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CHAPITRE II

Le rôle nocif des poisons digestifs démontré par l'expérimentation.

Malgré les rapports intimes que nous venons d’étudier et que l’on constate journellement entre certains troubles pathologiques d’une part, et les différentes causes susceptibles d’exagérer la toxicité du contenu gastro-intestinal d'autre part, tous les auteurs n’ont pas voulu admettre l'existence de ces auto-intoxications. C’est ainsi que, faisant le procès des autointoxications d'origine gastrique, M. Albert Robin, en 1900, devant la Société de thérapeutique, coneluait « qu'aucun fait probant ne démontre la réalité des toxines gastriques, ..….. que la théorie de l’auto-intoxication d’origine digestive ne repose que sur des analogies...»

Pour démontrer la réalité de cés processus toxi- :

RENE ques, différents auteurs ont eu recours à l’expéri-

mentation. Tous n’ont pas suivi la même méthode.

Les uns s'adressant aux émonctoires, ont cherché dans la toxicité des urines un témoignage de la toxicité des humeurs au cours des affections gastrointestinales, comme dans les différents régimes alimentaires. Sauf, en effet, dans les cas d’imperméabilité rénale entraînant la mort à brève échéance, la toxicité intra-vésicale est en rapport avec la composition du sang et de la Ilymphe. C’est surtout depuis les travaux du professeur Bouchard qu'on connaît les relations existant entre les fermentations intesti-

nales et latoxicité urinaire.

Cet auteur a expérimentalement établi que les poisons s’éliminant par le filtre rénal dérivent pour une part des putréfactions du tube digestif.

Après lui Charrin et Roger ont fait connaître les variations de la toxicité urinaire consécutives aux variations dans le régime alimentaire. Ils ont vu cette nocivité diminuer considérablement avec le régime lacté et d'avantage encore pendant l’abstinence, circonstances qui abaïssent au minimum la production des poisons intestinaux.

Grâce à d’autres expériences, encore inédites, faites au laboratoire du Collège de France en collaboration avec M. Roché, Charrin a pu montrer que l'urine des lapins, dont on lie l'intestin, devient dense, riche en matières colorantes, en albumine, enindican, Satoxicité devient telle qu'il suffit en géné-

ral d’injecter 5 à 11 centimètres cubes au lieu de 15, pour tuer 1 kilogramme de matière vivante.

Dufour de Vichy, ayant soumis des chiens à la suralimentation carnée exclusive, a constaté dans leurs urines, de l’albumine, des pigments biliaires normaux, de l'indican, des niatières azotées incomplètement comburées en très grande abondance,

Les recherches de Lucchi lui ont montré que l’intensité des fermentations digestives faisait varier parallèlement la toxicité urinaire.

Jullien, dans sa thèse, meten évidence la présence presque constante, dans les affections des voies digestives, de l’indican, des acides sulfo-conjugués, de l’urobiline, de l’acétone.

Lesné et Merkien, enfin, ont analysé les urines de nourrissons atteints de gastro-entérite: Ils les ont trouvées hypertoniques à-lexamen cryoscopique. Les urates, l’acide urique, Pindican s’y trouvaient en proportions considérables. Quant à la toxicité, elle était considérable et proportionnelle à la gravité de la maladie.

Toutes ces recherches, on le voit, sont assez concordantes. [lest aisé d'en conclure que cette hypertoxicité des urines est due à une plus grande absorption despoisons digestifs, dont quelques-uns d’ailleurs se retrouvent intacts dansla vessie.

Les auteurs précédents, par l'examen des urines, ont donné la preuve indirecte de labsorption des toxiques gastro-intestinaux. D'autres auteurs ont

réalisé expérimentalement cette auto-intoxication

dans le but d'examiner à loisir les lésions provoquées. Les procédés employés pour arriver à ce résultat peuvent se ranger en trois catégories principales :

10 Provocation de troubles digestifs par une alimentation vicieuse ; À

2 Provocaüon de fermentations et abolition des défenses intestinales par une ligature plus où moins complète de l'intestin ;

3° Injection sous la peau d’extraits de contenu gastrique ou intestinal au préalable stérilisé.

Dans le premier groupe se rangent les expériences de Dufour, ci-dessus mentionnées, celles d’Albarel de Montpellier, de Spillmann et d'Ossipofr.

Dufour, sur ses chiens soumis à la suralimentation carnée, observa non seulement des modifications urinaires, mais aussi des altérations hépatiques et rénales, de l’amaigrissement, des altérations de la peau consistant en eczéma généralisé et en ulcérations disséminées.

Albarel de Montpellier (1) prétendit avoir obtenu des lésions nettes de rachitisme à l’aide d’une alimentation défectueuse etde mauvaises conditions hygiéniques. Spillmann, dans des expériences de contrôle ne parvint pas à ce résultat. Il put seulement observer de la gastro-entérite, de l'amaigrissement, de la cachexie, des arrêts de développement. |

Dans de récentés expériences, Ossipoff, en 1901,

ayant provoqué des intoxications botuliniques chez

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