‹ Les aventures de Huon de Bordeaux [microform]Chapitre 12 sur 27 · LA VISITE · texte numérisé non relu

LA VISITE

rentrée se trouvent deux hommes de cuivre, armés chacun d'un fléau de fer. Jour et nuit, été et hiver, ils ne cessent de battre ; même une légère alouette ne saurait pénétrer dans le palais sans tomber sous leurs coups. Le maître du château est en ce moment un géant très méchant qu'on nomme l'Orgueilleux; il m'a enlevé Dunostre, ainsi que le plus précieux trésor qui y fût renfermé : c'est un haubert plus blanc que la fleur des prés, aussi léger qu'un pain de farine blutée et cependant d'une force telle qu'aucune arme ne parvient à le transpercer. Celui qui l'a revêtu peut tomber à l'eau sans se noyer et traverser le feu sans en être atteint. D'ailleurs, à quoi bon te le décrire ? Je te défends de te rendre à Dunostre. — Sire, répond Huon, votre défense est vaine. Je suis venu de France pour chercher des avemtures, vous m'en fournissez une que je veux tenter. J'irai conquérir votre blanc haubert; s'il est tel que vous le dites, il me rendra des services. Au besoin je sonnerai du cor et vous viendrez à mon secours. — Non, par ma foi ! je ne viendrai point. Ne vous y fiez pas, beau frère, il se pourrait faire que vous corniez en vain. — C!omme il vous plaira, sire, mais je ne renoncerai point à mon entreprise. » Obéron prend congé de son ami et disparait, tandis que Huon rentre dans la ville. Il donne Monmur à son hôte et à Geoffroy, qu'il fait seigneurs de tout le pays, puis il reprend son voyage avec ses treize compagnoni.

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