IRAI VOISIN
Voilà le mrjheur! si on l'avait pris... à temps, il n’aurait pas joué un si vilain tour à son frère.
MADAME DR MORVAL.
A tout péché miséricorde, c'est ina devise... Si vous saviez, cousin, les miracles que j'ai opères à la geôle de Grenoble! que de fois j’ai souhaité que Mandrin, l'illustre Mandrin, tombât enfin dans les mains de la m&reehaussée!
BEAÜVOISIN.
Moi aussi, par exemple!
MADAME DE MORVAL.
Pour avoir occasion de faire entrer le repentir dans cette âme... noble peut-être!
BEA o voisin.
Noble ou non, je ne serais pas fiché de le voir pendu.
MADAME DE MORVAL.
Ah! mon coosin!... Mais larésons-Ji Mandrin, et parlons un peu de votre fille. Où est-elle cette chère enfant?
MADAME BEAÜVOISIN.
Je vais la prévenir de votre arrivée... Elle sera bien heureuse de vous voir... de vous embrasser ... (EUe*on.)
MADAME DK MORVAL.
Comment appelez-vous déjà votre f Jtur gendre?
BEAI'YOISIN.
Le comte Leoni.
MADAME DE MORVAL.
Un bon parti?
BEAÜVOISIN.
Un million de fortune, sans compter les espérance*... Entre nous, je dois qu’lsaure aurait préféré le rival du comte.
MADAME DR MORVAL.
Ah! il y avait iÿi rival?...
BEAÜVOISIN.
Oui... Ut» M. de Simiane... un petit officier de fortune, une espèce de capitaine de dragons, qui n'avait que la cape et IVpéc. je ire trompe, il possédait encore une affreuse bicoque qu'il avait l'audace d’appeler un rhàtcau... un coupe-gorge infernal, tout peuplé de revenants, où nous avons tous failli être rôtis par le diable en personne.
MADAME DK MOBVAL.
Quel conte me faites-vous là!...
REAUVOISIN.
Un conte ! c’est pardieu bien une histoire, une histoire véritable quoique fantastique, et que je vous conterai quand je se-
rai tout à fait revenu de ma peur... Tenez, rien que d’y songer, je sens mes cheveux se tiéri&ser sur ma tète.
P* MORVAl., friant « taire or«illM.
Qu est-ce que dit le cousin?
MADAME DR MORVAL.
Qu’il veut se griser aujourd'hui et qu'il vous tiendra tête.
DE MORVAL.
Eh! eh! d'habitude je ne bois que do l’eau, mais quand je m y mets je suis encore un bon compagnon.
Chez les autres... c'est tout bénéfice... (a BeeuroWa.) Et qu'est devenu M. de Simiane?
BEAÜVOISIN.
Il est mort.
MADAME DE MORVAR.
Mort!
BEAÜVOISIN.
Ma foi oui, et Je n’en suis pas fâché.
MADAME DE MORVAL.
Ah! mon cousin!...
BEAÜVOISIN.
Que voulez-vous? je sois franc, moi! je n’ai pas d’ohligationa à cc Monsieur, il me gênait, il est mort... tant pis pour lui.
MADAME DE MORVAL.
Pauvre jeune homme! Ut comment est-il mort?...
BEAÜVOISIN.
Ah! voilà.., c’est toujours l'horrible histoire dont je voua parlais tout à l’heure.
MADAME DE MORVAL.
Quoi! c’est dans cc château infernal?...
BEAÜVOISIN.
Mon Dieu oui! Une vengeance de locataires; il parait que les diables qui hantaient cette affreuse masure ont cru que M. de Simiane voulait leur donner congé, et ils lui ont toruu le cou.
Savez-vous quo tout cela est bien incroyable!
BEAÜVOISIN.
Comment, incroyable?
MADAME DE MORVAL.
Ma foi, mon cousin, voilà une farouche aventure!
BEAL VOISIN.
Ce qu’il v a de certain, c'est que depuis ce jour de terrible mémoire, M. de Simiane n'a plus donné de se* nouvelles, et comme je vous le disais tout à l’heure, je n’en suis pas fâché. Ce garçon avait tourné la tête à ma femme! U; comte U-oni restant seul, elle s’est ralliée, d'assez mauvaise grâce, il est vrai , mais enfin elle a donné son consentement : il n'y a que Lambert qui résiste encore ; mais je puis me jiasser de son approbation.
MADAME DE MORVAL.
Et Isaure?
BEAÜVOISIN.
Isanre a voulu résister aussi; mais après force larmes, elle a cède à ma volonté. Elle sait que les Beau voisin n'ont jamais plaisanté sur le chapitre de l’auiorité paternelle, sabre de bois!
(il frappe wr U laide el réveille cm euneul de Mon et qui a'eteit aitoupi.)
BEAÜVOISIN.
t Ainsi, nia chère cousine, nous voici tous d'accord, cl aujourd’hui même, s’il plaît à Dieu, nous signerons le contrat.