‹ Les Auteurs grecs expliqués d'après une méthode nouvelle par deux traductions françaisesChapitre 7 sur 113 · VI: ᾿Αλλὰ εἴρηται μὲν ἱχανῶς · texte numérisé non relu

VI: ᾿Αλλὰ εἴρηται μὲν ἱχανῶς

μεθεχτέον ὑμῖν αὐτῶν, av εἴη λέγειν ἑξῆς.

s’être approché de la contemplation de celui qui est.

Et semblablement à celui-ci, aussi dans les temps d’en bas(postéon dit le sage Daniel, [rieurs), ayant appris à Babylone la sagesse des Chaldéens, ayoir touché alors aux enseignements divins.

IV. Mais il a été dit suffisamment que ces connaissances donc celles du dehors (extérieures) ne sont pas chose inutile aux âmes; comment toutefois telles, participation-doit-éêtre pour vous à cela serait à dire de suite.

D'abord donc il ne faut pas appliquer votre esprit aux choses dites par les poëtes toutes d’un-bout-à-lautre , pour que je commence par là, puisqu'ils sont des hommes de-tout-genre dans leurs récits; mais lorsqu'ils racontent à vous les actions ou les discours des hommes de-bien, il faut et les aimer et Les imiter, et essayer le plus possible d’être tels ; mais lorsqu'ils vont par la représentation vers des hommes pervers, il faut fuir ces récits, vous-bouchant les oreilles, non moins que ceux-là (165 poëtes) disent Ulysse avoir fui les chants des Sirènes, Car l’accoutumance aux mauvais d’entre les discours

99 OMIAIA ΠΡῸΣ ΤΟΥΣ ΝΈΟΥΣ.

, / 2 \ \ γῶν συνήθεια ὁδός τίς ἐστιν ἐπὶ τὰ πράγματα. Διὸ δὴ πάση - \ \ ΄ -- - / φυλαχῇ τὴν Ψυχὴν τηρητέον, μὴ διὰ τῆς τῶν λόγων ἡδονῆς παραδεξάμενοί τι λάθωμεν τῶν γειρό HOTEO οἵ τὰ δηλητή ραδεξάμενοί τι λάθωμεν τῶν χειρόνων, ὥσπερ οἱ τὰ δηλητήρια Α Ὁ Le: 7 > 1} 5 , x μετὰ τοῦ μέλιτος προσιέμενοι. Οὐ τοίνυν ἐπαινεσόμεθα τοὺς

À > - “ἡ ποιητὰς, OÙ λοιδορουμένους, οὐ σχώπτοντας, οὐχ ἐρῶντας ἢ ᾽ ᾿ ? 2

f LA 2 o er A CE 4 1.3 μεθύοντας μιμουμένους. οὐχ ὅταν τραπεζῃ πληθούσῃ χαὶ ᾧοαις

“ > Ἂ el θεῶν τι διαλεγομένοις -προσέξομεν, xat μάλισθ᾽ ὅταν ὡς περὶ

A \ CA 9 3 , o 4 A LES A \ 1 φὸς γὰρ ON παρ ἐχεῖνοις διαστασιάζει πρὸς ἀδελφὸν, χαι γονεὺς

Ἢ EN \ / ΠΥ \ A ΄, , / πρὸς HALO, HAL. TOUTOLS αὖθις προς τοὺς τεχόντας πόλεμός 2 5 L4 Ζ NA “- \ y \ J " ἔστιν ἀχήρυχτος. Μοιχείας de θεῶν χαὶ ἔρωτας χαοῖὶ αἱξεις ἄνα-

pourquoi il nous faut veiller sur notre âme avec une extrême vigilance; de peur que, séduits par l'attrait du langage, nous n’admettions. sans nous en apercevoir quelque principe pervers, et ne ressemblions à ceux qui avalent du poison avec le miel. Nous ne louerons donc pas les poëtes lorsqu'ils insultent, lorsqu'ils raillent, lorsqu’ils nous montrent des hommes livrés au vin ou à l'amour, lorsqu'ils font consister le bonheur dans une table chargée de mets ou dans des chants lascifs. Nous écouterons moins encore ce qu’ils nous racontent der leurs divinités, surtout quand ils nous parlent de plusieurs dieux et Ὁ de dieux en désaccord entre eux. En effet, ils nous font voir le frère en hostilité avec le frère, le père avec les enfants, et les enfants faisant à ceux qui leur ont donné le jour une guerre implacable. Pour les

adultères,.les amours, les commerces effrontés de leurs dieux, et

διὰ TA: ἡδονῆς τῶν λόγων τὶ τῶν χειρόνων,

où λοιδορουμένους,

où μιμουμένους ἐρῶντας ἢ μεθύοντας,

χαὶ DOC ἀνειμέναις.

᾿ΑἈδελφὸς γὰρ δὴ παρὰ Éxsivots διαστασιάζει πρὸς ἀδελφὸν.,

est une certaine route

vers les actions mauvaises.

C’est-pourquoi donc il-faut-préserver l’âme

avec toute surveillance, depeurque [nous apercevions pas} nous n’échappions à nous-mêmes (ne ayant accueilli

grâce au plaisir (charme) des paroles quelqu'une deschosesmoins-bonnes, comme ceux quiintroduisent-en-eux avec le miel

les substances-mortelles,

Nous ne louerons donc pas :

les poëtes,

ni injuriant,

ni raillant,

ni imitant des gens qui aiment

ou qui sont-ivres,

ni lorsqu'ils limitent

le bonheur

à une table remplie (chargée)

et à des chants relâchés (lascifs).

Etle moins de tout (moins encore) nous appliquerons notre esprit.

à eux racontant quelque chose

sur les dieux,

et:surtout lorsqu'ils dissertent

sur eux

comme étant et nombreux

et ceux-ci pas même étant-d’accord.

Care frère donc chez ceux-là est-en-dissension avec le frère,

et le père avec les enfants,

et une guerre

sans-héraut (irréconciliable):

est d’autre part à ceux-ci

contre ceux qui les ont engendrés.

Et nous laisserons

à ceux qui.paraissent sur la.scène

24 OMIAIA ΠΡῸΣ ΤΟΥ͂Σ NEOYE

κ᾿ ὩΣ LA \ # s φανδὸν, καὶ ταύτας γε μάλιστα τοῦ χορυφαίου πάντων χαὶ ὑπά- LE

ἐουθριάσειε, τοῖς ἐπὶ σχηνῆς χαταλείψομεν. Ταὐτὰ δὴ ταῦτα = \ DA LE LA \ 4 \ θ᾽ a Ψ , λέγειν χαὶ περὶ συγγραφέων ἔχω, χαὶ μάλισθ᾽ ὅταν ψυχαγωγίας

ψεύδεσθαι τέχνην où μιμησόμεθα. Οὔτε γὰρ ἐν δικαστηρίοις,

Ὡς ho τῶν ἀνθέων τοῖς μὲν λοιποῖς ἄχρι τῆς εὐωδίας ἢ τῇ ς γὰρ τῶν ἀνθέων τοῖς μὲν λοιποῖς ἄχρι τῆς εὐωδίας ἢ τῆς 3 \ ce’

Ε EURE: ΖᾺ τ - ελίττ Δ᾽ ἊΝ \ “λι À 190% ἐστιν ATOAQUGIC, ταις μελίτταις © αρα χαι υελι αμ.-

principalement de ce Jupiter qu’ils nomment le premier et le plus grand de tous, ces récits qu’on rougirait de faire même en parlant des bêtes, nous les abandonnerons aux histrions. J’en dirai tout autant des historiens, surtout lorsqu'ils forgent des contes pour l’amusement de leurs lecteurs. Nous n’imiterons pas non plus ces orateurs si habiles dans le mensonge. Nous ne devons mentir ni devant les tribunaux ni dans aucune des circonstances de la vie, nous qui avons choisi le droit et véritable chemin, nous à qui notre loi interdit les procès. Nous recueillerons, au contraire, tout ce qu'ont dit ces auteurs, soit à la louange de la vertu, soit à la honte du vice. Tandis que le reste des animaux jouit seulement du parfum ou de l'éclat des fleurs, l’abeille sait de plus y puiser le miel; de même

celui qui ne recherche pas uniquement l'agrément et le plaisir peut

Évexa ψυχαγωγίας τῶν ἀχονόντων.

les adultères des dieux

et leurs amours [(publics), et leurs commerces ouvertement et ceux du moins surtout

de Jupiter le chef

et le plus haut de tous,

comme eux-mêmes disent,

choses que quelqu'un rougirait disant (de dire)

même sur des bêtes,

Or j'ai à dire ces choses les mêmes aussi sur les historiens,

et surtout lorsqu'ils font-des-récits pour la séduction

de ceux qui Les écoutent.

Et aussi nous n’imiterons pas

l’art des orateurs

concernant le mentir.

Car ni dans les tribunaux,

ni dans les autres affaires,

le mensonge n’estconvenable à nous, qui avons préféré

la route droite et vraie

de la vie,

et à qui le ne pas avoir-de-procës est enjoint par la loi.

Mais nous accueillerons plutôt

ces passages d'eux,

dans lesquels ils ont loué la vertu, ou ont blâmé le vice.

Car de-même-que

la jouissance des fleurs

est aux autres animaux à la vérité jusqu’à la bonne odeur

ou la couleur seulement,

mais certes il appartient aux abeilles de tirer aussi du miel d’elles ;

ainsi donc aussi ici

ilest possible à ceux qui poursuivent

non pas seulement l’agréable

26 OMIAIA ΠΡΟΣ ΤΟΥ͂Σ NEOYS.

ΗΣΑΥ, J Ὁ LA , Ὰ / -, χαὶ ἐπίχαρι μόνον τῶν τοιούτων λόγων διώχουσιν ἔστι τινὰ καὶ ὠφέλειαν ἀπ᾽ αὐτῶν εἰς τὴν ψυχὴν ἀποθέσθαι. Kura πᾶσαν δὴ Ki - \ ...Χ ed 7 -- , οὖν τῶν μελιττῶν τὴν εἰχόνα, τῶν λόγων ἡμῖν μεθεχτέον. ᾿Ἐχεῖναί τε γὰρ οὔτε ἅπασι τοῖς ἄνθεσι παραπλησίως ἐπέρχον-ται, οὔτε μὴν͵ οἷς ἂν ἐπιπτῶσιν ὅλα φέρειν ἐπιχειροῦσιν, ἀλλ᾽ ΓΙ Ξ as —< 2 JS A A \ 2 LA - κ 4 ὅσον αὐτῶν ἐπιτήδειον πρὸς τὴν ἐργασίαν λαδοῦσαι; τὸ λοιπὸν ΩΣ ΑΝ 2 τὦ at € - 3 - [} di me χαίρειν dofxav!,. Ἡμεῖς τε, ἣν σωφρονῶμεν, ὅσον οἰχεῖον = \ AUX MN enr ᾽ > , ε = ἡμῖν χαι συγγενὲς τὴ ἀληθείᾳ παρ᾽ αὐτῶν χομισάμενο!͵, ὕπερ θησόμεθα τὸ λειπόμενον. Καὶ χαθάπερ τῆς ῥοδωνιδὶς τοῦ ἄνθους δρέψαμενοι τὰς ἀκάνθας ἐχχλίνομεν, οὕτω χαὶ ἐπὶ τῶν τοιούτων λόγων ὅσον χρήσιμον χαρπωσάμενοι, τὸ βλαδερὸν φυλαξόμεθα. Εὐθὺς οὖν ἐξ ἀρχῆς ἐπισχοπεῖν ἔχαστον τῶν μαθημάτων, χαὶ ρμό ᾧ τέλει προσῆχε, χατὰ τὴν Δωριχὴν παροιμίαν,

trouver dans des ouvrages de ce genre des richesses utiles ἃ l’âme. Nous devons donc les aborder en imitant exactement l’abeille. Elle ne vole pas indistinctement sur toutes les fleurs, elle n’essaye pas non plus d’emporter tout entières celles sur lesquelles elle se pose, mais elle y puise les sucs nécessaires à son travail, et abandonne le reste. Nous aussi , si nous sommes sages, nous tirerons de ces livres tout ce qui peut nous convenir, tout ce qui est conforme à la vérité, et nous passerons par-dessus le reste. Quand nous cueiïllons la fleur du rosier, nous écartons les épines; de même, nous récolterons ce que les écrits profanes offrent de salutaire, et nous nous garderons de ce qu'ils ont de funeste. Il faut donc tout d’abord examiner de près chacune de nos études, la mettre en harmonie avec la fin que nous nous proposons, et, comme dit le proverbe dorien, aligner la pierre au cordeau.

HOMÉLIE AUX JEUNES GENS, Sp

# 2 Le " εἶ # καί τινα ὠφέλειαν εἰς τὴν ψυχήν.

Exeïvai τε γὰρ

Καὶ καθάπερ δρεψάμενοι ἐκχλίνομεν τὰς ἀκάνθας τοῦ ἄνθους τῆς ῥοδωνιᾶς, οὕτω χαὶ χαρπωσάμενοι, ἐπὶ τῶν λόγων τοιούτων ὅσον χρήσιμον, φυλαξόμεθα τὸ Dr.

et le plaisant

des ouvrages tels

de mettre-de-côté en la tirant d'eux aussi une certaine utilité pour l'âme, Or donc participation-est-à-avoir pour nous

à ces ouvrages [limitation selon l’image entière (tout à fait à des abeilles.

Car et celles-là

ni ne s’approchent également

de toutes les fleurs,

ni assurément ne tentent d’emporter tout-entières

celles sur lesquelles elles ont volé, mais ayant pris [fleurs) tout-ce-qui est utile d’elles (de ces pour leur travail, [côté) elles envoient se réjouir (laissent de le reste.

Nous aussi, si nous sommes-sages, ayant retiré d’eux (de ces ouvrages tout-ce-qui est convenable à nous et conforme à la vérité, [reste.

nous passérons-par-dessus ce qui Et comme en cueillant

nous évitons les énines

de la fleur du rosier,

ainsi aussi ayant recueilli

dans les ouvrages tels

tout-ce-qui est utile,

nous nous garderons du nuisible.

ΤΠ convient donc

aussitôt dès le principe

d’examiner chacune

des études,

et de l’adapter au but, conformément au proverbe dorien , menant (alignant) la pierre

selon le cordeau.

28 OMIAIA ΠΡΟΣ ΤΟΥ͂Σ NEOYS.

= δεῖ τὸν ἡμέτερον, εἰς ταύτην δὲ πολλὰ μὲν ποιηταῖς, πολλὰ δὲ συγγραφεῦσι, πολλῷ δὲ ἔτι πλείω φιλοσόφοις ἀνδράσιν ὕμνηται, - ὔ ES ΄ , ΄ ΕῚ \ \ τοῖς τοιούτοις τῶν λόγων μάλιστα προσεχτέον. OÙ μιχρὸν γὰρ

\ + :) / ΄ \ 7 - ES / LS TO ODEANC, Οἰχειοτητα τινα XL συνήθειαν ταῖς τῶν νεὼν ψυγα!:ς , L i " ν

τὸς 5 ῳ- 5 , Ro 2 , Δ ΄ ἘΣ \ τὴς HOETIS ἐγγενέσθαι ἐπείπερ αμεταστα τα TEQUXEV ELVAL τὰ n…7

- "“ LA a λάδωμεν ταυτὶ ποιῆσαι τὰ ἔπη à πάντες ἄδουσιν, ἢ οὐχὶ

, A / Ds / σ Er 1, © προτρέποντα TOUS VEOUG ET ἀρετὴν: Or TONYELX μεν πρῶτον

AS 2 \ es \ , L4 e A χαὶι δύσδατος, χαὶ τόρωτος συχνοῦ χαὶ πόνου πλήρης, Ἢ προς

V. Puisque c’est la vertu qui doit nous guider vers cette vie que nous espérons, et que son éloge se rencontre souvent chez les poëtes, souvent aussi chez les historiens, mais plus souvent encore chez les philosophes, c’est à des écrits de cette sorte qu’il faut surtout nous attacher. Ce n’est pas un médiocre avantage que d’habituer à l’idée de la vertu et de familiariser avec elle les âmes des enfants; les notions que l’on recoit à cet âge sont ineffacables, parce qu’elles s’impriment profondément dans des esprits encore tendres. Croyons-nous qu’Hésiode ait eu d'autre motif que d’exciter la jeunesse à la vertu, lorsqu'il écrivait ces vers que tous répètent et dont voici le sens : La route escarpée qui mène à la vertu paraît d’abord rude et difficile à gravir, féconde

en peines et en sueurs. Aussi n'est-il pas donné à tout le monde d’y

HOMÉLIE

V. Et puisque [avancions) il faut nous descendre (que nous vers notre vie future à-l’aide-de la vertu, et que en-vue-de celle-ci (la vertu) beaucoup de choses ont été dites-avec-éloge par les poëtes, et beaucoup par les historiens, et de beaucoup plus nombreuses encore par les hommes philosophes, il faut appliquer son esprit surtout à ceux des écrits qui sont tels.

Car l'utilité n’est pas petite, une certaine familiarité et accoutumance de la vertu être-née-dans les âmes des jeunes-gens; puisque les connaissances-acquises de tels individus (des jeunes gens) sont-de-nature à être ineffacables, s’imprimant en profondeur à-cause de la tendreté des âmes.

Ou quelle autre chose enfin supposerions-nous Hésiode ayant eu-en-vue avoir fait ces vers que tous chantent (répètent), sinon exhortant (voulant exhorter) les jeunes gens à la vertu?

Que la route qui porte (conduit) à la vertu et qui est escarpée, est rude d’abord et difficile-à-gravir, et remplie d’une sueur fréquente et de fatigue. C’est-pourquoi [pas donné à tous) 1] n’est pas de tout homme (il n’est

90 OMIAIA ΠΡῸΣ ΤΟΥ͂Σ ΝΕΟΥΣ.

© O2 [US ma «ἢ LU] © [9] FA +

τ, ε ἂν , ὕμνησεν, ὡς εἰς ταὐτὸν UV φέροντας τοὺς λόγους ἀπο-

Ne) A2 2 LÀ C4 1 LU me 6 LA 3 ὃ \ -Ὡ #6 ὁ εγὼ TIVOS ἤχουσα΄ οείνου XATAULQUELV ὧν ρος ποϊήτου

Ὁ ἢ -“" \ 4 τ € LA 3 « ἠ 5 “ διάνοιαν, πᾶσα μεν ἢ ποίησις τῷ Ομήρῳ ἄρετὴς ἔστιν ἔπαινος,

entrer, tant elle est raide, ni à ceux qui y entrent d’arriver aisément au sommet. Et pourtant , une fois que l’on y est parvenu, on peut voir combien elle est belle et unie, combien elle est facile et douce, combien enfin elle est plus agréable que cette autre route qui conduit au vice et que les hommes prennent en foule, dit encore le poëte, à cause de la brièveté du trajet. Pour moi, je pense qu'Hésiode, en parlant ainsi, n’a eu d’autre dessein que de nous exhorter au bien, de nous engager tous à être honnétes, et d'empêcher que les difficultés nous découragent et nous fassent renoncer au but. Que si quelque autre a fait un semblable éloge de la vertu, accueillons encore ses récits; ils tendent à la fin que nous mous proposons.

J'ai entendu dire à un homme fort habile à interpréter la pensée

des poëtes que toute la poésie d’Homère n’est qu’un éloge de la

dl

ni d'aborder elle à cause de sa raideur, [abordée ni 11 n’est donné à celui l'ayant d'arriver facilement jusqu’au sommet.

Mais à celui qui se trouve en haut il est-possible de voir combien d’une-part elle est et unie et belle, combien d’autre-part elle estet facile et praticable, et plus agréable que l’autre celle conduisant vers le vice, laquelle ce même poëte a dit être possible de prendre en foule, à cause de la proximité.

Il paraît en effet à moi n'avoir fait rien autre, qu’avoir exposé ces choses tournant (pour tourner) nous vers la vertu, et excitant {pour nous exciter) tous à être vertueux; [tout-d’abord et de manière à ne pas nous-éloignerdu terme ayant été énervés en face des fatigues.

Et assurément, si aussi quelque autre a célébré la vertu en des choses semblables à celles-ci, accueillons ses discours comme portant au même but que nous.

Et comme moi j'ai entendu de quelqu'un habile à approfondir la pensée d’un homme poëte, toute la poésie pour Homère est une louange de la vertu,

RU OMIAIA ΠΡΟΣ ΤΟΥ͂Σ NEOYS.

\ ; 9," ᾽Κ \ / «] χαὶ πάντα αὐτῷ πρὸς τοῦτο φέρει, ὅ τι μὴ πάρεργον " οὖχ “ RE) e \ à -“ | ἥκιστα δὲ ἐν οἷς τὸν στρατηγὸν τῶν Κεφαλλήνων' πεποίηχε, A Ὁ “ -»

γυμνὸν ἐχ τοῦ ναυαγίου περισωθέντα, πρῶτον μὲν αἰδεσθῆναι \ f LA »τὴν βασιλίδα" φανέντα μόνον ᾿ τοσούτου δεῖν αἰσχύνην ὀφλῆσαι si 2 LA τω γυμνὸν ὀφθέντα μόνον, ἐπειδήπερ αὐτὸν ἀρετὴ ἀντὶ ἵματίων χεχοσμημένον ἐποίησε - ἔπειτα μέντοι χαὶ τοῖς λοιποῖς ; À; - Φαίαξι τοσούτου ἄξιον νομισθῆναι, ὥστε ἀφέντας τὴν τρυφὴν ἣ # .“ τω συνέζων, ἐχεῖνον ἀπούλέπειν xat ζηλοῦν ἅπαντας, χαὶ μηδένα Φαιάχων ἐν τῷ τότε εἶναι ἄλλο τι ἂν εὔξασθαι μᾶλλον ἢ ὋΣ J J θ \ τ 2 , / δυσσέα γενέσθαι, χαὶ ταῦτα ἐχ ναυαγίου περισωθέντα, 5 “ \ Ὁ τω Ὁ - Ἐν τούτοις γὰρ ἔλεγεν ὃ τοῦ ποιητοῦ τῆς διανοίας ἐξηγητὴς μονονουχὶ βοῶντα λέγειν τὸν “Ὅμηρον ὅτι ὃ" ᾿Αρετῆς ὑμῖν

> / a #51 Δ \ / , ἐπιμελητέον, ω ἄνθρωποι, Ἢ xx ναναγησαᾶντι συνεχνήχεται,

vertu, et que tout, sauf ce qui est de pur ornement, y concourt ἃ cet objet : il citait surtout le passage où le poëte représente le chef des Céphalléniens sauvé du naufrage, paraissant seul et nu aux yeux de la princesse et lui inspirant le respect ; la vue de cet homme nu et seul ne fait point rougir, parce qu’il nous le montre paré de sa vertu comme d'un manteau : bientôt même tous les Phéaciens se font de lui une si haute idée, que, renonçant à la mollesse de leur vie, ils l’'admirent, ils l’imitent tous, et dès lors aucun d’eux ne désire rien si ardemment que d’être Ulysse , et Ulysse sauvé du naufrage. Dans de pareils récits, disait l’interprète de la pensée du poëte, Homère semble nous crier : Mortels, cultivez cette vertu qui accom-

pagne le naufragé se sauvant à la nage, et qui, lorsqu'il est nu sur la

HOMÉLIE

et toutes choses pour lui |louange), portent vers cela (tendent à cette du moins ce qui n’est pas accessoire ; et non le moins (et surtout) dans Les vers dans lesquels il a fait la princesse avoir respecté tout-d’abord le chef des Céphalléniens ayant été sauvé nu du naufrage, ayant paru seul; tant s’en falloir (tant il s’en faut) lui avoir dû (encouru) de la honte ayant été vu nu ef seul, puisqu’il a fait (représenté) lui orné de vertu au lieu de vêtements; ensuite assurément lui avoir été cru digne de tant de prix aussi par les autres Phéaciens, que tous, ayantabandonnéla mollesse dans laquelle ils vivaient, regarder avec admiration et imiter celui-là (Ulysse), et aucun des Phéaciens dans le être alors (dans ce temps-là) avoir souhaité quelque autre chose que de devenir Ulysse, et cela (et précisément) Ulysse sauvé d’un naufrage.

Car l'interprète de la pensée du poëte disait Homère dans ces vers seulement ne criant pas (presque dire que : Ὁ hommes [criant) à vous est-obligation-de-vous-soucier de la vertu, quiet se sauve-à-la-nage-avec celui ayant fait-naufrage,

4 OMIAIA ΠΡῸΣ ΤΟΥ͂Σ NEOYS.

\ 1 - LA ΄ Ἁ LA “- 1 χαὶ ἐπὶ τῆς χέρσου γενόμενον γυμνὸν τιμιώτερον ἀποδείξει τῶν 4 ΩΣ εὐδαιμόνων Φαιάχων. Καὶ γὰρ οὕτως ἔχει. Τὰ μὲν ἄλλα τῶν > ΄ À \ - χτημάτων où μᾶλλον τῶν ἐχόντων ἢ χαὶ οὕτινοσοῦν τῶν ἐπι- , 2 A σ 2 D / EN EL τυχόντων ἐστὶν, ὥσπερ ἐν παιδιᾷ χύδων τῇδε χἀχεῖσε μετα- Θαλλόμενα uovn δὲ χτημάτων À ἀρετὴ ἀναφαίρετον, χαὶ αλλόμενα " μόνη δὲ χτημάτ ἀρετὴ ἀναφαίρετον,

ζῶντι χαὶ τελευτήσαντι παραμένουσα. “Ὅθεν δὴ Echwvi μοι

AXN ἡμεῖς αὐτοῖς οὐ διαμειψόμεθα Τῆς ἀρετῆς τὸν πλοῦτον" ἐπεὶ τὸ μὲν ἔμπεδον αἰεὶ; Χρήματα δ᾽ ἀνθρώπων ἄλλοτε ἄλλος ἔχει.

plage, le fait paraître plus digne d’envie que les opulents Phéaciens. Et c’est bien là la vérité. Tous les autres biens n’appartiennent pas plus à ceux qui les possèdent qu’au premier venu ; comme au jeu de dés, ils passent des uns aux autres : seule la vertu est une richesse que l’on ne perd point et qui demeure fidèle après la mort comme pendant la vie. C’est, il me semble, ce qui fait dire à Solon en parlant des riches : « Nous n’échangerons point notre vertu contre leurs biens; la vertu est toujours constante, les richesses de l’homme changent sans cesse de maîtres. » C’est encore la même idée qu’exprime Théognis lorsqu'il dit que le dieu, quel que soît le dieu dont il parle, fait pencher la balance tantôt d’un côté et tantôt de l’autre, que tantôt l’homme est riche et tantôt il ne possède rien.

Le sophiste de Céos, Prodicus, développe dans un endroit deses écrits des principes semblables sur la vertu et sur le-vice : c’est un de ceux qu’il faut écouter avec soin ; car ce n’est point un philo-

Τὰ μὲν ἄλλα τῶν χτημάτων oùx ἔστι μᾶλλον τῶν ἐχόντων ἢ καὶ οὑτινοσοῦν τῶν ἐπιτυχόντων, μεταδαλλόμενα τῇδε χαὶ ἐχεῖσε ὥσπερ ἐν παιδιᾷ κύδων" μόνη δὲ χτημάτων παραμένουσα χαὶ ζῶντι χαὶ τελευτήσαντι.

et fera-voir lui se trouvant nu sur la ferre ferme plus honorable que les bienheureux Phéaciens.

Et en effet cela est ainsi.

Les autres des possessions pe sont pas plus à ceux qui Les possèdent que aussi à un-quelconque de ceux qui sont survenus, étant transportées ici et là comme dans le jeu de dés; mais seule des possessions [ver, la vertu est chose impossible-à-enlela vertu qui reste à l’homme et vivant et mort.

D'où certes Solon paraît à moi avoir dit à-l’intention-des riches la (cette) parole : Eh bien nous nous n’échangerons pas avec eux la richesse contre la vertu; puisque l’une est stable toujours, et que tantôt un autre des hommes a les richesses.

Et les vers aussi de Théognis sont semblables à ceux-ci, les vers dans lesquels il dit le dieu, quel que soit donc aussi Le dieu qu’il faire-pencher la balance [dit, pour les hommes d’autres-fois d’autre-facon, et tantôt les hommes être riches, et tantôt n’avoir rien.

Et assurément aussi le sophiste de-Céos Prodicus a développé-philosophiquement dans-un-endroit des écrits de lui sur la vertu et le vice des principes frères de ceux-ci :

auquel donc aussi lui-même

36 OMIAIA ΠΡΟΣ ΤΟΥ͂Σ NEOYS.

BE M: δ) \ Det EN Ὁ] aie CE 2 \ coproev* ᾧ δὴ χαὶ αὐτῷ τὴν διάνοιαν προσεχτέον * οὗ γὰρ C" LA \ » ἀπόόδλητος ὃ ἀνήρ. χει δὲ οὕτω πως 6 λόγος αὐτῷ, ὅσα ἐγὼ 5" \ τ 7 Ψ 5 \ , # ᾽ τοῦ ἀνδρὸς τῆς διανοίας μέμνημαι, ἐπεὶ τά γε ῥήματα οὐχ τ εἰς / , a\ € {a Le [24 LA SJ. L4 ἐπίσταμαι, πλήν γε δὴ ὅτι ἁπλῶς οὕτως εἴρηχεν ἄνευ μέτρου. [ἡ LA ν ere - es = Ov νέῳ ὄντι τῷ “Ηραχλεῖ xou107, καὶ σχεδὸν ταύτην ἄγοντι τὴν ἡλικίαν, ἣν καὶ ὑμεῖς νῦ λευομέ ἔραν τράπηται - co \ \ - / "“ \ 2 A 4 \ τῶν δὲῶν, τὴν διὰ τῶν πόνων ἄγουσαν πρὸς ἀρετὴν, ἢ τὴν 4 - om pr 3 \ ῥάστην, προσελθεῖν δύο yuvaixac, ταύτας δὲ εἶναι ᾿Αρετὴν ΄ LA εἶ Ὁ καὶ Κακίαν " εὐθὺς μὲν οὖν χαὶ σιωπώσας ἐμφαίνειν ἀπὸ τοῦ or = δον NAT FE? \ \ ᾿ CE ΠΡ ΤῸ σχήματος τὸ διάφορον. Εἶναι γὰρ τὴν μὲν ὑπὸ χομμωτιχῆς διεσχευασμένην εἷς χάλλος, χαὶ ὑπὸ τρυφῆς διαῤῥεῖν, καὶ πάντα 2 \ «ἡ, ὦ 2 / "1 pp 5 Ὁ , ἐσμὸν ἥδονῆς ἐξηρτημένην ἄγειν " ταῦτά τε οὖν δειχνύναι, χαὶ là A € L4 εἰ 2 -" \ ἔτι πλείω τούτων ὑπισχνουμένην, ἕλχειν ἐπιχειρεῖν τὸν

«ες L Ηραχλέα πρὸς ἑαυτὴν " τὴν δ᾽ ἑτέραν χατεσχληχέναι, xal

sophe méprisable. Voici à peu près son récit, du moins autant que je puis m’en rappeler le sens; je n’en ai point retenu les termes, je sais seulement qu’il s'exprime simplement comme nous faisons, et non pas en vers. Il raconte qu’Hercule, fort jeune encore, à peu près à l’âge où vous étes, délibérait sur la voie qu’il devait prendre, et qu’il hésitait entre le chemin pénible qui mène à la vertu et cette autre roule si facile, lorsque deux femmes se présentèrent à lui; c’étaient la Vertu et la Volupté. Au premier abord, avant même qu’eiles eussent parlé, leur extérieur trahissait la différence de leurs caractères. L’une relevait sa beauté par tous les artifices de la parure ; elle était languissante de mollesse, et menait à sa suite tout l’essaim des

plaisirs; elle les montrait à Hercule, lui faisait des promesses plus

La ἄγοντι

il-faut-appliquer notre attention ; car l’homme n’est pas à-rejeter.

Or le récit

est en-quelque-façcon ainsi à lui, pour tout-ce-en-quoi je me souviens de la pensée de l’homme,

puisque je ne sais pas de mémoire les paroles du moins,

excepté du moins donc

qu'il a dit simplement ainsi

sans mètre (en prose).

Que d’Hercule

étant tout à fait jeune,

et menant (passant)

à-peu-près cet âge, [nant, que aussi vous vous passez mainte— délibérant

vers laquelle des routes

il se tournerait,

celle menant vers la vertu

par les fatigues,

ou bien la plus facile,

deux femmes s’être approchées,

et celles-ci

être la Vertu et le Vice;

elles aussitôt donc même se taisant faire-voir d’après leur extérieur leur différence.

Car l’une

être arrangée en-vue-de la beauté par l’art-de-la-toilette,

et être-languissante par la mollesse, et conduire tout l’essaim du plaisir l’ayant attaché-à-elle ;

et donc montrer ces choses,

et en promettant [les-là, encore de plus nombreuses que cels’efforcer

d’attirer Hercule

vers elle-même;

38 OMIAIA ΠΡῸΣ ΤΟΥ͂Σ ΝΕΟΥ͂Σ,

VI. Καὶ σχεδὸν ἅπαντες, ὧν δὴ χαὶ λόγος τίς ἔστιν ἐπὶ σοφίᾳ,, ἢ μικρὸν ἢ μεῖζον εἰς δύναμιν ἕχαστος ἐν τοῖς ἑαυτῶν συγγράμμασιν ἀρετῆς ἔπαινον διεξῆλθον, οἷς πειστέον χαὶ πειρατέον ἐπὶ τοῦ βίου δεικνύναι τοὺς λόγους. “ὥς ὅ γε τὴν ἄχρι

douces encore, et s’efforcait de l’attirer vers elle : l’autre, maigre et desséchée, au regard fixe, tenait un langage bien différent ; elle ne lui promettait ni le repos ni le plaisir, mais des sueurs continuelles, des fatigues et des dangers sans nombre sur terre et sur mer. Pour récompense , il serait un jour au nombre des dieux, car ainsi s’exprime le philosophe : et c’est elle qu’Hercule suivit enfin.

VL. Presque tous les écrivains qui ont quelque réputation de sagesse se sont étendus plus ou moins dans leurs ouvrages, chacun selon ses forces, sur l’éloge de la vertu ; il faut les écouter, et tâcher que notre vie présente l’application de leurs principes. Car celui qui fortifie en soi par la pratique cette sagesse qui n’est qu’en paroles chez les autres, celui-là seul est sensé ; les autres s’agitent comme des ombres :

vaines. C’est à peu près la même différence, selon moi, qu’ertre un

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