PAR
Un docteur agrégé de la Faculté de Médecine de Paris, Ancieîi interne des Hôpitaux.
Dix années de succès, 4^367 cas de g-uérison absolue, 3,000 mariages autorisés,.. Nombreux gages de reconnaissance
admirative,
163, rue Bréda SAIVTÉ, BONHEUR, DISCRÉTJOIV ASSURÉE
Consultations tous les jours, de 1 h. à 6 h.
Georges la lut et la relut... Et, après avoir soigneusement noté l'adresse de ce monsieur Firmin Foxat, il reprit sa marche vers les Champs- Elysées.
Le malheureux était transfiguré.
3,000 msiriages autorisés ! Il répétait cette phrase, sans cesse, en jonglant avec sa canne...
Une bouffée d'espoir lui monta au cœur. La vie lui parut moins triste, l'avenir plus gai, plus paisible, moins ombarbouillé de douleurs...
3,000 mariages autorisés !
Le docteur Fraisier était bien loin dans le labyrinthe de sa mémoire.
Tous des vante-la-mort ces savants, des broyeurs de noir, des démolisseurs de bonheurs.
3,000 mariages autorisés !
Georges poussa un énorme soupir...
(Jne jolie petite femme passait, il la regarda sous le nez. Elle disparut.
Et cette vision de fringante Parisienne, laissant après elle comme un parfum de printemps, lui remit le cœur en place.
Il faisait chaud, c'était une jolie fin d'après-midi, le ciel était pur, la nature éclatait ; Georges redevint l'indolent de la veille et murmura :
— J'irai demain rueBréda... ma petite Henriette !...
De retour rue du Rocher, vers sept heures, il dîna, en compagnie de sa mère, de fort bon appétit.
Après dîner, il fit un tour.
Ce n'était plus le même homme. Pour un peu, il aurait éclaté de rire sans motif pour se persuader qu'il n'y avait pas lieu, pour lui, d'être triste.
Dans la foule, pressant une femme au profil gracieux, côtoyant un homme à la face réjouie, il pensait :
— Il l'a peut-être^ elle l'a peut-être eue... et elle marche, et ils aiment...
Il remarqua même qu'il y avait peu de voiturettes de paralytiques sur les trottoirs...
L'humain tourbillon nocturne l'enveloppa. Il longea la rue Royale, traversa la place de la Concorde et s'enfonça dans l'ombre odorante des allées des Champs-Elysées... Des brindilles de musiquette légère flottaient en l'air.
Des femmes passaient qui le frôlaient, vendeuses d'amour.
Une partie du fatal bataillon de Cythère était là, qui professait... Une vapeur de volupté flottait dans l'atmosphère tiède.
Des couples se formaient après quelques mots échangés à la hâte.
Et ces couples s'effaçaient dans la nuit, marchaient vers de malsains refuges... Que de jeunes gens, déjeunes hommes, d'hommes mariés, s'en vont ainsi, chaque soir, au hasard des rencontres, goûter à des caresses secrètes et qui glanent les pires moissons d'amour.
Georges, en flânant, parcourut toute l'avenue des Champs-Elysées. Arrivé au rond-point de l'Étoile, il prit l'avenue du Bois, bifurqua à gauche, se dirigeant vers le Ranelagh.
Il arriva devant la maison de sa fiancée.
Là, il resta quelques minutes en contemplation. Un lourd silence planait autour de lui. Les fenêtres de l'hôtel étaient sans lumières. Henriette sans doute était couchée. Il s'imagma quels rêves elle pouvait bien faire.
Oui, Georges ne peut pas se marier. (Page 120.)
Très ému, Georges alla s'écrouler sur un banc, un peu loin delà maison amie.
Tout ce que lui avait dit le docteur lui revenait en mémoire.
Mais, soudain, une ligne lumineuse^ en ce moment à peu près semblable au phare dans la nuit qui dénonce la terre d'espérance, se dessina dans la coulée de son reerard :
Liv. 15.
Liv. 15.