DE L'HOMÉLIE DE SAINT GRÉGOIRE DE NAZIANZE
La Judée, bien que soumise à la domination des rois de Syrie, avait conservé ses lois et sa religion. Antiochus IV, surnommé Épiphane, second fils d’Antiochus le Grand, irrité d’une révolte qui avait éclaté en Judée sous son règne, marcha contre Jérusalem, où il fit un affreux carnage, et voulut forcer les Juifs à adorer les mêmes dieux que les Syriens. Après avoir pillé le temple, il placa dans ie sanctuaire une statue de Jupiter Olympien, y offrit des sacrifices à ce dieu , et ordonna de mettre à mort tous les Juifs qui refuseraient de sacrifier à leur tour ou de manger des mets interdits par la loi de Moïse.
La crainte des supplices décida de nombreuses apostasies. Parmi ceux qui aimèrent mieux mourir que d'être infidèles à leur Dieu, se distinguèrent un vieillard du nom d’Éléazar, une mère et ses sept fils, qui subirent le martyre avec une constance héroïque, L'histoire de cette persécution se trouve consignée dans le premier livre des Machabées; quant au martyre d’Éléazar, des frères Machabées et de leur mère, on en trouve le récit dans un traité de
"ἢ ne faut pas confondre les Machabées dont saint Grégoire de Nazianze prononce ici le panégyrique, avec les sept illustres frères qui luttèrent contre les rois de la Syrie pour l'indépendance de leur pays. La guerre de l'indépendance, commencée par Judas Machabée, est postérieure, de bien peu, ilest vrai, à la persécution d’Antiochus.
l'historien et philosophe juif Flavius Josèphe, qui est intitulé Des Machabées ou de l'empire de la raison (περὶ αὐτοχράτορος λογισμοῦ).
L'Église rendait des honneurs aux frères Machabées, et leur consacrait tous les ans un jour de fête; quelques fidèles cependant doutaient qu’on dût honorer dans les églises des martyrs qui n'avaient pas souffert pour la loi nouvelle. C’est pour dissiper ces doutes.et lever ces scrupules que, le jour de la fête des Machabées, saïnt Grégoire monta en chaire et prononça l’homélie suivante, de laquelle on peut rapprocher deux homélies de saint Jean Chrysostome sur Je même sujet.
I. Avant la venue du Christ sur la terre, il y eut chez le peuple de Dieu des hommes pleins de foi, de qui sa future parole était connue.
II. Ceux qui ont souffert le martyre avant l’arrivée du Sauveur ont le même droit que les martyrs nouveaux aux éloges de l'Église et au respect des fidèles.
III. Grandeur d'âme et fier courage d'Éléazar et des sept Macliabées.
IV. Constance inébranlable de la mère, qui assiste sans faiblir, sans se troubler un seul moment, aux tortures de ses enfants; elle souhaite avec ardeur, non pas qu’ils soient sauvés, mais qu’ils su-bissent jusqu’au bout le martyre.
Y. Ferme réponse des frères Machabées aux menaces et aux promesses d’Antiochus.