie et de la dyspnée, on pourra prédire l'insuffisance du cœur et une attaque prochaine d’urémie.

Tels sont les résultats auxquels nous a fait parvenir

NE EN LE le l'étude de l'influence des différentes attitudes sur la

fréquence du pouls, chez les individus dont le cœur et la É circulation sont lésés.. En voici le résumé :

40 Chez les cardiaques bien plus souvent que chez les individus sains, on observe des exceptions à la loi des attitudes, c'ést-à dire que latlitude qui doit ralentir OCCA sionne au contraire une. ‘accélération du pouls.

DRE ordinaire, il y a ralentissement quand les lésions sara aires sont. compensées, et en particulier quand ce sont des. lésions mitrales. IL y à au contraire accélération quand les lésions valv laires ne sont pas com pensées, quand ce sont des lésions aortiques, quand F1] y a 1 myocardite plus ou moins aiguë, sclérose cardiaque,

PHYSIOLOGIE NORMALE ET PATHOLOGIQUE DU RENFORCEMENT DES BRUITS DU CŒUR ET DU RALENTISSEMENT DU POULS

Page 1