‹ Les Auteurs grecs expliqués d'après une méthode nouvelle par deux traductions françaisesChapitre 48 sur 113 · PAR SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE · texte numérisé non relu

PAR SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE

Saint Mélèce naquit dans la Mélitène, province de l'Arménie. L'an 357, il fut élu, évêque de la ville de Sébaste, et il devint,en36:, patriarche d’Antioche, Les ariens triomphants le déposèrent ; Julien V’Apostat le remit en possession de son siége pour l’exiler peu de temps après; Jovien le rappela en 363, mais Valens le bannit de nouveau l’année suivante. Enfin Gratien lui rendit son siége en 378, et il l’occupait paisiblement, lorsque, au mois de mai de l’an 381, l’empereur Théodose, voulant sanctionner le triomphe de la foi de Nicée sur l’hérésie d’Arius, convoqua à Constantinople un concile æcuménique, auquel se rendirent cent cinquante évêques.

Saint Mélèce, célèbre par sa piété et par les luttes qu'il avait soutenues contre les ariens, présida les premières séances du concile: mais il mourut au bout de peu de temps, l’année même, de fatigue et de vieillesse, quelques jours après l'installation de saint Grégoire de Nazianze sur le siége archiépiscopal de Constantinople. On lui fit à Constantinople des funérailles magnifiques , auxquelles Théodose voulut assister, et pendant lesquelles plusieurs évêques prononcèrent successivement son oraison funèbre. Le discours de saint Grégoire de Nysse est le seul qui soit parvenu jusqu’à nous. Mais cinq ans plus tard, lorsque les restes de saint Mélèce furent transportés à Antioche pour être placés dans l’église même qu'il avait fait bâtir en J’honneur de saint Babylas, saint Jean Chrysostome prononca, en présence de Ja ville entière, un panégyrique qui nous a été conservé,

et qu'on peut utilement rapprocher de celui de saint Grégoire de Nysse.

Les deux Églises d'Orient et d'Occident ont placé Mélèce parmi leurs saints.

Le discours de saint Grégoire de Nysse nous apprend peu de chose de la vie de saint Mélèce ; il est presque tout entier consacré à l’expression éloquente des regrets des évêques et de la désolation future de l'Église d’Antioche. Dans toute autre oraison funèbre, ce serait là un défaut capital, car on est porté à s'intéresser aux grands événements, sinon aux moindres parlicularités, de la vie de celui dont on entend prenoncer l'éloge, et d’ailleurs le portrait de celui qui n’est plus, le récit de ses actions, sont la justification des regrets que l’orateur accorde à sa mémoire. Ici, au contraire, il faut louer saint Grégoire de cette réserve qui nous prive de détails précieux ; avant lui, le même jour, deux autres évêques avaient prononcé l’éloge du saint. Prenant la parole immédiatement après eux, saint Grégoire devait s'abstenir de recommencer l’histoire de sa wie; il devait craindre de fatiguer ses auditeurs par la répétition inutile de choses aussi présentes à leur mémoire.

I. C'est au moment où l’Église est menacée par l'hérésie qu’elle perd son défenseur et son guide le plus sûr. A la joie qui régnait naguère dans une cérémonie touchante a succédé tout à coup une sombre tristesse.

I. Les Égyptiens, aux funérailles de Jacob, pleurèrent avec les enfants du patriarche; que les chrétiens de Constantinople pleurent Mélèce avec leurs évêques.

lil. Mélèce avait les vertus de Job; jaloux du bonheur de l'Église, lennemi du genre humain n’a pas voulu la laisser jouir d’un chef si digne.

IV. L'orateur déplore le sort de l’Église d’Antioche, veure de son pasteur. Antioche avait envoyé une arche d’alliance; on lui rend un cercueil.

Y. Tendresse de l’Église d’Antioche pour son évêque : le défenseur de la foi, persécuté par les hérétiques ariens, est obligé de fuir, elle lui reste cependant fidèle. Pureté et autorité de la parole de saint Mélèce.

VI. L'Église ne peut pas se consoler comme se consola jadis le peuple d'Israël, qui, perdant Élie, conservait Élisée. Aussi les lamentations de Jérémie ne donnent-elles encore qu’une faible,idée des gémissements qui vont éclater de toutes parts, quand Antioche saura la funeste nouvelle. Mais cependant Mélèce n’est pas mort, il est toujours au milieu de ses frères, il intercède pour eux, et son âme , affranchie des liens du corps, voit Dieu face à face.

VII. Que ceux qui vont transporter le corps de Mélèce à Antioche consolent les fidèles aflligés en leur répétant ce qu'ils ont entendu, en leur disant à quel spectacie imposant ils ont assisté, et avec quelle vénération les chrétiens se sont empressés autour des dépouilles du saint évêque,

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\ ς ὦ \ € \ \ € , Ν 2 À γὰρ οἱ ἅγιοι πρὸς ἑαυτοὺς τὸν ὁμότροπον, τὸν ἀθλητὴν of ἀθληταὶ, τὸν στεφανίτην οἵ ἵ ὃν ἁγνὸν τῇ ψυχῇ ἀθληταὶ, τὸν στεφανίτην οἱ στεφανῖται, τὸν ἁγνὸν τῇ ψυχῇ e € 0 \ “- FH ES LA 2 λό CES » οἱ χαθαροὶ τῇ χαρδίᾳ, τὸν χήρυχα τοῦ λόγου où ὑπηρέται τοῦ , 5 x \ à ἈΞ πῶ λόγου. ᾿Αλλὰ μαχαριστὸς μὲν ὃ πατὴρ ἡμῶν τῆς τε ἀποστολιχῆς , \ - \ \ x - «7 1 > \ nù συσχηνίας χαὶ τῆς πρὸς τὸν Χριστὸν ἀναλύσεως ? : ἐλεεινοὶ δὲ € - > \ De ν᾽ 2 € ὦ τω D \ s , € ἡυεῖς " où γὰρ ἐξ μαχαρίζειν ἡμᾶς τοῦ πατρὸς τὴν εὐχληρίαν À

2 / = 38) - 5 \ 5 ἀωρία τῆς ὀρφανίας. ‘Exstvo xpeïrrov ἠν τὸ σὺν Χριστῷ εἶναι

1. Un nouvel apôtre vient de nous grossir la phalange des apôtres, qui lui ont ouvert leurs rangs; les saints ont attiré vers eux le saint, les athlètes l’athlète, les victorieux le victorieux, les cœurs purs l'âme sans tache, les serviteurs du Verbe le héraut du Verbe. Notre père est digne d’envie, lui qui habite avec les apôtres et qui s’est rendu auprès du Christ; nous, nous sommes bien à plaindre: nous voilà devenus orphelins dans un temps qui ne nous permet guère

de nous féliciter d’avoir eu un 16] père. 11] valait mieux pour lui

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