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ALCOOLISME ET DÉGÉNÉRESCENCE MENTALE

A côté de ces cas d’autoaccusation, imputables à l’alcoolisme seul, on en trouve d’autres, dans lesquels l’alcoolisme est uni à d’autres processus morbides : ainsi se réalise un alliage pathologique, où chacun des éléments entre en doses plus ou moins fortes, et Joue vis-à-vis de l’autre un rôle soit d’excitant occasionnel, soit d'appoint modificateur, soit d'élément directeur.

L'association la plus fréquente est celle de l'alcoolisme et de la dégénérescence mentale. Chez les débiles, qui sont déjà prédisposés au délire d'Autoaccusation, l’appoint de l'élément toxique réalise les conditions étiologiques les flus propices à l’éclosion du délire; chez eux l'alcoolisme excite l’automatisme psychopathologique, affaiblit le pouvoir d’inhibition et favorise l’exécutiôn de l'acte morbide de l’autodénonciation Sous l'influence de doses d’alcool, souvent légères, on voit apparaître, chez ces malades, la sollicitation à l’autodénonciation avec tous ses caractères de gloriole, de besoin de notoriété, de mensonge et de vanité; suivant que l’alcoolisme ou la débi-

lité prédomine dans le syndrôme, les caractères particuliers à chacune des causes se retrouvent d’une façon plus ou moins nette et on peut ainsi penser à la variété et à la richesse des résultats cliniques de ces hybridités étiologiques .

L'alcoolisme entraîne de même les déséquilibrés à l'autoaccusation par l'intermédiaire du délire onirique et des idées fixes de culpabilité, consécutives aux illusions du rêve. Souvent l'alcoolisme joue le rôle prédominant et on voit ainsi se dérouler tous les symptômes décrits ;. mais d'autrefois l'état mental joue le rôle étiologique principal, et on a alors affaire à un délire mixte d'autoaccusation, variant avec chaque malade et présentant tel ou tel symptôme, suivant qu’un des éléments étiologiques l'emporte sur l’autre.

C’est surtout dans ces associations morbides, que l’on observe le délire d'Autoaccusation à répétition ; le malade, en effet, après un certain temps, a tendance à revenir à la raison ; l’appoint alcoolique étant supprimé, tend petit à petit à disparaitre et parallélement le délire d’autoaccusation devient plus confus : ie malade guérit et est remis en liberté. Alors, comme en général son état de débilité le rend incapable de réfréner ses passions, il se remettra à boire et chaque excès de boisson tendra à faire éclore un nouveau délire d’autoaccusation, qui deviendra de plus en plus tenace, jusqu’au moment où le malade en arrivera à la démence terminale ; il suffira qu'en même temps que l’appoint alcoolique, le malade soit impressionné par un fait de sa vie intime ou par le récit d’un

crime pour qu'aussitôt on voit apparaître le délire d’autoaccusation.

A côté de ces deux variétés de la dégénérescence mentale, on voit encore l’alcoolisme intervenir comme cause prédisposante chez les dégénérés paranoïaques et donner lieu à la classe des persécutés autoaccusateurs alcooliques. Mais le plus souvent les malades, qui se considèrent comme des victimes coupables, ne réagissent pas contre leurs persécuteurs et reconnaissent, dans leurs torts, la raison d’être de leurs persécutions ; ils vont au devant du châtiment dont ils se croient menacés, mais ne donnent que rarement lieu à une intervention médicolégale. La portée médico-légale de ces idées d’autoaccusation est donc fort restreinte.

Voici quelques observations de ces différents cas :

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