SCENE PREMIERE
Au lever du rideau entrent LE DOCTEUR, et son ÉLÈVE, en tenue d'hôpital. — Le docteur retire sa blouse en parlant.
LE DOCTEUR
Dites-moi, mon cher ami, ce n'est pas vous qu'il attend, le monsieur que nous venons de voir dans le couloir? -
L ÉLÈVE
Non, ce n'est pas moi.
Alors, c'est mon député... Est-ce que vous connaissez ce nom-là?... Qu'est-ce que j'ai fait de sa carte ? {Il cherche sur son bureau.) La voici... (Lissint.) « Loches, député de la Sarthe »...
l'élève C'est le fameux Loches,
LE DOCTEUR
Tiens, oui, député de la Sarthe... C'est l'orateur violent, n'est-ce pas?...
l'élève Violent et éloquent.
LE DOCTEUR
C'est un homme comme cela qu'il nous faudrait... Il est très préoccupé de questions sociales.
Trèt
L ELEVE
LE DOCTEUR
Je suppose qu'il cherche à se documenter et qu'il veut créer à la Chambre un mouvement en faveur des projets de loi dont nous demandons l'adoption depuis si longtemps. Voilà ce qu'il m'écrit... « Loches, député de la Sarthe, présente ses compliments... et csetera... et lui serait reconnaissant de vouloir bien le recevoir demain dimanche. Ce n'est pas pour une consultation. »
L ELEVE
Il est très possible, en effet, qu'il s'occupe de cette question.
LE DOCTEUR
C'est pour lui que j'ai fait venir le numéro de la salle Saint-Charles et le 28... Pendant que je tiens un député, je vais le documenter, je vous en réponds.
l'élève Vous n'avez pas besoin de moi ?
LE DOCTEUR
Pas du tout, mon cher ami. Au revoir.
l'élève
Au revoir mon cher maître. {Il va. pour sortir.)
LES AYARTÉS 171
LE DOCTEUR
Alors... voulez-vous dire qu'on le fasse entrer, M. Loches? Vous serez bien gentil. Au revoir. (L'élève sort. — Entre le député.)