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Bientôt on fit deux objections à la loi de Marey. La première qui nous intéresse surtout est celle-ci : Dans les différentes attitudes le sang artériel est-il seul soumis aux effets de la pesanteur? Ne peut-on attribuer une grande partie de ces effets sur le ralentissement du pouls à la plus grande facilité d’afflux du sang veineux au cœur ?
La deuxième objection est encore plus importante pour la physiologie générale. Le cœur est-il seul à réagir aux variations de tension sanguine ? Le système nerveux n'est-il pas influencé, et le ralentissement ne doit-il pas lui être exclusivement attribué ?
Tous les auteurs qui ont étudié la tension suivant les diverses attitudes, soit chez les animaux soit chez l'homme, sont arrivés à conclure que la tension sanguine était minimum en station verticale sur les pieds, et de plus en plus forte en position assise, couchée horizontalement et en verticale tête en bas où elle est maximum. ] n’y a que Blumberg et Wagner, qui aient trouvé la tension maximum en position horizontale ; au delà et en deçà de cette position la tension diminue. Il est très facile de comprendre le résultat de ces deux auteurs quand on se rend compte de la façon singulière dont ils ont établi leurs expériences. Cependant eux aussi ont trouvé chez les animaux étudiés, le ralentissement graduel du pouls de la position verticale tête en haut à celle où la tête est en bas.
Les résultats auxquels nous sommes arrivés pour l'attitude relevée chez des gens sains, ne font que confirmer l’accord général. En position relevée la tension artérielle radiale prise à l’aide du sphygemomanomètre à air de M. le professeur Potain ou de celui à ressort métallique du docteur Chéron (1), à toujours été plus élevée qu’en position couchée ou horizontale. La différence a pu
(1), 11 nous a été prêté très obligeamment par M. Ch. Verdin.
être en plus de 2 à3 centimètres de mercure etmême davantage.
Cette augmentation de tension est-elle produite par la diminution de l’action favorable de la pesanteur sur le sang artériel, comme le croit Marey, ou plutôt par une augmentation de la facilité d’afflux au cœur du sang veineux ?
Friedmann prétend qu’elle est due aux effets combinés et inverses de la pesanteur sur les deux circulations artérielles et veineuses. Mais il croit que l'influence du sang veineux est prépondérante. Ses expériences de compression el de ligature des gros vaisseaux artériels et veineux isolément ou ensemble, ne semblent pas donner raison à cette dernière affirmation.
R5y va même plus loin. D’après ses recherches sur Je cœur de la grenouille il est amené à dire que le travail du cœur est en raison directe de la pression veineuse et surtout intra-auriculaire. C’est la force des contractions auriculaires qui règle le travail du cœur.
D’après les expériences de François’ Franck et de ceux qui ont étudié les modifications de la pression par des procédés différents de ceux des attitudes, nous sommes obligé d'attribuer dans l’augmentation de tension sanguine et dans le ralentissement du pouls, une part égal au sang veineux et au sang artériel, comme on devait s’y attendre.
. En effet, si dans les différentes attitudes, le ventricule gauche st soumis à un travail de plus en plus grand à cause de l’augmentation de l’action défavorable de la pesanteur et de la tension artérielle, dans ces mêmes attitudes, les autres cavités du cœur sont soumises à une distension et à un travail de plus en plus marqués par suite de Pafflux plus considérable du sang veineux ;
et comme cétte augmentation de Ur'avail est: RE ‘des deux côtés, on peut dire que le cœur soumis à une
dir-f
tension sanguine de plus en plus élevée se ralentit -
davantage.
Ainsi la loi de Marey n’est pas complète, la tension artérielle n’est pas seule en jeu. Bieñ plus cette loi n’est pas l'expression entière de la vérité.
Comme Fr. Franck l’a montré en 1877, le ralentissement du pouls tient à la fois à l’action de l'accroissement de tension : 1° sur le muscle cœur; 2° sur l'appareil nerveux intra-cardiaque; 3° sur les origines cérébrales et bulbaires du nerf pneunogastrique, nerf modérateur du
NUŒUT:
Ces conclusions nous semblent rébodasc à la réalité.
Elles n’ont pas l’exclusivisme de la loi de Marey, ni celui
des affirmations de Schiff, Cyon, Couty, Ludwig, etc. ; car pour ces auteurs, seul le pneumogastrique irrité peut ralentir le cœur.
Notre but n’est pas de discuter ces opinions contradictoires, mais d'accepter la théorie la plus probable et qui renferme les conditions d’explication des troubles apportés à la loi de Marey sur le ralentissement du pouls par les attitudes chez l’homme sain et chez les cardiaques.
À ces points de vue, les conclusions de Fr. Franck basées sur des expériences très bien conduites vers le but proposé nous serviront seules.
Nous ferons aussi appel au principe de physiologie suivant : dans le fonctionnement du cœur, là prédominance d'action est au nerf modérateur; mais quand celui-ci est épuisé, ce sont les nerfs accélérateurs intra et
extra- cardiaques qui prennent le dessus.
C'est avec ces divers principes de physiologie que nous pouvons essayer d'expliquer les modifications de fréquence du pouls à l’état de santé et de maladie du cœur
suivant les diverses attitudes. UE ns De tous les travaux faits sur les positions «chez
l'homme sain le plus remarquable est celui de Guy; aussi nous baserons-nous exclusivement sur les recherches de cet auteur (1).
Sur 100 individus âgés en moyenne de 27 ans, parfaitement reposés, ayant cessé leur digestion, Guy a trouvé comme moyenne :
Debout, 78,9 pulsations à la minute, — assis, 70,05, — couché, 66,6.
Les différences moyennes sont donc :
8,85 entre debout et assis ; 3,43 entre assis et couché ; 12,98 entre debout et couché.
Les extrêmes de ces différences ont pu être :
De 26 à 0 entre debout et assis ;
De 18 à 0 entre assis et couché:
De 44 à 0 entre debout et couché.
On voit donc que le pouls se ralentit graduellement de la position debout à la position couchée.
Mais sur les 400 individus il. y en eût qui ne présentèrent aucun Changement :
5 entre debout et assis;
49 entre assis et couché ;
2 entre debout et couché;
En outre, il y en. eut qui présentèrent une accélération au lieu d’un ralentissement ;
3 entre debout et assis;
{4 entre assis et couché ;
5 entre debout et couché;
La loi des attitudes fut donc infirmée dans 34 0/0 des cas, soit 1/3.
Nous voulons admettre que les 100 individus portés sains par Guy ne l’éltaient pas tous, au moins quant à leur appareil circulatoire. Cependant nous ne pouvons pas
(4) Nous n'avons considéré dans travail de Guy que ce qui a trait à l’homme adulte. par
se AO Li
admettre non plus que 1/3 du contingent examiné était cardiaque ; cela n’est pas probable. Nous pensons donc, en nous rapportant aux résultats des auteurs, que le chiffre des exceptions de Guy est trop élevé. Geci dit, on ne peut pas mier néanmoins qu'il existe des exceptions, et leur étude est des plus suggestives surtout au point de vue de l'attitude relevée et des maladies du cœur.
En effet, quand il 4’y a pas de modification du pouls ou au contraire que celui se précipite au lieu de se ralentir, on remarque que le nombre des cas exceptionnels est bien plus élevé entre la position assise et couchée qu'entre la position debout et assise. On ne péut s'empêcher alors de penser que s’il doit exister des exceptions à la loi dés attitudes, rien n’est plus naturel qu’il en soit ainsi; car justernent quand le pouls se ralentit, la différencé du ralentissement est moindre et de moilié entre la position assise er couchée qu'entre la position debout et assise :
Cas où le pouls ne se modifie pas, ou s'accélère
dé là position débout à l’assisé ................ 8 Différence du pouls entreles positions debout'et
DL re NES MR A NE RE RE LOS PRE . : 8,85 Cas où le pouls ne se modifie pas ou s'accélère
de la position assise à la couchée. ............2. 480 à Différence du pouls entre les nn assise et
COCHEb ROC A IR ba hiauurep HAINE EE 9438
Ce qui montre que le na de exceptions, entre deux attitudes croît lorsque là différence du pouls dans ces deux attitudes diminue, ou bien lorsqu'on emploie une attitude de plus en plus éloigtiée de la station sur les pieds. De sorte qu'on ne sera pas étonné si dans la: posiorme les exceptions à la loi dés athitudes sontiplus réquentes, per Le raison Bienshhplé, qu'entre l'atlitude
| onbtié- ef Le welivees ile dti du pl bit ee | moins grande qu'entre la position assise et la couchée. Cela n’est vrai que si l’on s'adresse à des adultes vigou-
reux. Mais si, comme nous l'avons fait, on examine des cardiaques gens affaiblis, des enfants ou des hospitalisés, la différence de pouls entre les diverses atlitudes croît'et dépasse les moyennes de Guy, et par suite, les exceptions à la loi des attitudes sont relativement moins fréquentes. Ainsi, voici les résultats chez une série de dix individus d'âge différents, convalescents de diverses ma-
iadies.
couché relevé S.. garcon ians, coqueluché Ne, 2220-2000 Nr 94 78 L ide ans LAVDhOoIdersE PR NSENECEN EE LEE 8? 76 D,' ‘id:, 149; ans, broncho-pnéumonié tisse. ads 74. 68 SL Midi 10 "ans; id. MAG ÉT MAN ECn | 62 56 M. id. 13 ans, | 1e REC EMIER MANN Gr Pie nent 56 52 PISE 6 ans, albuminurie-anémie.........:..1.1,. 108 92 Léthomner sl ans; hematurie PAM CNE PE 96 D S id. : 32 ans, douleurs rhumatoïdes ............. 62 D8 SR dan e62: ans CONSUDANON- TAN EE RENTE EME 46 M. id. 23 ans, chancre VU SPRL RE CET EU 63 48
On. voit que la différence moyenne es | encore notable dans un état très voisin de la sarité, puisqu'elle est de plus de 6 pulsations en moins à la minute. Il est mème singulier qu'il ne se soit manifesté aucune exception, quoique nos cas aient été pcis au hasard. De plus, comme nous l'avons vu à propos des modifications du pouls par les attitudes chez les cardiaques. il est fréquent d'observer chez ceux-Ci du ralentissement parfois très marées
. TRAITÉS ie