CHAPITRE VII
PHISIOLOGIE DE A FRÉQUENCE DU POULS À L’ÉTAT NORMAL SUIVANT LES ATTITUDES. — LA THÉORIE DE SES MODIFICATIONS. — POULS RÉGULIER ET IRRÉGULIER.
Depuis très longtemps on a remarqué que le pouls change de fréquence avec les attitudes. Mais ces simples remarques n'ont passé à l’état de fait avéré que du jour où on les a constatées sur un grand nombre d'individus en consignant les nombres rencontrés dans chaque attitude, suivant l’âge, le sexe, et l’état de santé.
Aussi ne ferons-nous que signaler Bryan Kobinson (1734), De Haen (1758), Falconer (1796).
Au commencement de ce siècle la question qui nous occupe, à été beaucoup et mieux étudiée chez l'homme sain et malade, surtout en Angleterre, par Mac Donnell (4835), Fe (1837), Blackley (4834), Graham (1837),Gru y (1838), Graves (1838), ne ea): Hohl (1857).
Jusqu'à cette époque la cause du ralentissement Croissant du pouls lorsqu'on passe de la position débout à la position assise et de celle-ci à: la position couchée, était attribuée par les uns à la diminution graduelle dé l tfort musculaire (Guy), par d’ autres aux positions différentes du cœur et des valvules, par d’autres enfin {A rnott) à l’action plus ou moins favorable de la pesanteur. Mais ceux cs avaient ohservé des cas contraires étaient plus
—: 116 — réservés el Graves dit même que lephénomène est inexphicable.
À partir de Marey (1863), la question change de face. Marey, en effet, attribue, à l’action plus ou moins favorable de la pesanteur sur la circulation artérielle, les variations de fréquence suivant l'attitude. Il le prouve par ce fait que sur 40 individus debout ou assis les bras pendants, le pouls s’est ralenti en moyenne de 8 pulsatons à la minute quand les bras sont élevés verticalement el sans efjort. Il montre alors que l’action défavorable de la pesanteur est analogue à la compression de l'aorte sur un cheval, car dans ce cas le cœur se ralentit aussi, et que son action favorable est analogue à une saignée car après celle-ci, comme Hales l'avait montré, le pouls s'accélère : un cheval dont le pouls est à 40, possède un pouls à 400 après une saignée; Collin a indiqué en outre que plus la saignée est abondante plus le pouls s'accélère.
De ces preuves et de bien d’autres, Marey constatant que la pression sanguine augmente quand le pouls se ralentit et diminue quand 1l s'accélère, en tira cette loi :
Le cœur bat d'autant plus vite qu'il éprouve moins de peine à se vider.
Autrement dit, plus les résistance artérielles s’accroissent, plus la tension augmente au niveau du cœur et plus celui-ci se ralentit. Marey attribue au cœur seul la propriété de réagir ainsi sous les variations de tensions, en l’assimilant à une machine qui doit fournir en un temps donné un travail donné, ce travail élan! effectué de façon variable suivant les résistances. C’est ce que nous avons vu à propos de la physiologie du renforcement des bruits du cœur.
La loi de Marey ne s'appliquant plus aux attitudes seulement, les physiologistes cherchèrent à la vérifier par diflérents moyens.