‹ Les auxiliatrices des ames du Purgatoire 1856-1909Chapitre 10 sur 40 · CHAPITRE PREMIER : LOOS-LEZ-LILLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER : LOOS-LEZ-LILLE

apprendre à donner mieux qu'un liard, et s'oiïrir eux-mêmes, et elle compose un acte d'offrande qu'ils réciteront : « Divin Enfant Jésus, nous voici tous réunis à vos pieds pour vous offrir tout ce que nous avons, tout ce que nous sommes, daignez recevoir cette consécration de notre vie toute entière. Nous voulons vous aimer, vous faire aimer et honorer, défendre les intérêts de votre gloire jusque dans les pays lointains ; nous nous occuperons avec ardeur du salut de nos petits frères de la Chine, tout aussi chers aux yeux de notre foi que s'ils étaient auprès de nous. » En présence de ce zèle joyeux, surnaturel, persévérant, il est impossible de ne pas se souvenir que la Chine fut la première mission qui s'ouvrit aux Auxiliatrices du Purgatoire qui comptaient dix années d'existence ; la grande demoiselle de Loos devenue Supérieure générale avait gardé tout son amour pour les petits chinois de la Sainte-Enfance.

Depuis longtemps Eugénie avait fait le vœu de virginité, qu'elle renouvelait aux principales fêtes de la Très Sainte Vierge ; en cette même année 1852, elle se sent portée à rendre ce vœu perpétuel. Elle en parle à Monsieur Chalandon, devenu évêque de Belley, qui l'autorise, pourvu que son confesseur y consente. C'est le 31 mai, dans la chapelle de l'Immaculée Conception de l'église Saint-Maurice qu'elle s'engage pour jamais, et les préparatifs de la loterie de novembre ne peuvent ce jour-là troubler le grand recueillement de son âme. L'apostolat ne la détourne guère des pensées profondes qui sont le fond de sa vie. Son avenir la préoccupe toujours. Monseigneur Chalandon a beau lui répéter qu'il la croit faite pour la vie active et que la clôture n'est pas son affaire, sa vocation ne lui paraît pas fixée ; faire le bonheur de ses parents, elle ne demande pas mieux ;

mais ne plus penser à autre chose, elle ne peut ni le promettre ni s'y résigner.

L'année 1853, comme celles qui l'avaient précédée, s'écoule toute apostolique et toute sanctifiante. Elle quête pour Notre-Dame de la Salette, pour le patriarche de Jérusalem, pour une œuvre belge, pour l'œuvre des Saints-Anges^ ; elle s'intéresse aux prisonniers de la maison centrale de Loos ; le zèle la consume, et toujours la Providence est sa trésorière. On connaît si bien sa dévotion que des aumônes de cent francs, de deux cents francs lui parviennent avec ces simples mots : « de la part de la Providence. » Ayant besoin de cent vingt-cinq francs elle fait, par l'intercession de sainte Anne, une neuvaine à la Providence ; le dernier jour elle se rend à une réunion au Sacré-Cœur, Une personne qu'elle connaît à peine lui remet cent cinquante francs.. Eugénie remercie et lui demande ses intentions : « Pour ce que vous voudrez, je destine seulement vingt-cinq francs à la bonne œuvre que vous désirez faire aujourd'hui. » Pendant le mois de mai, elle rêve de remplacer par une autre et plus belle et plus grande, la petite statue de la SainteVierge de sa chambre; le curé de la paroisse viendra la bénir sous le nom de Notre-Dame delà Providence. Maisc'est Marie elle-même qui doit lui donner la statue. Elle en avait trouvé une fort à son goût, et elle venait d'en demander le prix, quand, au sortir du magasin, elle rencontre une amie. Mise au courant de ses projets : « Je te la donne, lui dit la jeune fille, à condition que tu auras un souvenir tout spécial pour moi dans tes prières, pendant le mois de mai. » Notre-Dame de la Providence prit

I. Cette œuvre des Saints- Anges aA'ait été fondée par Monseigneur l'évêque de Belley pour la conversion des protestants de Genève.

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