LES AVARIÉS H
deux-là. Je vous dis-: personne, personne au monde n'a eu autant que moi la peur de ce qui m'arrive ; personne, pour l'éviter, n'a mis dans l'arrangement de sa vie autant de soins, autant de réflexion, n'a pris autant de précautions minutieuses. Ma première maîtresse, c'a été la femme du meilleur de mes amis, et je l'avais choisie, elle, à cause de lui ; et lui, non parce qu'il m'était le plus cher, mais parce que je le savais de mœurs pures et rigides, jaloux, surveillant sa femme, et ne la laissant pas imprudemment se créer de nouvelles relations toujours dangereuses. Elle-même, je la maintenais dans l'appréhension, dans la terreur de ce mal. Je lui disais que presque tous les hommes en étaient atteints, afin qu'elle n'eût pas l'idée de me tromper. Mon pauvre ami est mort dans mes bras, cela seul pouvait me séparer d'elle... J'ai pris ensuite une jeune ouvrière...
LE DOCTEUR
Vous n'aviez plus d'amis do mœurs assez rassurantes?
l'avarié
Non, monsieur le docteur... Les mœurs d'aujourd'hui, vous savez ce que c'est.
LE DOCTEUR
Mieux que personne.
l'avarié
J'ai donc pris une jeune ouvrière, honnête, chargée de famille, et dans le besoin. Une grand'mère infirme, un père maladif, trois petits frères. C'est moi qui faisais vivre tout ce monde-là... On m'adorait, on m'appelait l'oncle Raoul, — parce que je n'avais pas été assez simple pour donner mon vrai prénom, n'est-ce pas?...
LE DOCTEUR
Oh!... un prénom, à la rigueur. .. Enfin, c'est toujours plus prudent.
L AVARIE
Certes!... Je l'avais prévenue et j'avais fait savoir aux parents que si elle me trompait, je la quitterais immédiatement. Alors, tout le monde me la surveillait, monsieur. Je n'ai jamais passé un dimanche autre part que dans ma famille. C'estune tradition. A cause de cela j'avais ramené ma petite amie à la religion : la messe, les vêpres, le salut, c'étaient pour elle d'honnêtes occasions de sorties. Sa mère l'accompagnait à l'église parce que je leur avais loué deux chaises à l'année et qu'elles étaient fières de voir leur nom gravé sur une plaque de cuivre. Elle ne sortait jamais seule, monsieur. Il y a trois mois, lorsqu'il a été question de mon
mariage, j'ai dû la quitter. Tout le monde pleurait. Je n'invente et je n'exagère rien, tout le monde pleurait. — Vous voyez que je ne suis point un méchant homme. On me regrette partout où je passe...
LE DOCTEUR
Vous étiez très heureux. Quelle idée avezvous eue de changer ?
l'avarié, étonné de la, question .
Pour me faire une situation... Mon père était notaire, et, avant sa mort, il avait exprimé le désir que j'épouse ma cousine, dont la dot va me servir à acheter une étude, — un beau parti, monsieur le docteur, — une jeune fille charmante quej'adore, — car notez bien que je l'adore, — et j'en suis, je crois pouvoir le
dire, tendrement aimé. Tout, j'avais tout pour vivre dans une tranquille félicité. Monsieur, ceux qui me connaissent m'enviaient. (S'aitendrissant sur lui-même.) Et il a fallu que des camarades imbéciles m'entraînent après le dîner d'enterrement de ma vie de garçon... Et voilà où j'en suis!... Je n'ai pas de chance, je n'ai jamais eu de chance ! J'en connais qui mènent une vie de débauchés ! il ne leur arrive rien, à ces animaux-là!.,. Moi, pour un malheureux écart, voilà mon avenir perdu, mon existence empoisonnée... Qu'est-ce que je vais devenir?... Tout le monde me fuira... Je suis un paria, un pestiféré... alors ? Est-ce qu'il ne vaut pas mieux que je disparaisse? Au moins je ne souffrirai plus! Vous voyez bien qu'il n'y a personne de plus malheureux que moi !... {Pleurant.) Il n'y a personne, je vous dis, monsieur, il n'y a personne ! (Dans sonmouchoir.) Oh ! la la , la la, la la !
LE DOCTEUR, SB levaut et allant à IvA en souriant.
Il faut être un homme et ne pas pleurer comme un enfant.
l'avarié, dans ses larmes.
Mais, monsieur, si j'avais fait la noce, si j'a-, vais passé mon temps dans des brasseries, ^y^>.avec des ^ocottes^je comprendrais : je dirais que j'ai ce que j'ai mérité.
LE DOCTEUR
Non.
l'avarié Non?
le DOCTEUR
Non Vous ne le diriez pas, mais peu importe. Continuez.
L AVARIÉ
Si, je le sens bien. Je suis honnête, je dirais que je l'ai mérité. Mais rien! rien ! Je me suis privé de tout plaisir. J'ai résisté aux entraînements comme aux tentations. Je refusais d'accompagner mes amis vers les endroits où l'on s'amuse, et, dans mon quartier, les mères me montraient à leurs fils, ce qui m'inspirait de l'orgueil. J'ai travaillé, j'ai bûché, j'avais apporté de l'ordre même dans le côté désordonné de ma vie, et mes deux petites amies m'aidaient à préparer mes examens. Je leur avais appris à me pousser des colles et c'est grâce à elles que je suis docteur en droit. Moi aussi, ça m'aurait fait plaisir de rentrer à des quatre heures du matin, le col du pardessus relevé, en fumant un cigare allumé chez une grande demi-mondaine — ou même chez une petite. J'avais, moi aussi, comme tout le monde,
la vocation des lèvres trop rouges, des sourcils trop noirs et des visages trop pâles ; j'aurais aimé les aventures, les- orgies, le cliampagne, les dessous de dentelles et les lits sculptés ! J'ai sacrifié tout cela à ma santé, et voilà comment j'ai réussi... Ah! si j'avais su !... Si j'avais su!... Si j'avais su, monsieur, j'aurais été un être ignoble ; oui, ignoble ! C'aurait toujours été cela de gagné!... Quand je pense !... quand je pense à quelles hontes, à quels maux répugnants, à quelles catastrophes effroyables je suis condamné !...
LE DOCTEUR
Qu'est-ce que vous me chantez là ?
l'avarié
Oui... oui... je sais... Les cheveux qui tombent, la camomille comme coktail, la petite voiture sur le trottoir, comme automobile, avec
une tige à poignée comme volant de direction et un larbin derrière pour l'avance à l'allumage... Et je ferai ga. ga. ga. ga... (Pleurant.) Voilà ce qui restera du beau Raoul..., car j'étais le beau Raoul!...
LE DOCTEUR
Mon cher monsieur, vous allez essuyer vos yeux une dernière fois, vous moucher, mettre votre mouchoir dans votre poche et m'écouter à sec.
l'avarié, obéisscint.
Oui, docteur, mais je vous préviens, vous perdez votre temps.
LE DOCTEUR
Je vous déclare...
l'avarié Je sais ce que vous allez me dire.
LE DOCTEUR
Dans ce cas, vous n'avez plus rien à faire ici... Allez-vous en!
l'avarié
Puisque j'y suis, je vous écoute, docteur. Vous êtes bon, très bon.
LE DOCTEUR
Si vous avez de la volonté et de la persévérance, il ne vous arrivera rien de ce que vous prévoyez.
l'avarié
Évidemment. Votre devoir est de me dire cela.
LE DOCTEUR
Je vous dis qu'il y en a cent mille comme vous à Paris, alertes et bien portants. Je m'en
rapporte à vous-même..., enfin!... des petites voitures... on n'en voit pas tant que cela, allons !
l'avarié
Ça, c'est vrai !
LE DOCTEUR
Et d'ailleurs ceux qui sont dedans n'y sont pas tous pour la raison que vous croyez. Pas plus que vos cent mille confrères, vous ne serez victime de catastrophe. Le mal est sérieux, rien de plus.
l'avarié
Vous voyez bien, c'est une maladie grave !
le docteur Oui.
l'avarié Une des plus graves.
LE DOCTEUR
Oui, mais vous avez la chance...
l'avarié La chance ?
LE DOCTEUR
... Relative, si vous voulez — mais vous avez la chance d'être atteint de celle des maladies graves sur laquelle nous avons les moyens d'action les plus énergiques et les plus certains.
l'avarié Oui... oui... des remèdes pires que le mal.
LE DOCTEUR
Vous vous trompez !
l'avarié
Vous ne me ferez pas croire qu'on peut guérir.
LE DOCTEUR
On le peut.
l'avarié ... Et que je ne suis pas condamné à...
LE DOCTEUR
Je vous le jure.
l'avarié
Vous ne vous trompez pas... vous ne me trompez pas,.. On m'avait dit...
LE docteur, haussant les épaules.
On vous avait dit... On vous avait dit!... Je parie que vous connaissez la législation du mur mitoyen chez les Chinois.
l'avarié
Oui, naturellement! mais je ne vois pas quel rapport...
LE DOCTEUR
Au lieu de vous l'apprendre, monsieur, on aurait beaucoup mieux fait de vous dire ce qu'est le mal dont vous souffrez... Vous en auriez peut-être eu assez peur pour éviter de le contracter.
l'avarié Oh ! monsieur ! qui est-ce qui aurait pu croire cela d'une femme aussi distinguée!... Vous pensez bien que je n'ai pas été choisir une fille des rues... Elle habite rue de Berne — un beau quartier.
LE DOCTEUR
Le quartier n'y fait rien. Cette maladie-là n'est pas comme tant d'autres, elle n'a pas de préférence pour les malheureux.
l'avarié Mais monsieur, c'est presque une honnête
femme ! C'est Tamie de la maîtresse d'un de mes camarades, laquelle est une femme mariée, et elle demeure avec sa mère qui était en voyage .. Elle ne voulait pas m'écouter : je l'ai suppliée pendant une demi-heure. Il a fallu pour la décider que je lui promette une bague comme celle de son amie et elle m'a fait retirer mes chaussures pour monter l'escalier, afin de ne pas donner mal à penser au concierge.
Eh bien, si Ton vous avait renseigné, vous auriez su que ces circonstances ne sont pas des garanties.
l'avarié
Vous avez raison, docteur, on nous laisse vraiment trop ignorer...
LE DOCTEUR
Oui, trop...
l'avarié
On ne peut pourtant pas étaler cela dans les journaux.
LE DOCTEUR
Parce que?...
l'avarié
Je VOUS en parle savamment. Mon père était propriétaire d'un petit journal de province, et si jamais nous avions seulement imprimé ce mot-là, quelle pluie de désabonnements!
LE DOCTEUR
Mais vous publiez des romans sur l'adultère.
Dame. L'abonné aime ça.
LE DOCTEUR
Vous avez raison, c'est l'éducation du public qu'il faut faire.
l'avarié
Et puis, qu'est-ce qu'on y gagnerait, après tout, à être renseigné sur ce mal?
LE DOCTEUR
Le connaissant mieux, on l'éviterait plus.
l'avarié
Ce qu'il faudrait, ce serait un moyen de l'éviter tout à fait.
LE DOCTEUR
Oh! c'est bien simple.
l'avarié Dites.
LE DOCTEUR
Cela n'a plus d'intérêt pour vous... Mais quand vous aurez un fils, vous pourrez le lui donner, ce moyen.
l'avarié C'est?...
... De n'aimer qu'une femme... de la prendre vierge et de l'aimer assez pour qu'elle ne vous trompe pas.
l'avarié
Comme c'est commode ! Enfin, s'il ne se marie qu'à vingt-huit ans, mon fils... Cependant...
LE DOCTEUR
\ Alors, pour qu'il coure les moindres risques, vous lui direz d'aller trouver des marchandes d'amour patentées...
l'avarié
Avec garantie du gouvernement.
LE DOCTEUR
Et de les choisir un peu mûres.
l'avarié Parce que?...
LE DOCTEUR
Parce que, à un certain âge, elles ont toutes payé leur tribut. La plus belle fille du monde peut donner tout ce qu'elle a, non ce qu'elle n'a plus. Voilà ce que vous direz à vos fils.
l'avarié Je pourrai donc avoir des enfants ?
Certes !
l'avarié Bien portants ?
LE DOCTEUR
Bien portants. Je vous le répète. Si vous vous traitez comme il convient, longuement, consciencieusement, vous aurez peu de chose à redouter.
l'avarié
C'est certain ?
LE DOCTEUR
Quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent.
l'avarié Alors, je pourrai me marier ?
LE docteur Vous pourrez vous marier.
L AVARIÉ
Vous ne me trompez pas, n'est-ce pas?... Vous ne me donneriez pas cette confiance... Vous n'exposeriez pas... Dans combien de temps pourrai-je me marier?
LE DOCTEUR
Dans trois ou quatre ans.
Comment, • dans trois ou quatre ans... pas avant !
LE DOCTEUR
Pas avant !
l'avarié
Pourquoi? Je vais donc être malade pendant tout ce temps-là? Vous me disiez tout à l'heure...
LE DOCTEUR
Le mal ne sera plus dangereux pour vousmême, mais vous, vous serez dangereux pour les autres.
l'avarié Mais, docteur, je me marie dans un mois.
LE docteur C'est impossible !
l'avarié
Je ne puis pas faire autrement. Le contrat est préparé, les bans sont publiés... j'ai donné ma parole...
LE docteur
Voilà bien les clients ! Tout à l'heure vous cherchiez votre revolver : maintenant, vous voulez vous marier dans un mois !
Parce qu'il le faut !
LE DOCTEUR
Je vous le défends.
l'avarié
Cela ne peut pas être sérieux. Du moment que le mal n'est pas ce que j'imaginais et qu'on peut en guérir, je ne me suicide pas. Et du moment que je ne me suicide pas, je reprends la suite de mon existence. Je tiens mes engagements : je me marie.
le docteur
Non.
l'avarié
Si... Mon mariage manqué, monsieur le docteur, ce serait un désastre. Vous en parlez
ainsi parce que vous ignorez. Moi, je n'y tenais pas à me marier... J'avais comme une seconde famille ; je vous ai dit : les enfants m'adoraient... c'est ma tante, une vieille fille pleine de tendresse qui m'y a poussé. Ma mère s'est enthousiasmée de ce projet : elle ne désire plus rien que de bercer ses petits enfants. Elle veut me voir « établi, » comme elle dit. Depuis qu'il est question de ce mariage, c'est pour elle une idée fixe, et elle se demande vingt fois par jour si elle vivra assez longtemps poui assister à la réalisation de son rêve. Ce n'est pas tout. Je me suis mis à adorer ma fiancée. Si je reculais maintenant, ma mère mourrait de chagrin, et ma tante me déshériterait. C'est elle qui a la fortune de la famille. Mais je pass-^ là-dessus. Et mon beau-père ! Mon beau-père est un homme à cheval sur les principes, sévère, violent. Il ne plaisante pas avec les choses sérieuses, et cela pourrait me coûter cher, mais
très cher, tout à fait cher. Ajoutez à cela qu'il a un culte pour sa fille. Il me demartderait raison... je ne sais pas ce qui se passerait... Ainsi il y va de la santé de ma mère, de l'héritage de ma tante, de mon avenir, de mon honneur, et peut-être de ma vie. Enfin, je vous dis que j'ai donné ma parole.
LE DOCTEUR
Il faudra la reprendre.
l'avarié
Vous y tenez ! Mais en supposant même que ce soit possible, je ne saurais reprendre ma signature apposée au bas de Tacte par lequel je m'engage à payer, dans deux mois, la charge de notaire que j'ai achetée.
LE DOCTEUR
Monsieur, toutes ces...
36 LES AVAIIIÉS
L AVARIÉ
Vous ne direz pas que j'avais manqué de prudence puisque je n'ai disposé de la dot qu'après la lune de miel...
Monsieur, toutes ces considérations me sont étrangères. Je suis médecin et rien que médecin. Je ne puis que vous déclarer ceci : Si vous vous mariez avant trois ou quatre ans, vous serez un criminel.
l'avarié
Non, monsieur, vous n'êtes pas qu'un médecin, vous êtes aussi un confesseur. Vous n'êtes pas qu'un savant et ne pouvez pas vous contenter, après m'avoir observé comme vous observeriez une chose inerte dans votre laboratoire, de me dire : « Vous avez ceci, la science dit cela. Maintenant allez-vous-en. »
— Toute mon existence dépend de vous. Votre devoir est de m'écouter, parce que lorsque vous saurez tout, vous me comprendrez — et vous trouverez le moyen de me guérir dans un mois.
LE DOCTEUR
Mais je me tue à vous dire qu'il n'existe pas, ce moyen ! Je ne serai certain de votre guérison
— autant qu'on peut être certain — que dans trois ou quatre ans.
l'avarié
Je vous dis que vous en trouverez un. Écoutez-moi, monsieur, si je ne me marie pas, je ne touche pas la dot. Voulez-vous me dire comment je paierai les billets que j'ai signés?
oh! si la question se pose ainsi, c'est tout
simple. Je vais vous donner un moyen de vous tirer d'affaire. Vous allez vous mettre en rapport avec un homme riche, vous ferez tout pour capter sa confiance et lorsque vous y aurez réussi, vous le dévaliserez.
l'avarié
Je n'ai pas le cœur à plaisanter.
LE DOCTEUR
Je ne plaisante pas. Voler cet homme, l'assassiner même, ce ne sera pas un crime plus grand que celui que vous commettriez en prenant une jeune fille en bonne santé, en vous emparant de sa dot, même s'il faut pour cela Texposer aux conséquences épouvantables du mal que vous lui aurez donné.
L AVARIE
Conséquences épouvantables?.
LE DOCTEUR
... Et dont la plus épouvantable n'est pas la mort...
Mais vous me disiez tout à l'heure...
le docteur
Tout à l'heure je ne vous disais pas tout. Même atténué, supprimé à peu près par nos remèdes, le mal reste mystérieux, menaçant, et, somme toute, assez grave pour que ce soit une infamie d'y exposer votre fiancée afin de vous éviter un ennui, si gros qu'il soit.
l'avarié
Mais est-il donc certain que ce malheur arriverait?
LE DOCTEUR
Même dans la meilleure intention, je ne veux
pas mentir. Non, ce n'est pas absolument certain. C'est probable. Et il est une autre vérité que je dois vous dire maintenant. Nos remèdes ne sont pas infaillibles. Dans un certain nombre de cas, — un très petit nombre — à peine cinq pour cent, ils restent sans effet. Vous pouvez être une de ces exceptions. Votre femme pourrait en être une. Alors ?... Alors... j'emploierai votre mot de tout à l'heure : il faudrait s'attendre aux pires catastrophes.
l'avarié Donnez-moi un conseil.
LE DOCTEUR
Je n'en ai qu'un à vous donner. Ne vous mariez pas. Vous avez une tare. Vous avez une dette qui ne vous sera peut-être pas réclamée, mais qu'un créancier impitoyable peut aussi venir tout à coup, à longue échéance, exiger
brutalement. Allons ! vous êtes homme d'affaires. Le mariage est un contrat. Vous marier sans rien dire, c'est entrer dans une Société avec une dissimulation de passif. C'est bien le terme, n'est-ce pas ? C'est une malhonnêteté et cela devrait tomber sous le coup de la loi.
l'avarié Comment faire ?
LE DOCTEUR
Allez trouver votre beau-père, et dites-lui ^nettement la vérité.
l'avarié
Alors, ce n'est pas un délai de trois ou quatre ans qu'il m'imposera. Il me refusera à tout jamais son consentement.
le docteur Dans ce cas, ne lui dites rien.