‹ Les Auto-intoxications de la grossesseChapitre 17 sur 32 · IL N'EXISTAIT AUCUNE MALADIE ANTÉRIEURE · texte numérisé non relu

IL N'EXISTAIT AUCUNE MALADIE ANTÉRIEURE

mais presque toujours on retrouve daus ces cas les signes du petit brightisme, tels que les a décrits Dieulafoy,

II. Il n'existait antérieurement aucune maladie ni du foie, ni des reins. — J'nrrive à la partie capitale de ce travail, au point de vue pathogénique. Qu'on me pardonne, dfts à présent, de ne pouvoir, dans l'état actuel delà science, apporter ici des preuves péremptoires de tous les faits que j'énoncerai ; la plupart du temps, je serai obligé de me reporter au chapitre dos généralités, que j'ai fait à dessein aussi complet que possible, et je déduirai par analogie, suivant en cela la méthode de Itouchard.

Le but que je me propose est du reste simplement d'exposer les faits à un point de vue particulier ; je me garderai de tirer des conclusions trop nettes, et devant l'énoncé de ces idées et les arguments dont j'essaierai de les soutenir, chacun restera libre de discuter et de tirer luimême les conclusions qu'il croira justes.

Voici, rapidement résumé, l'exposé de ces théories que M. Pinard appelle \'}iépato-toxhémie

Je pense, à la suite de mon y[.s.i\.T&, qu'un certain nombre d'accidents et de complications de la grossesse sont sous la dépendance directe de l'état du foie. Le rein, ainsi que je l'ai dit, en dehors des maladies préexistantes, n'aurait qu'KMe action secondaire, quoique souvent très importante, et l'albuminurie gravidique ne serait souvent qu'une complication et même un signe de l'insuffisance képa-

44 PATHOLOGIE DES AOTO-INTOXICATIONS tique. Le rein aurait parfois une action déterminante sur la prodiictiou des accidents, mais il ne pourrait pas seul les diîlerminer. En un mot, ces accidents s'accompagneraient toujours d'insuffisance hépatique, souvent, mais pas toujours compliquée elle-môme d'insuffisance rénale. Au contraire, l'insuffisance rénale seule déterminerait d'autres manifestations bien à elle.

Cependant, dans certains cas, une albuminurie h frigore, par exemple, pourrait Ctre la raison déterminante d'une insuffisance hépa.tique ; mais encore une fois, les accidents graves et spéciaux ne pourront exister avec un foie suffisant et agissant.

Tel est le problème très nettement posé que je me propose de résoudre.

L'historique de cette thi^orie n'existe pas, puisque M. Pinard en a parlé seulement dans son enseignement oral; cependant Ribemonl'Dessuignes et Lepage (1) en donnent le résumé.

Schwab l'a repris dans une revue critique (2). Enfin Le .Masson (3) l'a exposée surtout au point de vue des maladies du foie préexistantes.

Ce problème peut se subdiviser lui-même en plusieurs. Et d'abord :

i" Quelles sont les causes bk l'iksuffiban'ce

HÉPATIQUE, SPÉCIALE A LA GROSSESSE? En dehoTB

d'une lésion rénale ou d'une albuminurie à fri-

(1) RiBI

(2) BcBWAB. — Arch. de Mêd., 1891.

(3) Lg Hasbok. — Loco cilala.

i rl'ulislËti'lqtii?,

IL rï'EXlSTAlT A^ICD^E MALADIE ANTÉRIEURE 4S gore, qui peut rompre l'équilibre en augmentant la toxicité du sérum sanguin, on peut être assez embarrassé pour répondre à cette question.

Cependant il est certain que, pour quelques cas, l'hérédité joue un rôle évident. M. Pinard connaît des familles où les vomissements incoercibles sont héréditaires et prévus. De même pour le plyalisrac; je possiïde une observation où la grand'mère, la mère et la lîlle en ont présenté à chacune de leurs grossesses. On sait, -du reste, quel rôle joue l'hérédité dans les maladies du foie, et celui-ci peut ainsi être plus apte à subir une influence morbide. Le système nerveux a une énorme action sur l'état des cellules, des organes sécrétoireset éliminateurs, et la base primordiale de toute étude palhogénique en pathologie nerveuse est, suivant l'enseignement de Charcot, l'hérédité. Il semble que chacun apporte en naissant une disposition particulière des cellules.

Quoique j'étudie seulement, ici , les cas où le foie était sain avant la grossesse, je ne puis passer sous silence les cas où une maladie de foie, antérieure et paraissant guérie, se reproduit par l'inlluence de la grussessc sous une forme d'insuffisance. Le Masson en a cité de nombreux exemples pour la colique hépatique; j'en connais deux pour l'ictère soi-disant catarrhal ; il est certain que ces accidents antérieurs, quoique guéris, mettent le (oie dans un état d'infériorité relatif.

Du reste, même avec les apparences complètes

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