‹ Les Autoaccusateurs AlcooliquesChapitre 29 sur 34 · OBSERVATION XXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXI

Autodénonciation imaginaire d’un assassinat par un débile vaniteux, alcoolique. Autodénonciations écrites antérieures multiples, de délits variés, commises sous l'influence d’excès

absinthiques intermittents. Enquête. — Examen médicolégal. — Non-lieu.

(G. Ballet. — Un inculpé autoaccusateur.— ÆAevue de psy-

chiatrie 1897).

OBsERVATION XXII

Autodénonciation délirante d’un assassinat par un degénéré alcoolique délinquant et délirant récidiviste (sept interne-

ments et cinq ou six arrestations). Enquête judiciaire. —

Pas d'expertise médico-légale. — Non-lieu.

(Oudard.— Du délire d'autoaccusation, — Thèse de Bordeaux 1900),

OBsSERVATION XXIII

Autoaccusation délirante chez un persécuté alcoolique; attente de l’éxécution et réclamation du supplice au commissaire de police. Internement. — Amélioration.

(Batailler. — Les Persécutés autoaccusateurs. — Thèse de

Paris 1897. —- Observation VI personnelle).

D... 40 ans, feuillagiste, présente comme antécédents héréditaires un père et une mère morts de tuberculose pulmonaire, deux sœurs et un frère emportés par la même maladie. Le grand-père paternel est mort à 50 ans à la suite de nombreux excès de boisson; une tante maternelle, qui avait aussi des habitudes alcooliques. mourut à 45 ans, à Ja suite d’un ictus apoplectique. |

Dans son enfance, le malade n’a rien présenté d’anormal. Pendant son service militaire, il se met à boire et continue ses excès de boisson une fois son service fini. [l buvaiten moyenne deux ou trois absinthes par jour, deux litres de vin et cinq ou six petits verres d'esu-de-vie de marc; sous l'influénce de l'alcool, il eut tous les phénomènes, observés en pareil cas (gastrite, pituites matinales, crampes musculaires, tremblement, cauchemars). Les abus continuant, sa mémoire s’est un peu affaiblie, son caractère à changé ; il devint coléreux, brutal. Il dut quitter son travail à plusieurs reprises et fréquenta alors assidument les réunions publiques, où il afficha des opinions royalistes.

Le début des accidents remonte au mois de janvier 1897. A la suite de libations plus nombreuses encore que de coutume,

pue

il a des hallucinations continuelles, jour et nuit, et voit, entre autres, sur le mur de sa chambre écrit en lettres de feu : (St tu ne rentes pas les opinions royalistes, tu connaitras Derbler ». Comme il ne tenait aucun compte de ces menaces, les tourments augmentèrent encore ; une nuit on l’avait tellement (surchargé d'électricité » qu’il a entendu ces mots: « Cette fois, tu n’échapperas pas. ton affaire est faite. »

Hallucinations du goût et de l’odorat. Interprétation délirante de tout ce qui se passe autour de lui.

Un jour il crut comprendre en lisant un journal, que sa condamnation avait été prononcée au Parlement ; d’ailleurs dans la nuit il entendit ces voix : (« Zu iras Seul, on ne viendra pas: te chercher, tu t’y rendras toi-même. » Cela voulait dire qu'il devait se rendre à la Roquette pour se faire guillotiner. Il s’y rendit en effet à plusieurs reprises, attendant toujours que la justice fit son œuvre ; ne voyant rien venir, {/ se présenta au commissariat, demandant qu'on en finisse et qu'on l’exécute puisqu il avait été condamné.

Il fut conduit au Dépôt de la Préfecture et le lendemain arrivait à Sainte-Anne dans le service de Magnan.

Le malade, persuadé que «(sion lui fait des misères, c'est bien de sa faute » confesse (qué la peine est un peu forte et qu’elle va bientôt cesser ».

Amélioration lente et progressive.

Transfert à Ville-Evrard.

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