RE PRE
revins dans la maison de mon mari ; n’osant frapper à la porte, je suis restée blottie dans le couloir, jusqu’à ce qu’une voisine m'ait aperçue. J'ai tout raconté à mon mari, qui m'a menée chez le commissaire. »
La malade est profondément désolée et pleure à chaudes larmes.
La nuit du 10 au 11, elle est assez calme. Le 11 février au matin, elle répète son histoire avec tous les détails et dans ies mêmes termes. Le mari convoqué dit que sa femme l’a quitté il y a huit jours et qu'il ne sait pas où elle est allée. Il lui a acheté une paire de sabots tout neufs, qui sont usés ; elle doit avoir beaucoup marché. 1] dit avoir écrit à Lisle, mais il n'a pas encore de réponse. ‘
Le 12 février au soir, la malade s’est un peu agitée dans sa cellule. Elle voyait des éclairs et des figures, qui lui ont fait peur (crises d’hallucinations’.
Le mari ne revenant pas. on a envoyé une dépêche à Lisle. Le lendemain matin on a reçu la réponse suivante : ( Femme D... arrivée à Lisle le 8 février, à neuf heures du soir ; repartie seule le lendemain pour Paris par le train de huit heures du soir. Veuve T..., sa mère, n’a pas quitté Lisle. » On montre cette réponse à la malade. Cette dernière hésite d’abord, puis elle se met à pleurer et dit en sanglotant : &« Tant mieux si elle vit. »
D. — Vous rappelez-vous être retournée seule de Lisle ?
R. — Non, je ne me rappelle pas, je crois que ma mère est montée avec moi.
D. — Vous expliquez-vous la raison pour laquelle vous avez quitté votre mari et êtes allée à pied à Lisle ?
R. — Je ne sais pas, je ne me rappelle pas ; j'aurai perdu la iète, il m'est passé quelque chose dans la tête qui n'est pas naturel.
D. — Votre allaitement (enfant qu’elle a nourri au sein pendant cinq mois) vous a-t-il beaucoup fatiguée ?
R. — Oui, monsieur.
PICARD à