‹ Les auxiliatrices des ames du Purgatoire 1856-1909Chapitre 5 sur 40 · CHAPITRE PRKMIER : LOOS-LEZ-LILLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRKMIER : LOOS-LEZ-LILLE

<-'est un peu long, répare vite ce petit péché ; si cela t'ennuie, fais-le pour les âmes du Purgatoire^. » Les pauvres ne sont point oubliés ; sa bourse est petite, mais elle suppléera. Son père lui a permis de distribuer les fruits tombés, et le verger est très vaste ; au besoin, on peut aider les fruits à tomber, et Eugénie ne s'en fait pas scrupule : l'aumône couvre la multitude des péchés... Pour s'occuper, elle a encore le souci de sa vocation. On l'attend au Sacré-Cœur, et bien qu'elle n'ait aucun goût pour l'enseignement, elle veut toujours y entrer, mais son état de santé le permettra-t-il ? Elle consulte simplement ses parents ; ils refusent : « Tu n'as pas la force suffisante. » Eugénie n'est pas découragée et répète avec la même confiance son oraison jaculatoire : « Seigneur, je ne sais pas me donner, prenez-moi. » Elle croit, à certaines heures, entendre comme une réponse de Jésus : « Je ferai de toi un vase d'élection, tu seras religieuse, mais pas comme une autre. » Un jour, plus incertaine que de coutume, son confesseur absent, elle veut consulter le P. Ringot de la Compagnie de Jésus. Mais le Père Ringot doit partir demain et elle ne peut aller aujourd'hui. Heureusement il y a la divine Providence : vite une prière pour que le Père manque le train. Le lendemain elle sonne à la résidence, le Père arrive : « Vous avez de la chance ; je devais prendre le train ce matin, je l'ai manqué. — Cela ne m'étonne pas, le bon Dieu savait que j'avais besoin de vous parler et il m'a exaucée. )> Elle expose alors son doute : sa santé lui permet-elle de penser à la vie religieuse ? Le Père la rassure et la renvoie pleine de confiance et dans sa vocation et dans l'assistance divine.

I Lettre du 24 oct. 1843, à Mademoiselle Mathilde L. àLouvain.

Elle a tant besoin de secours et pour elle-même et pour son apostolat ; cette âme ardente brûle d'agir et de faire le bien. A ses compagnes du Sacré-Cœm\ à celles surtout qui, comme elle, ont quitté le couvent, elle écrit des lettres pétillantes d'esprit ; avec simplicité, elle raconte sa vie, laisse éclater sa bonne humeur, console, félicite, gronde au besoin : « Tu me demandes si tu m'ennuies ? point du tout ; tes lettres sont charmantes et me plaisent beaucoup. Tutoie-moi, souvent tu ne le fais pas, et cela me paraît fort drôle. Lorsque tu me réponds, prends un peu ma lettre près de toi. . . . Demande pour nous la résignation ; la seule sœur de maman qui lui restait a vendu sa maison, et elle part avec son mari pour aller habiter Versailles ; mon oncle venait nous voir deux fois par semaine, il veut une de nous alternativement chaque année, je ne veux pas y aller, quitter le Sacré-Cœur et voir le monde, merci !... Tu n'éprouves pas encore, me dis-tu, la passion des fêtes et des plaisirs ; mais, fais bien attention, le diable est adroit dans ses pièges ; tout d'un coup il ne te la suggérera pas, mais à ton insu, si tu n'y prends garde, il en glissera le goût dans ton cœur, il s'y installera avec tout son bruyant cortège, tandis que tu seras presque persuadée que la porte de ce petit sanctuaire, où tout doit être pour Dieu seul, est bien fermée^. » Naïvement elle dit ses doutes, ses peines, elle demande des conseils, des prières : « Quoique fort soufïrante aujourd'hui, vertueuse et sainte Mathilde, je viens me consoler près de toi... Peut-être que ton cœur n'a pas besoin de détachement ; pour moi, je colle avec de la colle forte, aussi j'ai besoin de brisement... Oh ! prie pour moi ; Dieu m'appelle, il y a

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