CHAPITRE IV
Les Planètes inhabitables ®
<( Après tout, la Lune n'est qu'un satellite, elle n'est ni habitée ni habitable, la cause est entendue et jugée, mais il nous reste toutes les planètes du système solaire. » Ainsi raisonnent les partisans de la pluralité des Mondes habités.
Nous nous garderons de tomber dans ces exagérations ; la Science, encore une fois, veut des faits, ne nous décidons jamais a priori ; le mieux est de continuer notre enquête, en nous appuyant, non sur des conclusions hypothétiques et douteuses, mais sur des observations certaines et des données admises après les plus sévères discussions.
Commençons par Mercure, ce mondicule perdu dans les feux du Soleil et dont le diamètre ne dépasse pas /j.Tjoo kilomètres.
46 Li:3 AUTRES MONDES SONT ILS HABITÉS ?
Cette planète, i>.3 fois plus petite que la Terre, circule en 88 jours, tout près de l'astre central ; 58 millions de kilomètres seulement l'en séparent alors que la Terre se trouve près de 3 fois plus éloignée.
Vu de Mercure, le Soleil apparaît comme un globe énorme, 7 fois plus grand que le même disque vu de la Terre, ardente fournaise déversant des torrents de feu sur le sol mercurien.
Voilà déjà de bien mauvaises conditions pour des êtres vivants.
Quelles températures peuvent vraisemblablement régner en ces infernales régioris ?
En s'appuyant sur une loi proposée par Stefan, il y a une trentaine d'années, la Physique va nous répondre.
A la distance 011 gravite Mercure, une surface planétaire tournée vers lé Soleil doit atteindre une température voisine de 200 degrés au-dessus de zéro.
Et notez que c'est là une moyenne pour la planète qui nous occupe ; l'orbite de Mercure, en effet, n'est pas un cercle, mais une ellipse assez allongée, si bien que deux fois au cours de l'année mercurienne, c'est-à-dire tous les hk jours, il se présente deux saisons bien marquées dues aux seules variations de distance. L'écart atteint 12 millions de kilomètres en plus ou en moins de la distance moyenne, circonstance qui nous donne
pour l'été de la planète une température de 2/10 degrés environ.
Nombre de substances solides sur la Terre so-nt donc liquéfiées sur Mercure. L'eau ne saurait demeurer qu'à l'état de vapeur ; par contre, nos fleuves et nos rivières y sont remplacés par des torrents de soufre ou d'étain en fusion.
Ces ardeurs d'un soleil implacable sont-elles au moins tempérées par des alternatives de jour et de nuit comme chez nous ?
Voilà ce qu'ignorent totalement les astronomes.
Nous connaissons assez bien la grosseur de Mercure, approximativement la valeur de sa masse, mais aucunement la durée de rotation du globe.
Au cours du xix" siècle, on admettait couramment que Mercure tournait sur lui-même en 24 heures environ, mais depuis les recherches de l'astronome italien Schiaparelli, la mode a changé. Cet astronome avait conclu de ses observations que Mercure tourne toujours une même face au Soleil, tandis que l'hémisphère opposé reste constamment dans l'ombre.
En réalité, les preuves en faveur de l'une ou l'autre hypothèse ne sont nullement décisives et la raison en est facile à saisir.
Mercure s'éloignant très peu du Soleil n'est visible que pendant de courts instants au crépuscule et à l'aurore, conditions très mauvaises pour
48 LliS Al'THES MONDES SONT-ILS HABITÉS ?
l'observation. Sur son disque fort petit, puissamment éclairé par les rayons solaires, l'œil, même armé d'un fort instrument, est impuissant à déceler des détails, si bien que la topographie de la planète nous est totalement inconnue.
Les romanciers qui dissertent sur la géographie de Mercure et nous décrivent ses habitants ne s'appuient donc sur aucune base sérieuse.
Que si nous admettons les conclusions de Schiaparelli, nous nous trouvons en présence des conditions climatologiques précédentes, mais encore exagérées.
Mercure tournant la même face au Soleil nous fournit l'image d'un globe perpétuellement rôti ; son point le plus chaud atteint /joo degrés, dépassant ainsi le point de fusion du bismuth et du plomb ; four torride, oIj nul organisme ne saurait subsister.
Mais dans cette hypothèse, la face opposée, plongée dans une nuit éclairée seulement par la lumière des étoiles et des proches planètes, reste soumise à un froid perpétuel de i>65 degrés audessous de zéro.
<( Etre gelés ou rôtis, écrivais-je déjà dans Quelques heures dans le Ciel, telle est l'alternative à laquelle les Mercuriens devraient se soumettre. A moins que les plus intelligents d'entre eux n'aient su fixer le choix de leur séjour à la limite de l'ombre et de la lumière. »
Mais cette limite n'est pas fixe ; en raison du mouvement elliptique très prononcé de Mercure sur son orbite, le Soleil paraîtrait subir dans le ciel pour un mercurien une sorte de balancement qui récarte de sa position moyenne. Il s'ensuit que la lumière envahit tour à tour un peu plus de la moitié de la planète, donnant lieu ainsi à des alternatives de température dont les écarts se chiffrent par des nombres voisins de 600 degrés centigrades pour le moins.
Mais toutes ces dissertations tombent devant un fait beaucoup plus significatif.
Le globe de Mercure ne manifeste aucune trace d'atmosphère. Le petit cercle lumineux que différents observateurs avaient aperçu autour du disque noir de la planète, lorsque celle-ci passe devant le Soleil, n'est qu'une illusion d'optique, ainsi que j'ai pu m'en convaincre lors du dernier passage de Alercure, étudié et chronométré, à mon observatoire de Bourges, le i/i novembre
On a aussi avancé que les recherches spectroscopiques auraient décelé la vapeur d'eau autour du disque, mais ceci n'est rien moins que certain.
Les conditions atmosphériques sur Mercure sont vraisemblablement identiques à celles qui régnent sur la Lune. ?ilercure, tout petit, a perdu très vite sa chaleur interne ; son évolution a été
Ai TfiKS Mondes 4
oO LES AUTRES MONDES SONT-ILS HABITÉS ?
très rapide, c'est un monde mort depuis longtemps, un rocher désert, soumis dès l'origine à une torréfaction terrible.
A-t-il été habité autrefois ? Evidemment non, car plus nous remontons dans le passé, plus nous nous trouvons en présence de phénomènes incompatibles avec une vie mercuricnne.
Au moment où Mercure, enveloppé d'une couche atmosphérique, aurait pu recevoir des organismes vivants, notre Soleil était plus chaud qu'aujourd'hui.
Sera-t-il habitable plus tard ? Ce n'est pas probable, si son enveloppe gazeuse absorbée par les roches a disparu pour toujours.
Mercure circule pour ainsi dire dans la banlieue du Soleil, à l'intérieur de l'orbite terrestre ; faisons un bond formidable de plus de 700 millions de kilomètres et nous voilà transportés bien au-delà de la Terre, dans la zone des grosses planètes du système solaire.
C'est là que gravite Jupiter, boule énorme tournant rapidement sur elle-même ; elle est accompagnée d'un brillant cortège de 9 satellites, dont le plus grand, Ganyniède, est un peu moins volumineux que Mars, mais plus gros que Mercure.
<( Voilà, vous diront les Fontenelle modernes en parlant do Jupiter, le globe prépondérant de toute la famille solaire, celui où sont préparées
les conditions les plus merveilleuses pour le développement de la vie, de l'intelligence et du bonheur ! »
Oui, en effet, si la grosseur d'une planète est un indice certain de bonheur pour ses habitants. Songez donc, Jupiter est i.3/io fois plus gros que notre misérable grain de poussière. Mais ce n'est pas tout ; pourquoi sommes-nous soumis à ces alternatives de froid et de chaud ; pourquoi les neiges et les frimas de l'hiver après les étés torrides ? Demandez-en la raison à un astronome. Il vous répondra que ces circonstances dépendent simplement de l'inclinaison de l'axe de la Terre. Si notre globe était redressé, nous jouirions d'un printemps perpétuel. Et c'est précisément ce qui existe sur Jupiter. Heureux Joviens qui ne connaissent que les climats tempérés, ceux qui, du moins habitent les régions tropicales ! Là-bas, les jours sont à peine de lo heures : 5 heures de travail, 5 heures de repos ; quel idéal ! Les années y valent 12 des nôtres environ ; un homme de 21 ans a déjà vécu deux siècles et demi. Heureuse jeunesse ! Un homme du poids de 70 kilogrammes en pèse 182 sur ce monde : quel astre fortuné I
« Ah ! combien une telle humanité sera supérieure à la nôtre (je copie toujours textuellement). Heureuses plages de Jupiter ! vous ne connaîtrez
point CCS lourinents et ces douleurs sous lesquelles frémissent encore les malheureuses contrées de notre Terre !... mais vous préparez dans le Ciel les Etats-Unis d'une république immense bénie du Créateur, flottant pacifiquement dans l'éther lumineux (sic) baignée dans la tiède température d'un éternel printemps, sans hivers et sans étés et grandissant lentement au sein de la paix et de l'Harmonie vers un état de perfection dont n'approchera jamais notre imparfaite et misérable planète ! etc., etc.. »
Encore un échantillon, plus récent celui-là, de cette littérature fantaisiste :
« Je pense aussi que les hommes de là-bas — les Jupitériens — sont velus et colossaux pour résister à la violence des vents continus, qui disposent les nuages en bandes parallèles autour de Jupiter et se meuvent suivant Herschcl à la vitesse de 90 lieues à l'heure. De tels vents nous emporteraient, nous, comme des fétus de paille. Mais combien il est puéril de juger l'existence de ces gens par la nôtre ! La nature et l'art humain ont des ressources infinies. Et je ne serais pas surpris que les Jupitériens fussent chez eux, grâce à l'adaptation, grâce aussi à leur stature colossale, aussi à l'aise que nous le sommes chez nous. »
Voilà les tirades servies au xx' siècle à des lecteurs instruits. L'Astronomie n'a rien à voir
dans ces fantaisies. Cette science admirable a fait heureusement quelques progrès depuis Herschel et une sérieuse mise au point s'impose de plus en plus.
A ne considérer que la position de la planète, le séjour de Jupiter serait loin de ressembler à un éternel printemps. A cette énorme distance, le Soleil est réduit au cinquième environ de son diamètre apparent vu de la Terre ; si cet astre est l'unique source de chaleur des organismes joviens, Jupiter doit être un monde glacé. En fait, l'application de la loi de Stefan nous donne, pour la température théorique à la surface, i4i degrés centigrades au-dessous de zéro ! Voilà de quoi refroidir l'enthousiasme de ceux qui nous prêchent le perpétuel printemps de Jupiter.
Toutefois, ces considérations tombent encore sous la réalité des faits constatés,
La masse de l'énorme planète a pu être évaluée d'une façon exacte, grâce à ses nombreux satellites. Le « poids » de Jupiter, pour employer une expression impropre, mais qui sera mieux comprise, n'est pas en rapport avec son volume. Jupiter est i.34o fois plus gros que la Terre, avons-nous dit, eh bien, si nous le placions dans le plateau d'une balance, il nous suffirait de mettre de l'autre côté 817 Terres seulement pour lui faire équilibre.
11 faut en conclure, évidemment, que la ma-
tière jovicniie est beaucoup plus légère que le même volume de matière terrestre. Alors qu'un litre de la Terre pèse 5. 620 grammes, un litre de Jupiter n'accuserait qu'un poids de i.3oo grammes : à peine serait-il plus pesant que le même volume d'eau. Si l'on tient compte des pressions formidables supportées par les couches intérieures, on arrive à cette conclusion certaine que Jupiter est un globe entièrement gazeux tout comme le Soleil dont la densité est presque la même.
L'examen télescopiquc confirme entièrement ces vues.
Dans une atmosphère épaisse, des bandes de nuages s'étalent parallèlement à l'équaleur de la planète. Comme sur le Soleil, aucun accident n'est stable à la surface de Jupiter ; la durée de sa rotation augmente en approchant des pôles ; le pouvoir réflecteur des couches supérieures est si considérable qu'il atteint presque celui du papier blanc. C'est tout juste si la planète n'est pas lumineuse par elle-même.
Evidemment, Jupiter n'est pas éteint depuis longtemps.
Son volume, supérieur à celui de toutes les autres planètes, l'a préservé davantage contre le refroidissement.
11 y a quelques millions d'années à peine, le monde jovien brillait d'un éclat propre, abso-
lumoiit comme une toute petite étoile lumineuse par eîle-m«*.me.
Aujourd'hui, ce n'est plus qu'une sorte de demisoleil. S'il réfléchit, en effet, la lumière de l'astre central, il est non moins certain qu'il nous envoie des radiations émanant de son propre fond, si je puis employer cette expression et plus particulièrement dans le rouge et l'orangé.
Les nuages réfléchissant la lumière solaire sont situés dans les hautes couches de son atmosphère et les rayons du Soleil ne paraissent pas y pénétrer bien profondément ; par contre, entre les interstices blanc-verdâtres, nous apercevons des bandes plus sombres d'une belle couleur rougebrique, rappelant les teintes d'un métal à peine incandescent.
J'ai eu, pendant des années, cette impression d'une chaleur interne, fusant à travers l'épaisse couche nuageuse, lorsqu'un jour et tout à fait par hasard, j'eus la bonne fortune de vérifier mon hypothèse.
Comme Jupiter tourne à peine penché sur le plan de son orbite et que ses principaux satellites sont voisins du plan de son équateur, il arrive très souvent qu'ils passent entre Jupiter et la Terre ; d'autre part, lorsque le Soleil se trouve de notre côté, les lunes joviennes produisent sur la surface planétaire une véritable éclipse de soleil.
De noire demeure céleste, nous pouvons donc maintes fois assister à ces phénomènes d'éclipsés totales si rares sur la Terre. C'est alors merveille, si l'on dispose d'un fort télescope, de voir l'ombre du satellite se projeter sur la surface nuageuse, non pas comme un petit cercle ombré, mais comme une sorte de cylindre, pénétrant à travers la couche atmosphérique de la planète.
J'avais lu bien souvent la description de ce phénomène et tous les auteurs représentaient ces éclipses com.me nous les verrions de loin si nous assistions au passage de l'ombre de la Lune sur la Terre.
Or, il n'en est rien, et la comparaison entre les deux ordres de phénomènes ne saurait être soutenue.
Sur Jupiter, non seulement l'ombre n'est pas aussi délimitée, mais elle n'est pas noire ; elle apparaît avec une teinte brun rouge très marquée.
Ainsi l'endroit de Jupiter qui ne reçoit pas la lumière directe du Soleil et qui devrait par conséquent nous présenter une absence de radiations ou de couleurs, possède une coloration propre disparaissant seulement sous la luminosité plus forte du Soleil.
Il y a donc encore sous la couche imageuse, des substances chaudes, probablement portées au rouge sombre, comme les coulées de fonte de nos hauts fourneaux.
Malgré la pesanteur énorme — près de trois fois supérieure à celle de la Terre — qui règne ;\ la surface de ce monde géant, la poussée des gaz doit être formidable.
Des scories, moitié solides, moitié liquides, nagent sur un océan de feu ; des laves à l'état visqueux sont sans cesse lancées dans sa bouillante atmosphère. De la surface pâteuse s'échappent des panaches de fumées qui se condensent à une faible hauteur et sont entraînés par la rotation rapide de la planète. Ainsi s'expliquent certains détails de l'atmosphère jovienne, plus permanents que les autres : la grande Tache rouge par exemple, cette gigantesque formation, large comme la Terra et dont la longueur est trois fois supérieure au diamètre de notre globe.
Ses variations de forme et d'éclat, ses vitesses différentes, les façons dont elle se comporte visà-vis des détails voisins, la durée en apparence capricieuse de sa rotation, tous ces faits nous prouvent que la Tache rouge n'est pas un continent et ne saurait être rattachée à une surface solide et stable.
Après de semblables constatations, on peut s'étonner à bon droit d'entendre des auteurs plus poètes que philosophes et plus romanciers qu'astronomes, poser sérieusement la question de l'habitabilité de Jupiter.
Alors que les organismes les plus inférieurs
ne résistent pas à des températures permanentes de i6o à 200 degrés au-dessus de zéro, comment admettre la possibilité pour une cellule vivante d'évoluer dans l'ardente fournaise jovienne ?
Jupiter sera-t-il habitable un jour ? Cela n'est guère probable. Lorsqu'une croûte solide pourra s'installer à sa surface et que la chaleur interne ne fusera plus à travers l'écorce, notre Soleil, dont les rayons actuels seraient déjà impuissants à entretenir la vie en ces régions lointaines, ne sera plus qu'une étoile rouge, se hâtant vers la mort.
A peine si sa chaleur affaiblie sera suffisante pour aider au développement de la vie sur la Terre, par quelles forces mystérieuses ses radiations pourraient-elles activer la vitalité d'organismes naissants sur le monde jovien ?
Pour être plus petite que Jupiter, la planète Saturne n'en est pas moins intéressante.
Que de fois, en contemplant cette merveille au bout de mon télescope, ma pensée s'est envolée sur celte sphère lointaine 1
Vision invraisemblable : là-haut, à quelque dix mille kilomètres, une arche lumineuse est étendue ; c'est l'anneau de Saturne, large de 68.000 kilomètres ; poussière vaporeuse tournoyant rapidement autour d'un globe 812 fois plus gros que la Terre ; sur ce voile, tissé de paillettes d'or, la planète allonge son ombre elliptique et à tra-
vers les mailles de ce réseau de loo kilomètres à peine, je distingue les étoiles. Au milieu des lo satellites accompagnant Saturne, Titan, le plus gros, paraît trôner comme un dieu de l'Olympe.
Quel admirable tableau pour les Saturniens I Evidemment, mais les Saturniens n'existent pas. La grosse planète n'est même pas arrivée au stade de condensation de Jupiter ; c'est une mer de bouillantes vapeurs, un amas de gaz à haute température, une atmosphère de fournaise. Saturne n'a même pas, dans l'ensemble, la densité de l'eau ; placé sur un océan, il surnagerait comme une moelle de sureau.
Vu de si loin, notre Soleil n'est plus qu'un disque brillant, sans doute, mais de si faibles dimensions apparentes que ses rayons affaiblis n'entretiendraient pas sur un globe solide une température supérieure à 176 degrés au-dessous de zéro.
En résumé, Jupiter et Saturne sont inhabitables, puisqu'ils sont encore à leur première phase de vie planétaire, la période gazeuse obscure, mais extrêmement chaude ; ils ne seront jamais habités, car à l'époque où la condensation rendrait possible sur leur écorce naissante l'installation de germes organiques, un froid terrible s'opposera à toute manifestation vitale, notre
60 LF,S AITRKS MONDKS SONT-ILS HABITES ?
Soleil lui-même, Iravcrscra la dernière crise de sa vie astrale et sera bien près de s'éteindre.
Ce raisonnement qui s'appuie sur les faits les plus certains et qui défie toute critique, reste valable a fortiori pour Uranus et Neptune, situés beaucoup plus loin, mais, dont nous connaissons fort bien la faible densité.
Uranus gravite à près de 3 milliards de kilomètres du Soleil et si son globe était solidifié, l'astre du jour n'y maintiendrait qu'une température de 200 degrés au-dessous de zéro.
En réalité, Uranus n'est qu'un amas de vapeurs 62 fois plus gros que la Terre et dont nous apercevons les bandes équatoriales nuageuses sans en soupçonner les détails.
L'axe de rotation est très incliné sur le plan de l'orbite.
Si le globe encore chaud d'Uranus pouvait avoir des saisons, celles-ci seraient tout à fait anormales, mais à cette distance, leurs vicissitudes seraient à peine sensibles.
Le Soleil, dans le ciel d'Uranus, n'est qu'une très grosse étoile dont le diamètre apparent ne varie guère du périhélie à l'aphélie de la planète.
Neptune se trouve à peu près dans les mêmes conditions : le télescope ne nous montre rien de sa surface et ceci ne saurait vous étonner, quand
nous aurons dit que son globe, 60 fois plus volumineux que le nôtre, est perdu aux confins du système solaire à près de 4 milliards 1/2 de kilomètres.
Cependant, comme pour Uranus, l'Analyse mathématique nous montre que sa masse est relativement faible ; son globe de vapeurs brûlantes continue sa condensation.
D'ailleurs, si nous le supposions solide, sa température ne serait pas supérieure de /io degrés à celle de l'espace interplanétaire, il y régnerait constamment des froids de 220 degrés au-dessous de zéro.
Dans le ciel de Neptune, le Soleil ressemble à un arc électrique puissant, mais sans diamètre sensible.
Conclusion : sur toutes les grosses planètes, à partir de Jupiter, la vie n'a jamais été possible ; elle n'existe pas actuellement, leurs conditions de température élevée et l'absence de toute écorce solide s'y opposeraient formellement.
Enfin, une cellule organique ne pourra môme pas se développer dans l'avenir en raison du froid persistant qui règne en maître dans ces régions lointaines.... à moins que la chaleur interne en fusant à travers l'écorcc puisse fournir l'appoint nécessaire au développement d'une cellule organique, se contentant, comme limiière, des pales rayons d'un soleil mourunl.