‹ Les avant-postes pendant le siège de Paris \Chapitre 6 sur 10 · MÉFIE-TOI DES CHINOIS · texte numérisé non relu

MÉFIE-TOI DES CHINOIS

Le général reconnut bientôt combien ce conseil était sage.

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« Après une atroce perfidie, » écrivait-il le 7 octobre 1860 de Yung-ming-yuen (palais impérial à quatre lieues au nord de Pékin), «qui ne justifie que trop ce que tu m'écrivais en tête de tes lettres, quelques malheureux officiers supérieurs, anglais et français, ont été attirés par un prince chinois dans un affreux guet-apens, sous prétexte de traiter de la paix.

« Ils ont été pris contre toute espèce de droit des gens. Nous l'avons su par sept de ceux qui viennent de nous être rendus. Nous ignorons le sort des autres. Ils étaient 38 en tout, sur lesquels 4 officiers anglais, 4 français, le reste 22 soldats anglais et 8 soldats français. »

Cette correspondance était un récit rapide de la campagne de Chine, par le général de Montauban lui-même.

Elle révélait les obstacles créés par la Jalousie des Anglais et par des rivalités d'influence qui devaient compromettre les résultats de nos victoires.

« La Chine est un pays fort riche, » écrivait de Shang-Haï le général le 25 avril

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1860, (( mais très arriéré comparativement à TEurope. Il existe ici de grands éléments de ricliesse à exploiter^ mais les Anglais en profiteront sans doute plus que nous. Leur proximité de Tlnde, leur marine si nombreuse et si puissante, et surtout leur commerce si entreprenant, leur assurent un immense avenir en Chine, à moins qu'ils ne viennent s'y heurter contre une puissance rivale qui veut aboutir au même but par une route opposée.

(( Dans cette position , TAngleterre , il me semble, aurait fait preuve de plus de prévoyance en ne cherchant pas à nous éloigner d'un pays dans lequel un jour elle aurait pu nous avoir pour auxiliaires. J'ai peur, mon cher ami, que nous ne fassions encore dans ce pays lointain ce que nous avons fait dans la plupart de nos colonies, — c'est-à-dire que nous n'abandonnions la plus belle entreprise que la France aura rêvée depuis longtemps.

« Il faudrait bien des choses pour réussir, et surtout de la persévérance, — ce qui n'est guère dans nos idées. La première de toutes

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ces choses, ce serait la concentration de tous les pouvoirs dans la même main : rien de grand ne peut se faire à 4,000 lieues de l'action du gouvernement, si l'autorité qui commande est scindée. Il aurait fallu^, dès le début , remettre aux mains du commandant en chef tous les pouvoirs militaires et politiques. Je sais que cette confiance du gouvernement ne pouvait être placée qu'entre les mains d'un officier général qui réunît toutes les qualités voulues pour une semblable mission, et je n'ai pas la prétention de les posséder-, mais on aurait pu trouver dans l'armée. Ma personnalité s'effacera toujours devant les grands intérêts de mon pays.

« Mais, au lieu d'une concentration de tous les pouvoirs, on a trouvé que c'était déjà trop d'avoir placé la marine sous les ordres d'un officier de l'armée de terre, et, un mois après m'avoir nommé commandant en chef des forces de terre et de mer, on a jugé à propos de me retirer la marine. Je n'avais pas la prétention d'être marin; mais je voulais pouvoir faire concourir, à ma vo-

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lonté, la marine aux opérations que j'ai à diriger.

« Quelque bonne entente qui existe entre l'amiral Charner et moi, autre chose est de demander un concours ou de pouvoir l'exiger. On aurait mieux fait de laisser les choses telles qu'elles étaient; l'arrivée du baron Gros va encore les compliquer. Enfin, nous ferons pour le mieux avec la vieille devise : « Advienne que pourra ! »

Quelque temps après, à propos des négociations diplomatiques, le général écrivait encore :

« Nos ambassadeurs auraient bien dû avoir quelqu'un qui leur écrivît souvent ;

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