INSUFFISANCE DES ORGANES DE DEFENSE
dérivés se traduiseot par de l'albuniimirifi et de la peptonurie, les troubles do la fonction biligénique, parTiclfere ou par l'apparition dans l'urine de pigments biliaires normaux ou modifiés (bilipliéine, hémaphéine, urobiline). Les modificalioQs de la fonction glycogénique produisent la glycosurie dont on peut admettre deux variétés principales ; taiiliM il y a suractivité fonctionnelle du foie, excitation do la glande ; il en résulta une glycosurie intermittente, liée à une insuffisance du foie, devenu incapable de retenir le sucre qu'à certains moments la veine porte contient en excès ; c'est assez dire que cette glycosurie apparaîtra à la suite de l'ingestion de ■ matières sucrées ou féculentes ; ce sera une glycosurie alimentaire. Enfin l'impossibilité pour le foie de retenir les matières toxiques aura pour conséquences soit une rétention dans l'organisme et une mort rapidcj soit une élimination par la voie rénale et, par conséquent, une bypertoxicité ui'inaire.
C'est donc en étudiant l'urine qu'on peut avoir des notions sur l'état des cellules hépatiques. Le dosage de l'urée et de l'azote total, la recherche des acides conjugués, des pigments normaux de la bile ou des pigments modifiés, de la glycosurie alimentaire et l'étude de la toxicité urinaire : voilà les principaux moyens auxquels le médecin peut s'adresser.
Nous reprendrons chacun de ces phénomènes en étudiant le diagnostic de l'insuffisance hépatique pendant la grossesse.
38 PATHOLOniE DES AUTO-INTOXICATIONS
J) Lésions. — Les lésions que l'on peut trouver dans le foie à la suite de ces accidents sont toujours les lésions delà maladie primitive, ou bien, quand l'insuffisance est la const^quence d'une intoxication, des lésions de modification absolument caractéristiques (Claude). Elles peuvent se ramener à trois types : phlogose. stéalose, nécrobiose.
2" IsscFFiSANCK BÉ>ALE puiiE. — .Tc UG parlerai que des cas où l'on aura affaire à une insuffisance rénale primitive et pure, du fait d'une lésion rénale antérieure,
a) Dans ce cas, elle donnera lieu à tous les phénomènes comparables à ceux de l'hépatisme et que Dieulafoy (1) a décrits sous le nom de petit bri^htisme, doigt mort, céphalée, troubles de ta vue, etc. , même sans albuminurie.
Puis, secondairement, arrivent les phénomènes de l'urémie et du grand brigbtisme.
Notons, dans ce cas, combien est infidèle le signe fourni par l'analyse de l'urine au point de vue de l'albumine. Il est de notion courante, actuellement, que l'albuminurie fait défaut dans un certain nombre de cas, quelquefois les plus g''aves.
b) Dans ces cas, la toxicité urinaire diminue, en même temps que celle du sang augmente par rétention.
3" IriSL'FFlSARCË ASSOCIER DU FOIE ET DU REIN. —
a) Je ne m'attarderai pas à discuter s'il existe des
(1) DiKULiFOï. — Académie de Méd., 6
INSUFFISANCE DES ORfiANES DE DEFI^NSE 30 différences cliniques, siiivanl que l'un ou l'aulre orgîine esl primitivement atteint. H est certain qu'il peut y avoir une insuflisance hépatique avec ictère, survenant à la suite d'une insuffisance rénale; mais je crois, avec les auteurs, que le contraire existe bien plus souvent et que, dans laplupart des cas, c'est le rein qui subit l'inQuence du foie.
è) Dans les cas où les deux séries d'organes sont insuffisantes, le pronostic est ni''cessairement sombre, et l'on trouve, au point de vue clinique, chimique et anatomo-pathologique, un mélange de tout ce que je viens de passer en revue.
c) On peut se demander comment il se fait, que, en cas d'insuffisance hépatique, le surmenage en résultant pour le rein suflise à déterminer chez lui des lésions, alors que dans la népiiiectomie un seul rein se voit hrusquenient imposer le travail de deux, sans en soufl'rirgénéralement. Je répondrai que la maladie du rein enlevé a probablement déjà habitué le second à cette suractivité, et ensuite qu'il peut fournir sans doute plus de travail vis-à-vis des poisons normaux du sang, mais non plus vis-à-vis des poisons spéciaux habituellement arrêtés par le t'oie et que celui-ci laisse passer dans la circulalion.
Bouchard l'admet, du reste; Iluchard (1) reconnaît que les urines se chargent d'albumine
(1) HucHiiwi. — Bull, méd., iS'ii, p. il.
tO PATHOLOGIE DES AUTO-INÎOXICATIONS parce que In cellule hi^patiqiie ne remplit plus son rôle. Itendii(l) admet une n^-phrile congestive pur suilo du passage de substances irritantes négligées par le foie, Mollièro (2) admet que la néphrite aiguë est une complication des maladies du foie, que ces lésions ont pour cause le passage de substances irrïtunlos non arrêtées par le l'oie, et qu'il esl possible ainsi d'expliquer certaines maladies de Uright, on dehors de toute autre donnée étiologiqne.
Le chapitre qui pi'écfede était nécessaire pour établir soigneusement les principes qui régissent les intoxications en dehors de l'état gravide. Ces principes vont me servir à l'étude des divers états de la grossesse qu'on peut ratlachei' à une intoxication. Je trouverai le guide nécessaire pour discuter leur pathogénie, leur diagnostic et leur traitement dans ces notions peut-être un peu longues, mais n(5cesaaires parce qu'elles sont la hase de ce travail.
jusqu'à présent j'ai vu que la grossesse prédisposait aux intoxications en général et peutêtre à une intoxication spéciale ; j'ai vu comment les organes de défense se comportaient vis-à-vis
(i) Rendu. — Mécanisme du la cachexie ol de [a morl linna la cirrlinae. Bem. mëd-, juin 1892.
(3) M0LLIÈH.B. — Les néphrites aigults et chroniques par insurilsance hépatique.. Lyon méd., 15 fév. 1S91,
IL EXISTAIT UNE MALATHE ANTÉHIEUBE 41 de ces poisons spéciaux, dans lu grossesse normale.
Qanrrive-t-il quand, chez une femme enceinte. Vun ou l'autre de ces organes vient d détenir insuffisant?
Il me faut naturellement encore distinguer deux cas bien différents : ou bien l'organisme ne présente aucune tîireanli'rieurc, tous les organes fonulionnent intacts ; ou bien, au contraire, il y a pri'-exislence h. la gravidili'', d'une maladie du foie ou des reins.
I. II existait une maladie antérieure. — a) Dx" FOIE. ^ Gomme tout h. l'heure, nous assistons à l'évolution des maladies, cirrhose, alcoolisme, ictère chronique, localisation d'infection. etc. Mais le pronostic sera certainement plus sombre à cause des complications rénales plus fréquentes et plus graves (Hanot). Il est certain que ces maladies faciliteront l'inloxicalioa par l'insuffisance hépatique qu'elles occasionnent, et nous pourrons donc voir ici tous les accidents secondaires de cette insuffisance, spéciaux aux maladies du foie, mais auxquels la grossesse donnera une physionomie pari i eu li ère.
Le Masson (i) a bien étudié la fréquence de la colique hépatique pendant la grossesse, chez les individus prédisposés. C'est aussi à l'influence du foie que l'on doit rattacher la gravité spéciale du diabMe et la fréquence de rinsuffisance hépatique et du coma diabétique chez ces malades (Pinard).