V. - QUELQUES MANIFESTATIONS DE L'HÉPATO-TOXHÈMIE GRAVIDIQUE
1. Troubles dyspeptiques et vomissements ' de la grossesse, etc. — Ces accidents sont t général très bénins, mais cependant ce sont des J phénomènes anormaux ; ils marquent pouiri M. Pinard un premier degré d'intoxicatioii légère; ils peuvent être mis sur la même ligan que certains troubles nerveux légers : change-4 ment decaractôre, irritabilité, céphalée, somno-| lences. Ils sont signalés par Hanot, comme \em premiers signes de l'insuflisance hépatiqua dans les maladies du foie et comparables, suiJ vant Keiffer {!), aux légers troubles que l'oçi
constate, par raénorrhi^mie clans l'aménorrhée.
II. Prurit généralisé. — Ce phénomène, bien noté par Stollz (1), est considéré par M. Pinard comme d'un pronostic grave pour l'enfant. On peut le rapprocher de ce que l'on voit dans les maladies du foie, même sans ictère.
" Le prurit, dit Carrière (2), est un signe révélateur des plus précoces et des plus constants de l'insuffisance hépatique. Houchard dit qu'il faut se méfier de ces prurits rebelles à toute médication et dont on ne peut pénétrer la cause ; ils sont souvent le fait d'une insuflisance hépatique. ••
Au point de vue du pronoslic.je verrai de quelle importance est cette forme d'intoxication gravidique au point de vue de la vie de l'enfant.
Je possède deux observations de prurit généralisé ; dans le premier cas, lagiiérison survint après 8 jours, dans le Second, après 12 jours de régime lacté.
III. Ptyîllisrae. — Il est actuellement admis par tous les pathologistes que ce phénomène est causé par un poison particulier; je dois dire que, si l'on connaît une sialorrhée hépatique, on en connaltaussi uneurémiqiie. Maïs dans la plupart des cas de ptyalisme, même quand il accompagne les vomissements incoercibles, ce qui est si fréquent, il est rare de trouver des lésions dn rein, de l'albuminurie, et même les signes du petit brightisme,
(1) Stdltz. — Art, Grossesse. Dicl, de Jaccoud.
(2) Carrière. — De rinsumsance hépatique. Gaztlle des Hôpitaux, 7 janvier 1866.
HÉPATO-TOXHÉMIË GRAVIDIQUE
« La salivation peut être réflexe, certainu poisons irrilanl les terminaisons nerveuses an niveau de la cavité bu<:co-pharyngée, ou mâmq au niveau de l'estomac. «
" Un deuxième groupe est représenté parla* sialorriiée élimiiialoire, la sécrdlion est accrue parce que l'épithélium est excité par le passage des substances anormales (1). »
Cet accident débute parfois, de même que les autres phénomènes dits sympathiques de la grossesse, quelques jours après le début de la grossesse. J'ai répondu déjà àcet argument contre l'auto-intoxication. Audebert (2) en a publié un cas dans la rétroversion utérine : rien d'étonnant à ce que celle-ci ait servi de cause occasionnelle.
Le régime lacté a sur cet accident une action vraiment extraordinaire ; je pourrais ciler l'observalion d'une dame qui eut du plyalisme avec vomissements graves; avant de savoir qu'elle était enceinte, on lui appliqua diverses médications qui échouèrent, puis le diagnoslicde la grossesse ayant été l'ait, le régime lacté donna une guérison complète. Après six semaines de traitement, la malade mangea de la viande et fut reprise de ses accidents, et celte expérience, trois fois faite, fut accompagnée de trois rechutes. Enlin le régimefutdélinilivement suivi jusqu'àla lin delà grossesse et il naquit un enfant de 3,400 grammes; mais, fait très intéressant, le placenta présentait
(I) RooiR. — Les inloxlcalions, p. 9li2.
(3) Audebert. — Gasetle kebd. des Se. mr'd.
ISn p. 423.
liordeaux.